Des formes pour que vive le précieux océan

Un forum scientifique sur la biodiversité marine s’est tenu il y a peu à Menton, sous les termes énigmatiques autant que poétiques de Répertoire Précieux des Formes. Il s’agit-là du nom soufflé par l’artiste Francesca Caruana pour un projet développé par le laboratoire MICA de l’université Bordeaux Montaigne, co-dirigé par Cécile Croce, et l’association A.D.E Méditerranée, portée par Bernard Peyrano, qui a accueilli l’événement dans cette station balnéaire célébrée pour sa douceur de vivre et ses citrons. Au programme de cette rencontre entre artistes et scientifiques, le lancement d’un projet dont le but est de sensibiliser les publics par l’art à la préservation de la biodiversité sous-marine.

Il y a le ciel, le soleil et désormais une mer pleine de déchets ! Nos océans sont pollués. C’est un fait et un dommage immense. Si de nombreuses initiatives sont nées de ce constat, la prise de conscience individuelle doit désormais se muer en action généralisée. Chacun à sa place et à sa mesure mais avec conviction. Il ne s’agirait de se laisser emporter par un excès de pessimisme, de s’enfoncer dans la solastalgie*, de laisser se propager un « à quoi bon » terriblement néfaste. Sans verser dans la naïveté ou le déni, des artistes et des scientifiques se sont retrouvés à Menton, les 28 et 29 mars derniers pour échanger et esquisser des pistes d’action pouvant mener positivement à la sensibilisation du public via l’art et la médiation. Une belle ambiance de partage était au rendez-vous et des échanges fructueux ont eu lieu. Consacrées au projet Répertoire Précieux des Formes, porté par le MICA de l’université Bordeaux Montaigne et l’association A.D.E Méditerranée, les deux journées se sont conclues par la rafraîchissante intervention des enfants de deux écoles, accompagnés de leurs enseignantes Françoise Longuet et Anastasia Oudot pour l’Institution Saint-Joseph Roquebrune-Cap-Martin, et Pascale Lange, pour l’école Villa Blanche de Menton. Les élèves ont notamment présenté leurs actions écologiques en mentionnant les ramassages de déchets sur les plages, et ont exposé onze projets pour retenir des particules de microplastique dans nos éviers. Ils ont ensuite partagé leurs créations dans des domaines variés, tels les arts plastiques ou le chant. De quoi convaincre à l’action les adultes, même les plus récalcitrants ! Partenaire de ce projet art, science et société, ArtsHebdoMédias vous propose de prendre connaissance des communications qui ont eu lieu lors de ce forum scientifique et singulier.

Denis Allemand, professeur des Universités, directeur du Centre Scientifique de Monaco

Les grands enjeux des mers et océan. Notre planète ne devrait pas s’appeler Terre mais Océan, tant celui-ci est omniprésent. L’Océan représente en effet 72 % de la surface de notre planète, 98 % de son volume habitable, il abrite la plus grande diversité de vie, joue un rôle bioclimatique majeur en stockant 93 % de la chaleur terrestre, 30 % du gaz carbonique et en produisant 50 % de notre oxygène, il fournit 20% des protéines animales consommées dans le monde… Mais tout ceci se fait à son détriment si on ne prend pas des mesures rapides pour le protéger.

Almudena Arellano, archéologue spécialiste en faune au Musée de Préhistoire de Menton

Les grands enjeux des mers et des océans – Menton, la conformation d’un territoire. Aux pieds des Alpes, se trouve la ville de Menton, encaissée entre la mer et la montagne, qui semble immuable et impassible depuis la nuit des temps… et pourtant… En continuel mouvement, notre littoral est secoué par des mouvements sismiques connus comme « surrection alpine », toujours actifs, qui ont fait ressurgir son espace terrestre, les pieds des Alpes. D’autre part, lors des périodes climatiques plus froides, la descente du niveau de la mer de plus de 100 mètres a laissé la place à un paysage inédit, composé des grottes aujourd’hui immergées et d’une flore et d’une faune exceptionnelles, comme les mammouths, les rennes ou encore les lions des cavernes.

