Dans la hotte d’ArtsHebdoMédias

Bonne nouvelle : 2020 s’achève dans quelques jours ! Après l’allègement du protocole sanitaire et l’assouplissement du confinement, une partie du secteur artistique et culturel est de nouveau accessible. Plus que jamais, les fêtes de fin d’années vous offrent l’occasion de vous faire plaisir, tout en soutenant la création. Pour se faire, ArtsHebdoMédias vous a concocté une sélection d’objets, d’évènements et d’expositions, dont certains vous permettent de venir en aide à des associations caritatives. Art, partage, solidarité et festivités sont les maîtres mots de cette fin d’année. Laissez-vous tentez, piochez dans notre sélection comme vous le feriez dans une boîte de chocolats !

Dans les rues, les guirlandes lumineuses caressent le visage des riverains, l’échos des chants festifs chatouillent leurs oreilles, et la brise glacée colore leurs pommettes. Décembre est enfin arrivé, et avec lui, festivités et célébrations. Vite, il faut s’afférer. Le réveillon est dans quelques heures. Je m’engouffre dans un magasin à la recherche d’idées à grignoter. Entre deux rayons, des comédiens font une lecture de poésie, une initiative de l’association Hormur afin d’introduire des artistes dans des lieux non dédiés à l’art, ainsi que d’apporter un moment de réconfort en cette période un peu grise. De retour à la maison, je me plante devant la télé : pas question de manquer l’anniversaire de Peau d’âne. Le film de Jacques Demy fête cette année ses 50 ans à la Cinémathèque. Des éclats de voix jaillissent…  « J’achète la Joconde ! » Le Monopoly revisité façon musée du Louvre semble occuper les enfants. Les convives vont arriver, dernières vérifications : le champagne Yayoi Kusama & Veuve Clicquot est au frais (à consommer avec modération), et l’aspirateur arty illustré par Lavilleetlesnuages s’occupe du tapis. Ding ! Dong ! Tout le monde est là. La soirée peut commencer et l’équipe d’ArtsHebdoMédias échanger ses bons plans.

Les choses à offrir

Vive le fromage libre ! Aucune raison de résister à cette proposition de la galerie Hus. Il faudra toutefois être rapide ! La galerie vous explique : « Éleveurs et fromagers dans les steppes du Cantal depuis plusieurs générations, Laurent et Delphine Conquet ont dû intégrer les normes de production imposées aux agriculteurs pour poursuivre leur activité ancestrale. […] Ils se souviennent d’un temps où tout n’était pas contrôlé et évoquent la liberté perdue. Mais s’aventurer dans la fabrication d’un fromage libre, c’est prendre le risque de ne plus être homologué, de ne pas être distribué et d’être banni de l’Ordre des fromages. » Alors que faire ? Réponse : des Manicodies. Dérivé du Saint-Nectaire, cette sculpture/fromage tente de comprendre comment forme et volume agissent sur le goût. Conçue et affinée par les éleveurs-fromagers, elle n’était pas forcément destinée à être exposée à l’instar d’une œuvre d’art. Mais elle croisa inopinément la route de la galerie Hus qui décida d’en initier une édition de 99 exemplaires entièrement réalisée – jusqu’au dessin de l’étiquette – par Laurent et Delphine Conquet. Le jeudi 17 décembre de 17 h à 20 h 30, les Manicodies seront proposées au prix de 22 euros l’unité ou 80 les 4. Ne piaffez pas ! Vous pouvez les réserver. Plus d’informations.

Une deuxième édition sera présentée le 24 juin 2021 à Montgreleix, au café Jean-Jacques.

