Quentin Garel | Anomal

Anomal, animal, anormal, du grec anômalos, inégal. En botanique, anomal qualifie une espèce inclassable, comme l’est le travail de Quentin Garel. Sculpteur travaillant le bois, le bronze, comme le fer, son inspiration se cristallise sur le thème du bestiaire. L'artiste dessine, sculpte, polit jusqu'à ce que la matière vivante du bois et de ses veines corresponde exactement à son dessein et son inspiration. Si la tronçonneuse fait partie de ses outils de dégrossissage, la délicatesse du fusain et de la craie lui permettent de réaliser des esquisses préparatoires, œuvres en elles-mêmes. Tantôt réaliste, tantôt fantastique, la tête de l'animal domestique peut aussi devenir emblématique, comme une parodie du trophée de chasse. Le château de Chamarande, témoin d'un passé architectural précieusement conservé, accueille cette exposition exceptionnelle. Un dialogue s'instaure entre le classicisme des lieux : boiseries, dorures, lustres, miroirs et l'animalité révélée de ces sujets de bronze ou de bois. Leurs présences imposantes, figées dans une expression d'un réalisme troublant, entrent en résonance avec ce décor historique. L'esprit d'un cabinet de curiosité dévoilant des objets rares et singuliers s'y manifeste. L’exposition se déploie dans l’ensemble des salles du château de Chamarande et à ses abords. Les quelque quarante pièces présentées, monumentales comme plus intimes, ont été produites majoritairement ces cinq dernières années autour de la figure de l’animal. Visuel : Girafe (bronze), Autruche V (bronze), Quentin Garel, 2018. © Quentin Garel, courtesy Domaine de Chamarande