Upcycling : baleine sur carton, acrylique, 2024 ©ABK

Alexandra Boucherifi, artiste et doctorante en Arts, Université Bordeaux Montaigne et Université Paris 1

De la poïétique à la médiation culturelle : une démarche interactive au service de l’écologie. Via ma démarche plastique et des ateliers avec tous publics, je propose des pistes de réflexion autour des questions portant sur la biodiversité sous-marine, et plus largement sur l’écologie. Avant la phase de création, il est indispensable de bien s’informer via des colloques et écrits scientifiques. « L’art est le moyen le plus efficace pour transmettre des messages. (…) Il s’agit d’allier des messages d’urgence de l’action, et d’espoir, d’optimisme », selon Sarbina Speich, océanographe et climatologue, avec qui je noue des échanges qui je l’espère seront porteur d’une œuvre nouvelle.

Thomas Brunel, communication numérique MICA, docteur en Arts, Université Bordeaux Montaigne

Sensibiliser par le jeu : l’apport de la gamification sur les comportements écologiques. Subnautica (2014, Unknown World) met en place un monde dont la narration environnementale force à l’immersion dans une biodiversité foisonnante, tout comme le feraient d’autres jeux vidéo comme Rain World (2017, Videocult). Au regard de leur complexité et de l’apprentissage qu’ils nécessitent, ces œuvres forcent à l’étude des interactions inter- espèces et génèrent des émotions qui amènent le joueur à repenser son rapport à la nature. Il n’est donc pas surprenant que cet art avec lequel ont déjà interagit 7 personnes sur 10 conduise à des serious games comme Nowatera (2016, Natagora), ramenant le jeu vidéo dans la classe afin d’éduquer les nouvelles générations.

Subnautica (2014, Unknown World).

Pierre Cabrol, juriste, MCF associé, MICA, Université Bordeaux Montaigne

Table ronde sur le déni. Les juristes pouvaient servir d’appui, sur des questions très concrètes (telle que la mise en œuvre de la législation sur les fouilles archéologiques) ou plus théoriques (telle que le fait qu’il s’agit-là de la première loi française moderne sur l’archéologie puisqu’elle protège, non plus seulement les objets, mais aussi les relations spatiales entre ces derniers). Le vocabulaire est délicat à manier et par exemple, il est préférable de parler de « personne en situation de déni du changement climatique » (plus ou moins prononcé), plutôt que de climato-sceptiques (le scepticisme ne peut être confisqué par un camp car il est de l’essence de la science), de climato-réalistes (le réél n’est pas l’apanage d’un camp) ou de climato-négationnistes (ferait penser fâcheusement au négationisme de la Shoah).

Francesca Caruana, artiste-plasticienne, MCF en Sémiotique de l’art

Vitr-eau et la goutte d’eau. Le Répertoire Précieux des Formes, que j’ai proposé en réflexion à tous, prend en compte des espèces rares ou disparues. Comment évoquer les océans si ce n’est en intrigant le public avec des formes inconnues, poétiques, ou mythiques ? J’ai remplacé provisoirement la toile par de la bâche à bulles plastique de piscine. Elle joue un rôle d’appel qui produit des effets. Ma réflexion s’enrichit d’autres pistes artistiques sur la transparence de l’eau, sur les formes et couleurs d’espèces aquatiques plus ou moins visibles comme les radiolaires, mais aussi sur le rôle des déchets. L’ébauche présentée de vitr-eaux aquatiques s’ajoute, avec le soutien scientifique de François Sarano, au projet d’une fresque sur la continuité mythique entre radiolaires et cachalot.