Sulo métamorphose le puzzle. Dehors il fait gris… et cette armoire qui recèle toujours les mêmes puzzles illustrant des animaux, des monuments ou autres cartes du monde. Heureusement, Sulo a vu le jour – lors du premier confinement ! Aux antipodes de la banalité, la marque apporte un coup de jeune à ce casse-tête de plus en plus sollicité, le modernisant jusqu’à en faire un objet d’art. Les puzzles sont fabriqués en édition limitée en France, avec des matériaux responsables, et conçus en collaboration avec des artistes du monde entier, proposant pour l’occasion des créations exclusives, contemporaines et colorées. Une nouvelle jeunesse pour ce jeu traditionnel, synonyme de partage et de convivialité.

Simon Lendredin, 2020. ©Sulo puzzle

Le Père Noël de Saint-Quentin-la-Poterie. Perpétuant la tradition potière du village, Saint Quentin renouvelle son rendez-vous « Porte Ouvertes » annuel, accueillant ainsi petits et grands dans La tournée déconfinée du Père Noël. Pour cette occasion, potiers, céramistes, sculpteurs et artisans d’art partagent leur passion à travers visites d’ateliers et démonstrations. Cette année, osez l’artisanat local et offrez des créations originales : bijoux, objets, illustrations, créations en verre – miroirs, porte-couteaux, presse-papiers –, ou encore poteries. Le cadeau idéal est à portée de main. Pour les adeptes du fait-maison, un « atelier terre » sur le thème de Noël est proposé aux familles, qui peuvent repartir avec leurs réalisations. A noter que l’Office culturel de Saint-Quentin-la-Poterie a mis en place une site de vente en ligne.

Céramiques et porcelaines, Superflou, 2020. ©Superflou

Un Weiwei autour du cou. Si nous vous donnons régulièrement des nouvelles d’Ai Weiwei, c’est que l’artiste est un observateur concerné par le monde. Bien connu pour ses engagements tant envers les victimes du tremblement de terre du Sichuan (2008) que vis-à-vis de ceux qui sont obligés de quitter leur pays pour des raisons climatiques, économiques ou politiques, l’artiste est prolifique et ses projets protéiformes. Tantôt il « expose » sur écran géant à Picadilly Circus, histoire que cesse durant une heure les messages publicitaires, tantôt il investit la Royal Academy of Arts de Londres ou des galeries parmi les plus sélectes de la planète, tantôt il dessine sur des masques chirurgicaux pour collecter des fonds pour des institutions caritatives, tantôt il accroche des chimères de papier au Bon Marché, tantôt c’est à Alcatraz qu’il le fait… Un de nos premiers articles le concernant date de 2011, Ai Weiwei venait de passer 80 jours de mise au secret dans son pays, la Chine. Alors pour un tel artiste, sans préjugés et libre, dessiner un foulard ne pose aucune question. Edités chez Taschen, les trois modèles évoquant la pratique traditionnelle chinoise du papier découpé, témoignent de trois épisodes de la vie artistique de l’artiste. Cliquez si vous avez envie d’en savoir plus. MLD

Trois modèles pour trois moments de la vie de l’artiste. ©Ai Weiwei

Que des t-shirts arty. Cadeau désormais évident, le t-shirt a su s’imposer comme une valeur sûre et intemporelle. Difficile de faire le tri face à la multitude d’offre ? Pas de panique, voici une sélection aux petits oignons. Le premier choix est signé Idoine, en collaboration avec Pierre Courtin, fondateur des espaces d’art 10m2, Duplex10m2 et Duplex100m2, à Sarajevo. Après un partenariat en 2016, la maison d’édition sort You Should Find a Real Job conçu avec l’artiste. Le second est le fruit de la rencontre entre le MAC VAL, musée d’art contemporain du Val-de-Marne, et Act Up. Des artistes contemporains ont été sollicités pour créer une série de t-shirts à partir des slogans choc imaginés par l’association pour ses campagnes de lutte contre le sida. Enfin, notons la proposition d’Uniqlo associé à Billie Eilish et Takashi Murakami pour une collection de t-shirts acidulés et électriques, à l’image des œuvres de ces deux talents.

You Should Find a Real Job, Idoine & Pierre Courtin.

