Paris le 7 janvier 2015

charlie

Place de la République à Paris. L’espace est saturé de monde. Ils n’ont pas attendu la sortie des bureaux, ils sont venus. Exprimer leur consternation, leur incompréhension, leur soutien. Une foule de visages graves. « Charlie, Charlie, Charlie… », scandent des milliers de voix. Certains brandissent des Unes de l’hebdomadaire, d’autres ont fixé sur leur poitrine une simple feuille marquée d’un « Je suis Charlie », la plupart n’ont aucun signe distinctif. Les journalistes sont nombreux, mais ils ne sont pas seuls. Têtes connues et anonymes ont le cœur gros. Dans l’assemblée, certains échangent et d’autres se taisent. Il faut honorer, il faut pleurer. Il y a un temps pour tout. Aucune couverture à tirer, aucune envie de se distinguer. « Charlie, Charlie, Charlie… ». Le son monte en cercles concentriques. Ecrire, dessiner, informer jusqu’à ce que mort s’ensuive. Chacun se concentre sur les hommes qui ont perdu la vie pour une liberté d’expression qu’ils jugeaient irréductible. L’émotion est palpable, les réseaux engorgés. Nous sommes ici pour tous ceux qui, derrière l’écran de leur télé, de leur ordi, de leur téléphone, ou l’oreille collée à la radio, aimeraient être là. La rédaction d’ArtsHebdo|Médias s’associe à toutes les voix qui présentent leurs condoléances aux proches de nos confrères assassinés. Sans oublier les autres victimes. Merci à Charlie Hebdo d’avoir su garder le cap et conserver la voie praticable. Nous pensons à tous ceux qui, chaque jour, risquent leur vie pour nous informer. Merci aussi. Une pensée également pour les jeunes qui, sur les bancs des écoles, se destinent à ce métier essentiel. Merci à vous.
Tous journalistes, tous garants de la liberté d’expression.