Baculum Plastik, 2023. ©Francesca Caruana

Cécile Croce, co-Directrice de l’Unité de Recherche MICA, Université Bordeaux Montaigne, professeure des Universités en Esthétique et Sciences de l’art.

Présentation du Projet RPF. Le projet de sensibilisation esthétique par la médiation artistique à la préservation de la biodiversité sous-marine a été conçu et monté par une équipe d’enseignants chercheurs scientifiques et d’artistes de l’Unité de Recherche Médiations, Information, Communication, Arts (MICA) de l’Université Bordeaux Montaigne, en partenariat avec l’association A.D.E Méditerranée. Etayé sur les grands enjeux des océans, il se fonde sur la conviction que l’art a un rôle crucial à jouer dans notre appréhension du monde et son devenir, au croisement des arts, des sciences et des sociétés.

Table ronde sur le déni. Mode de défense psychique contre des perceptions traumatisantes, impensables, le déni permet de rendre vivable notre existence. Il a aussi des côtés négatifs : le risque de vivre comme si le danger n’existait pas, de désigner d’autres coupables. Il opère au niveau de la psyché individuelle comme au niveau collectif (déni du réchauffement climatique, des désastres dus à la pollution). On ne peut contrer ces dénis, mais l’art (créations de Caires Taylor) peut les déjouer en puisant à la réalité insupportable, tout en la rendant acceptable.

Iba Diaw, doctorant en Sciences de l’information et de la communication MICA, Université Bordeaux Montaigne

Tourisme Responsable : convergence des Innovations Numériques, Arts et Communication pour un Impact Durable au Sénégal. Le tourisme responsable s’accentue au Sénégal grâce à la synergie entre innovations numériques, arts et communication. Les plateformes en ligne facilitent la planification de voyages éco-responsables (Buhalis & Amaranggana, 2014), tandis que la réalité virtuelle améliore l’expérience touristique et réduit l’empreinte carbone. Les artistes locaux, à travers leurs œuvres, sensibilisent aux enjeux environnementaux (Gaye, 2019). Les campagnes marketing digitales et partenariats avec des influenceurs locaux amplifient la diffusion des principes du tourisme responsable (Boumhaouad, 2017). En collaboration avec les ONG et communautés locales, cette convergence favorise un tourisme plus équitable et durable au Sénégal (Commission européenne, 2020).

Tatiana Drozd, artiste-plasticienne

Matière Constante traite de l’acidification de l’océan. Afin de sensibiliser un large public à ce problème, je souhaite créer une installation interactive et évolutive. Grâce à Laurent Londeix, qui travaille sur les dinokystes, j’ai pu découvrir une architecture microscopique incroyable. Les discussions avec Denis Allemand (CCM) m’ont permis de m’interroger sur l’acide carbonique (H2CO3) afin de l’intégrer dans mon installation. Les riches conversations avec Almudena Arellano sur la matière et l’évolution de la vie sur Terre m’ont inspiré le titre de Matière Constante (en regard de la phrase connue de Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »). Les objets seront réalisés avec de la pâte de caséine, hydrosoluble et entièrement biodégradable, grâce à l’entreprise Lactips, déjà impliquée dans le projet Voie Lactée mené conjointement avec Olga Kisseleva et Taisiya Savchuk Polischuk.

Sylvain Guyot, professeur de géographie, Université Bordeaux Montaigne et UMR CNRS Passages 5319

La mise en art in situ au service de la protection de certains espaces marins et littoraux : quelques pistes pour réfléchir aux atouts et limites de tels processus. Si les artistes, leurs œuvres et leurs projets peuvent se mettre sincèrement au service de stratégies de protection de la biodiversité marine, il peut être intéressant de comprendre de manière critique comment se déroule ce processus de mise en art et d’analyser ce qu’il permet de révéler. Conçu initialement comme un art sous-marin de restauration écologique, le MUSA (Museo Subaquatico de Arte, Cancun, Mexique) est devenu une grosse structure commerciale au service du parc naturel marin et de la mise en tourisme locale. Jusqu’à quel point l’équilibre environnemental entre l’apport de nouvelles œuvres, l’arrivée de nouveaux plongeurs (et donc de bateaux à moteur) et la survie du corail pourraient-ils être assurés ?