Des cartes pour des rêves. Créée il y a tout juste 9 mois, durant le premier confinement, l’association Les Cartes Vitales réunit des personnalités du secteur culturel autour d’un projet artistique dans le but de venir en aide à différentes associations caritatives. Lors de sa première opération, 24 plasticiens, acteurs et illustrateurs avaient répondu présent, parmi eux JR, Inès Longevial, Agathe Singer ou encore Louise Bourgoin. Pour cette troisième édition, dix artistes ont créé chacun une esquisse originale autour de leur rêve d’enfant afin d’illustrer les cartes. Les bénéfices sont reversés à l’association Petit prince dont le but est de réaliser les rêves d’enfants gravement malades.

Les choses à voir

Rick le cube est de retour. Laissez-vous happer par l’univers surréaliste et poétique de Rick le cube, vers un nouveau monde, spectacle audiovisuel inédit et renversant. Véritable éveil artistique pour petits et grands, ce film original en 3D raconte la troisième aventure d’un petit personnage cubique et muet parti à la recherche de sa famille, mystérieusement enlevée par un vaisseau tentaculaire. A mi-chemin entre le cinéma et le spectacle vivant, cette œuvre hybride mélange arts numérique, musiques acoustiques et électroniques mais également road-movie, plongeant le spectateur en immersion totale dans un macrocosme au frontière du réel et du virtuel. L’odyssée futuriste de Rick le cube invite à réfléchir sur différentes thématiques universelles telle que la différence, la quête d’identité, la raréfaction des ressources naturelles ou encore le dérèglement climatique. Partez à la découverte d’un nouveau monde !

©Jesse Lucas

Puisque la Fête des Lumières n’aura pas lieu… Le musée des Beaux-Arts de Lyon a décidé de lutter contre l’adversité et de célébrer La lumière dans l’art faute de pouvoir participer à la traditionnelle Fête des Lumières, qui ne pourra pas se tenir cette année. L’institution donne rendez-vous au public en ligne et sur les réseaux sociaux pour une découverte d’une sélection d’œuvres sur le thème de la lumière et une déambulation exclusive dans le musée… à la lampe de poche ! Grâce à six vidéos consacrées à des objets d’art ou à des peintures, les médiatrices proposeront de lever le voile sur l’usage de la lumière par les artistes, à travers des caractéristiques scientifiques et visuelles. Cette série sera disponible sur la chaîne YouTube et le site internet du musée dès le 8 décembre. Pour la déambulation à la lampe de poche, qui se déroulera dans chapelle du musée, le médaillier et le département des peintures, rendez-vous le même jour sur les réseaux sociaux (Instagram, Fabebook, YouTube et Twitter), à 20 h pile !

Résister avec le Collège des Bernardins. « Dans toute création, il y a quelque chose qui résiste », écrit Giorgio Agamben dans Création et anarchie : l’œuvre à l’âge de la religion capitaliste. « Résister, du latin “sisto”, c’est s’arrêter, pour penser, pour contempler », nous rappelle le Collège des Bernardins. Mélina de Courcy, professeure d’histoire de l’art pour l’institution parisienne, propose le premier jeudi du mois, une vidéo sur ce thème commenté ainsi : « Cet aspect contemplatif n’est pas un état passif. Il implique une relation au monde singulière, une relation d’usage inappropriable, selon le concept franciscain. Il ouvre aux notions de pauvreté et de richesse, qui rejoignent nos préoccupations contemporaines : “Nous sommes devenus pauvres pour devenir riches”. La puissance de création s’exprime aussi dans la conscience de notre fragilité. Ainsi, habiter n’est pas remplir. Résister n’est pas faire table rase du passé, c’est au contraire puiser dans l’héritage comme on boit à une source. Riche de son dénuement, habité de sa contemplation, puissant dans la conscience de sa fragilité, porteur d’un nouveau regard, l’artiste met en lumière le monde, il est révélateur de sens. » La première vidéo déjà consultable est consacrée à Giacometti, l’Homme qui marche. Ne pas manquer la deuxième, Résistance et puissance de l’impuissance, fragilité, qui sera mise en ligne le 7 janvier et s’intéressera à l’œuvre de Tadashi Kawamata.