The gardener of hope, Jason Decaires, Nizuc, et Los banqueros, Jason Taylor, Manchones. ©MUSA

Olga Kisseleva, artiste-plasticienne et MCF HDR en Sciences de l’art Paris1 Panthéon Sorbonne

Biobank est une recherche art-science de l’artiste Olga Kisseleva, qu’elle mène en collaboration avec des équipes du CNRS et de l’Université de Bordeaux. Le projet explore le potentiel biomimétique des organismes marins pour l’innovation. En s’inspirant des adaptations uniques de différents types d’organismes marins, en particulier : microalgues, coraux, radiolaires, sélachimorphes, batoïdes et mollusques bivalves, le groupe de recherche propose des applications technologiques et artistiques. Les créatures marines inspirent des avancées dans l’énergie, l’environnement, les matériaux innovants et la santé. Les œuvres d’art résultantes mettent en lumière l’interconnexion entre science, art et nature, tout en soulignant l’importance de préserver les écosystèmes marins. Cette exploration offre une vision futuriste pour résoudre les défis contemporains et créer un avenir durable.

Laurent Londeix, paléontologue, enseignant-chercheur, MCF, Université de Bordeaux

Table ronde sur l’eau génératrice des formes d’art. L’eau est un milieu protecteur, nourricier, mais aussi contraignant pour les organismes qui y vivent. C’est un monde en 3 dimensions où notamment la pression et la résistance de l’eau vont induire des convergences morphologiques. À ce titre la spirale est une structure que la nature a décliné sous toutes ses formes. Plusieurs exemples sont illustrés, notamment chez un groupe majeur aujourd’hui éteint, les ammonites. L’évolution étonnante de la coquille de ces céphalopodes émerveille et questionne aussi sur des formes qui pourraient avoir été annonciatrices d’une crise biologique.

Ammonites d’Orbigny (1840-1842).

Catherine Pascal, MCF HDR en Sciences de l’information et de la communication, MICA, Université Bordeaux Montaigne

Le Vivant et l’humain au XXIe siècle : durabilité et progrès questionnés, perspectives en création et médialité. Comment le vivant et l’humain vus sous un autre prisme grâce à l’art, la science mais surtout une nouvelle mise en récit (éconarration) pourraient-ils renouveler les perspectives et les engagements sociaux ? Notre corpus pragmatique se compose d’immersion terrains et de suivis pédagogiques pour A.D.E Méditerranée. La recherche est considérée comme création en narration et agir (immersion en cours des étudiants sur le développement durable en action).

Bernard Peyrano, président de l’association A.D.E Méditerranée et co-organisateur du forum

Présentation du projet RPF. Le projet A.D.E Méditerranée s’articule autour de 4 missions éducatives, pédagogiques, scientifiques, et artistiques. Toutes ont pour but la préservation de la biodiversité et la connaissance des écosystèmes marins. Pour la branche artistique, A.D.E Méditerranée est partenaire du MICA de l’Université de Bordeaux Montaigne et du projet Répertoire Précieux des formes, ainsi que le projet Voie Lactée avec la Fondation Savchuk.

Stéphanie Sagot, artiste et MCF Université Nîmes / MICA

Mer amoureuse. L’expression « Terre amoureuse » désignait un sol fertile avant de tomber en désuétude avec le développement de l’agriculture intensive. Dans mes Cartes de Tendre, je propose un réengagement politique et poétique de ce terme qui dit les nécessités d’un ancrage sentimental de notre relation aux éléments et aux terrestres. Dans ces prolongements, qu’en serait-il d’une Mer amoureuse ? En prêtant une attention à ses bruissements, aux coquillages, aux vagues, aux sables, entre flux et reflux, que nous disent-ils de ces modifications mercantiles que l’être humain lui fait ? Où demeure encore notre Mer amoureuse ?