La prochain épisode de Résister sera consacré à l’œuvre de Tadashi Kawamata.

Des expos toujours ouvertes. Nombreux sont les projets de voyage avortés par la situation sanitaire, laissant les musées nationaux et internationaux dépourvu de visiteurs. Loin de se laisser abattre, les institutions culturelles investissent votre salon, et offrent des visites virtuelles 3D ou des sélections d’œuvres pour une célébration des fêtes à la maison. Ainsi, le musée des Beaux-Arts de Montréal propose du 1er décembre au 11 janvier 2021 une immersion dans quatre de ses exposition phares dont Yehouda Chaki : Mi Makir. À la recherche des disparus et Manuel Mathieu : Survivance. Le MoMA, quant à lui met à disposition des visites commentées, rendu possible par le lancement de leur plateforme « Virtual Views. » Du côté de l’Hexagone, le Centre Pompidou partage une grande variété de MOOC et le Palais de Tokyo a mis en place une version online de son exposition Anticorps. D’autres événements ont également la chance d’avoir été « capturées » et pérennisées sur le web. Ainsi La lumière du loup de Benjamin Deroche, qui a fermé ses portes le 28 juin dernier, est encore visitable sur le site de notre partenaire notoryou. Vous y découvrirez aussi Fluctuart, centre d’art urbain installé sur la Seine, à Paris. L’Institut Giacometti ont également opté pour ce moyen de conservation et de partage.

Les choses à faire

Les enfants font parler la planète. Et si les fêtes de fin d’année étaient l’occasion de laisser plus de place à la parole des enfants ? Dans un monde où l’avenir est plus qu’incertain, la jeune génération s’empare des sujets de société, aidée par l’artiste islandais Olafur Eliasson et son œuvre collaborative Earth Speakr. A l’aide d’une application, comptabilisant déjà 250 000 téléchargements à travers le globe, les enfants du monde entier peuvent s’exprimer en toute liberté sur les enjeux liées au bien-être de notre planète. Ludique et interactive, elle leur propose d’animer leur environnement en prêtant leur voix à ce qui les entoure : arbre, banane, fleur, ou même mur. Les vidéos sont ensuite partagées sur le site et agrémentées de réalité augmentée. Un bon moyen d’établir un dialogue parent/enfant sur de vrais sujets de société.

Earth Speaker, Olafur Eliasson ©Olafur Eliasson

S’éclater à faire soi-même. En famille, en couple ou entre amis, We Can Doo propose différents ateliers d’artisanat ludiques et pédagogiques. Parmi les nombreuses offres, sont proposées des animations communes parents/enfants : création de masques de super-héros, d’animaux en béton, de bougies… Pour les plus grands, création en papier marbré, initiation au soufflage du verre, à la sérigraphie ou encore à la poterie sont au rendez-vous. L’occasion de confectionner des cadeaux originaux et faits main !

Trouver un second souffle. Superbe proposition des Pénitents Noirs, en cette fin d’année. Le centre d’art contemporain, à Aubagne, proposera à partir du 15 décembre une exposition au thème magnifique. Souffle s’intéressera à l’air qui nous entoure et j’ingéniera à nous en donner. Associant photographie, dessin, et art sonore, l’exposition se veut multisensorielle, immersive et expérimentale. L’artiste sonore, performeuse et compositrice suédoise, Hanna Hartman y présentera trois pièces, Acoustic Catacombs, Cratère et Longitude, tandis que les photographies de Corinne Mercadier, Jacqueline Salmon et Luca Gilli côtoieront les dessins de Jacques Réattu, artiste contemporain de la Révolution Française. « L’air animé d’une force, d’un courant, se mue en vent et rencontre la minéralité de nos reliefs, la végétation qui s’y développe et ainsi sculpte, dessine nos paysages tel le mistral depuis la vallée du Rhône en passant par les Alpilles jusqu’aux massifs d’Aubagne et du Pays de l’Étoile. L’air au contact d’architectures naturelles ou construites, circule, de façon contrainte et créée des sons. L’air prend forme, enfermé dans un contenant souple, pour donner à celui-ci volume et drapé », argumente la directrice du centre d’art Coralie Duponchel, sans reprendre son Souffle !

Acoustic Catacombs, œuvre sonore signée Hanna Hartman. ©Hanna Hartman, capture d’écran

Pour les amateurs de street art. Après la sédentarité imposée, le besoin de s’aérer et de se dépenser s’impose. Afin de joindre l’utile à l’agréable, offrez-vous une parenthèse culturelle à travers les rues pavées du quartier bucolique de la Butte aux Caille et ses façades colorées investies par le street-art. Animée par un guide touristique professionnelle, cette visite d’1h30 serpente dans le quartier à la rencontre d’artistes reconnus comme Miss Tic et Seth.

Seth à la Butte-aux-Cailles. ©Seth

Partager ses impressions sur des objets design. Avec Design : please do so, lille–design propose une visite en ligne comme une « expérience multisensorielle qui réenchante la relation entre l’humain et l’objet ».  Le parcours ludique et joyeux présente la production et la pratique de jeunes designers locaux, régionaux et transfrontaliers mis en dialogue avec les collections du MUba Eugène Leroy ; il permet d’entrer en interaction avec les œuvres et les pièces présentées afin que le visiteur puisse partager ses impressions. Objectif affiché : donner à voir et à ressentir diverses manières de concevoir, de penser, d’imaginer le monde d’aujourd’hui et de demain. Ne soyez pas surpris, il faudra vous présenter !

Promenade virtuelle dans Design : please do so de lille–design.

Les choses à lire

Damien Gete et Le Silence du Monde. « Marcher c’est faire matière du temps, c’est sculpter le temps. Et sculpter le temps ne produit aucun résultat visible, alors il faut parler de ce travail, l’écrire et le lire. Dans cet état-là, le voyage pourrait ne pas s’arrêter […]. S’arrêter pour de bon ouvre à un moment de réveil toujours agréable, l’heure revient à la mesure, on mesure l’aventure et on comprend la pluie… » Damien Gete, jeune plasticien et performer diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’art de Nancy, affirme la marche comme pratique artistique, l’écriture comme éloge de la lenteur. Dès l’été 2019, il entreprend Le Grand Tour une pratique très partagée à partir du XVIe siècle qui consistait pour les artistes à se rendre du Nord vers le Sud pour en apprécier le paysage, les différences culturelles et les œuvres d’art jalonnant le parcours… Parti de Lille, il rejoint Le Silence du Monde en 28 jours, une petite fondation à l’accueil chaleureux et au confort spartiate mise en œuvre par l’artiste et peintre Laurent Joubert et quelques complices dans les monts d’Ardèche. L’arpenteur qui mit tout son talent à éviter la civilisation consigna dans un carnet de bord truculent De la nuit vers le jour en passant par Tonnerre, illustré par les esquisses de son cheminement, ses pérégrinations dans une nature encore préservée où le règne animal est omniprésent. V. G.

De La nuit vers le jour en passant par Tonnerre, Damien Gete, éditions Le Serre de doux.