Etude pour Carte de Tendre, Mer amoureuse, aquarelle sur papier, 29,7 x 42 cm. ©Stéphanie Sagot, ADAGP, 2024

Guillaume Theulière, directeur des Musées de Menton, Yannick Jacquot, Palais Carnoles – Musée des beaux-arts de Menton, Pierre-Elie Moullé, Almudena Arellano, Musée de Préhistoire de Menton

Arts-Sciences et musées : les musées historiques de Menton. Les musées historiques de Menton (musées de préhistoire et palais Carnoles – Beaux- Arts) gardent dans leurs collections la mémoire patrimoniale d’un territoire exceptionnel, mais aujourd’hui disparu. À travers ses collections naturalistes, le musée de Préhistoire conserve grâce à ses fossiles la mémoire d’une vie ancestrale aujourd’hui perdue. Les tableaux montrent comment l’espace naturel a laissé la place à une urbanisation et à l’anthropisation nécessaires au développement économique de la région. La conservation de ces collections s’avère être un témoignage indispensable pour mieux comprendre l’adaptation de l’humain aux ressources disponibles dans son environnement.

Et laissons les mots de la fin aux enfants. Voici les paroles de leur chanson entonnée à la clôture du forum :

Tombent les petits papiers par terre
Les capsules et les canettes
Tombent les bouteilles de verre
Les paquets de cigarettes
Je me balade en slalom
Je marche sur un journal
Je m’englue sur un chewing-gum
Et vous trouvez ça normal
Tombent les bouteilles en plastique
Qui m’en mettent plein la vue
Il n’y a rien d’esthétique
Quand ça pue et ça pollue
Je me balade de travers
C’est un drôle de paysage
Sous la crasse, les prés verts
Et sous les déchets, la plage
Sous les déchets, la plage
Sous les déchets, la plage
Tombent les bouteilles en alu
Les sachets de commissions
Volent sur mon avenue
Tombe la consommation
Je me balade en zigzag
Un bonbon sous la basket
Si pour vous c’est une blague
Alors changez de planète
Tombent jusque devant ma porte
Les kilos d’âmes égoïstes
Tout ce que le vent m’apporte
Je n’ai pas fini ma liste
Je me balade comme je peux
Entre les vieux emballages
Et quelques pas hasardeux
Mais sous les déchets, la plage
Sous les déchets, la plage
Sous les déchets, la plage
Sous les déchets, la plage
Sous les déchets, la plage
Tombent les sandwichs entamés
Les vieux tickets de métro
Un parapluie abîmé
Tous ces usages ancestraux
Je me balade en fuyant
Les cortèges de mégots
Je m’en sors en vacillant
Vous trouvez ça rigolo ?
Tombent les bouteilles sur ma route
C’est pas que la faute aux autres
Y en a tellement qui s’en foutent
C’est quand même un peu la nôtre
J’ai arrêté mes balades
Ma planète fait naufrage
Mon monde est tout malade
Et sous les déchets, la plage Sous les déchets, la plage Sous les déchets, la plage Sous les déchets, la plage Sous les déchets, la plage Sous les déchets, la plage Sous les déchets, la plage Sous les déchets, la plage Sous les déchets, la plage Sous les déchets, la plage Sous les déchets, la plage…

* La solastalgie est une crise existentielle profonde liée au dérèglement climatique, aux actions néfastes de l’humain sur l’environnement, aux conséquences de ces phénomènes, notamment la disparition des espèces sauvages. Un pessimisme trop important face à l’avenir peut provoquer des angoisses intenses et avoir l’effet contraire de celui escompté par les lanceurs d’alerte.

Image d’ouverture> Projet vitr-eaux aquatiques. ©Francesca Caruana

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