Lausanne à l’ère biobotique. Dans Le monde Lectol, le jeune dessinateur, Louis-Loup Collet imagine l’avenir de Lausanne. Publié par Hélice Hélas Editeur et illustré à l’encre de Chine, le livre dresse un paysage futuriste de la ville, juste avant 2250, date de sa destruction annoncée. Ses illustrations sont déposées dans une caisse en bois, seuls témoins de la vie d’avant l’ère biobotique. Par biobotique, l’artiste entend « l’aptitude de l’être humain à créer à son idée des organismes inexistants dans la nature. » Composé de 12 planches grands formats et de textes explicatifs, l’ouvrage empreint de science-fiction offre un regard détonant sur la ville, désormais peuplé d’« humains dotés d’un don divin qui leur permet de contrôler le monde », servi par un geste minutieux.

Le monde lectol, Louis-Loup Collet. ©Louis-Loup Collet, Hélice Hélas Editeur

Dans les pas de Marguerite Duras. Superbe cadeau servi par un Prix ! Le 65e Prix Nadar Gens d’images a été attribué à L’odeur de la nuit était celle du jasmin, dont les photographies sont signées FLORE et les écrits Marguerite Duras. Publié par les éditions Maison CF – Clémentine de la Féronnière, l’ouvrage s’inscrit dans la continuité de Lointains souvenirs (Éditions Contrejour, 2016) de FLORE, qui proposait une variation autour de la jeunesse indochinoise de Marguerite Duras. Dans ce nouveau travail réalisé dans le cadre du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière, en partenariat avec l’Académie des beaux-arts, l’artiste puise dans ses souvenirs d’enfance, dans les récits de ses grands-parents, qui ont vécu à la même période et aux mêmes endroits que l’écrivaine, d’insondables mystères nourrissant ce qu’elle ressent aujourd’hui comme une part d’imaginaire commun entre elle et l’auteure d’Un barrage contre le Pacifique. Plus de quarante éditeurs français ont participé à l’édition 2020 du Prix Nadar en soumettant 99 livres. Le jury a distingué 10 d’entre eux qui sont à découvrir ici. A voir également pour ceux qui seraient à Paris prochainement, l’exposition L’odeur de la nuit était celle du jasmin, qui se tient à l’Académie des beaux-arts jusqu’au 31 janvier 2021.

L’odeur de la nuit était celle du jasmin de FLORE, éditions Maison CF – Clémentine de la Féronnière.

Voyage tout en couleurs avec Hervé Di Rosa. Depuis plus de vingt-cinq ans, Hervé Di Rosa voyage pour travailler. L’artiste nomade est passé par Sofia en Bulgarie, Kumasi au Ghana, Porto Novo au Bénin, Addis-Abeba en Éthiopie, les Mascareignes avec La Réunion et Maurice, Patrimonio en Corse… Une manière de créer racontée par Jean Seisser, dans Hervé di Rosa, Autour du monde, coédition Fage éditions et Angel Art Servanin. Lauréat du Prix Bernier, cet ouvrage présente « l’ensemble des étapes et met à jour une démarche spécifique dans la production monumentale de l’artiste qui marque sa volonté de s’ouvrir au monde tel qu’il est, et tel qu’il va devenir », expliquent les éditeurs. Abondamment illustré, ce livre garantit une immersion dans l’univers de cet artiste majeur de la Figuration libre et créateur de l’Art modeste. Invitation à s’évader le temps d’une lecture colorée et graphique.

Couverture d’Autour du Monde, Hervé di Rosa. © Fage éditions et Angel Art Servanin

Distribuer l’esprit Dada. « C’Est mon daDa », affiche immédiatement le site Redfoxpress sur lequel nous vous proposons d’aller faire un tour. Une fois le renard aperçu, il vous suffit de scroller pour découvrir les merveilles affichées. Attention, votre panier risque de s’alourdir ! Cette collection de petits livres d’artistes réalisés à la main est totalement dédiée à une « poésie expérimentale, concrète et visuelle », dont l’esprit se revendique de Dada comme de Fluxus. Le prix est une invitation à faire plaisir… Vous savez quand il faut trouver un petit cadeau par invité !

©redfoxpress

Image d’ouverture : ©AdobeStock