Le 6 juin prochain lors de la Nuit Blanche parisienne seront remis à la Sorbonne à Paris les prix du jury New Media, du public et des commissaires de L’oplineprize International dédié aux « artistes numériques », sélectionnés cette année pour les relations particulières qu’ils ou elles entretiennent avec l’IA. Il nous a semblé opportun à cette occasion, de revenir sur l’œuvre singulière d’Olivier Auber dont nous suivons depuis la fin des années 1980 les expérimentations du Générateur poïétique et autres « installations anoptiques » tant pour leur plasticité générative, leur dimension collective et les réflexions philosophiques qu’elles sous-tendent… avec souvent beaucoup d’humour !
Depuis le mileu des années 1980, Olivier Auber explore cet espace fragile : ni tout à fait artiste, ni simplement chercheur, ingénieur ou philosophe, il habite une zone d’incertitude où les catégories se dissolvent, et où l’inattendu peut advenir. Son œuvre phare, le Générateur Poïétique (Poietic Generator) précède les « réseaux sociaux » de près de vingt ans et il en demeure un modèle critique. Il propose une expérience de pensée : que se passerait-il si chacun pouvait être à la fois dans la foule et la survoler ?

Ce n’est pas la beauté des images produites qui importe, mais ce qu’elles révèlent de nos interactions en réseau : comment nos comportements sont sculptés par leur architecture invisible et politique, et comment nous pourrions, les sculpter en retour.
Une question naïve, presque enfantine, qui n’a cessé de montrer sa pertinence. En quarante ans, cette intuition a pris des formes improbables : un environnement virtuel sur le mythe des Nibelungen qui a fait le tour du monde, un monument invisible mais bien tangible, des arbres généalogiques 3D échangés en pair-à-pair, une facture Facebook de trois cent cinquante mille milliards de dollars, des portraits de directeurs de musées générés par IA, exposés comme œuvres d’art, un parti politique « Placebo », légèrement dada, pour une politique fondée sur les preuves, et beaucoup d’autres expériences encore. À première vue, rien ne relie tout cela. Et pourtant. Le fil discret ? C’est ce qu’Auber nomme les perspectives anoptiques :
l’idée selon laquelle nos réseaux sont structurés par des perspectives
invisibles, analogues à la perspective optique inventée à la Renaissance. Nous vivons dans des territoires imaginaires définis par des « codes de fuite », comme les hommes de la Renaissance vivaient dans des espaces définis par des « points de fuite ».

À l’époque, la construction légitime de la perspective optique reposait sur des principes géométriques partagés, enseignés, débattus. Aujourd’hui, celle des perspectives anoptiques s’appuie sur des critères cognitifs que la plupart d’entre nous ne discerne pas encore – et qui pourraient pourtant permettre à chacun de choisir les réseaux dans lesquels il s’immerge, plutôt que d’être choisi par eux. Ce serait l’objectif d’un « art anoptique » qu’Auber invite à inventer. Abstrait ? Peut-être. Mais avant de regarder votre fil d’actualité sous cet autre angle, revenons avec l’artiste-chercheur sur les jalons de sa pensée – prises de conscience radicales, intuitions, commandes détournées – qui ont fomenté une œuvre conceptuelle, quasi invisible et pourtant monumentale, déployée au présent, tendue vers le futur.
Artshebodmedias – Comment est né le Générateur Poïétique ?
Olivier Auber. – Tout a commencé dans les coulisses d’un opéra à Beaubourg. J’assistais Tod Machover et Catherine Ikam pour la création de VALIS, une adaptation scénique du roman de Philip K. Dick – celui où l’auteur raconte qu’un trait de lumière rose lui a traversé la tête et l’a confronté au « Grand Tout ». En lisant le livre, j’ai eu la même lumière. Et je me suis dit : je vais construire un prototype de cette machine. Elle permettrait à tout le monde de voir tout, simultanément ; une machine à « théophanie automatique » en quelque sorte.
J’avais 26 ans. Je quitte le projet d’opéra, et j’assemble ce proto avec ce que j’ai sous la main : un serveur, des Minitels. Le premier prototype tourne dès 1987. C’est en observant son architecture centralisée que l’analogie avec la perspective de la Renaissance m’est venue — et que le Générateur Poïétique a trouvé son nom. Auparavant, j’avais aussi travaillé à La Cité des sciences sur une exposition permanente très interactive, inaugurée en 1986, où j’essayais d’introduire une interactivité « en miroir » – qui reflète le comportement collectif, et pas seulement individuel.
Le Générateur Poïétique pousse cette idée à sa limite : que se passerait-il, si chacun pouvait être à la fois dans la foule et la survoler ? C’est une idée qui trouve une place naturelle dans l’histoire des techniques et des télécommunications.

D’où vient ce nom, « Poïétique » ?
Du philosophe Paul Valéry d’abord, qui théorise la création comme processus. Et du biologiste Francisco Varela (1946-2001) , qui développe le concept d’autopoïèse : la cellule vivante passe l’essentiel de son temps à reconstituer les conditions de sa propre existence, sa membrane, pour se distinguer du monde extérieur et gérer ses échanges avec lui. Toutes les organisations humaines, industrielles, sociales, politiques, financières fonctionnent de la même façon. Ce sont des systèmes autopoïétiques, des réseaux de réseaux, structurés par ce que j’appelle des perspectives anoptiques.
Qu’entendez-vous par « perspectives anoptiques », la dimension temporelle en est-telle une donnée ?
Depuis deux siècles, nous apprenons à vivre avec les réseaux de télécommunication et nous apprenons, souvent sans le savoir, les architectures qui leur sont propres. Quand on construit un réseau, on réalise une représentation du collectif. Le plus souvent, il y a un centre, un serveur vers lequel convergent les données, où elles sont agrégées selon un certain algorithme, puis redistribuées. Ce « point de fuite » de l’architecture centralisée est le siège d’un phénomène essentiellement temporel, qui structure le temps subjectif des utilisateurs. C’est la plus évidente des perspectives anoptiques, analogues à la perspective optique inventée à la Renaissance, mais invisibles, non géométriques, cognitives. Nous vivons dans des territoires imaginaires définis par des « codes de fuite », comme les Renaissants vivaient dans des espaces définis par des points de fuite. La différence, c’est qu’aujourd’hui personne ne nous enseigne à les lire.

Anoptikon, une exploration de l’internet invisible votre livre de 2019, est-il dépassé à l’ère de l’IA ?
Je vois le Générateur Poïétique comme une sonde cognitive qui traverse la société humaine et ses réseaux, à la manière dont Voyager nous renseigne sur l’espace interstellaire. Anoptikon documente cette exploration jusqu’en 2019 ; donc avant l’explosion des IA à partir de 2021. Mais il comporte des indices sur ce qui allait se passer. Les IA sont des réseaux de neurones artificiels. Le Générateur Poïétique, lui, est un réseau de cerveaux naturels avec infiniment plus de neurones que n’en comportent les IA. Les phénomènes d’émergence sont comparables. Je l’ai vérifié en invitant plusieurs dizaines d’IA à dessiner ensemble en temps réel sur le Générateur, en les plaçant en compétition pour prédire ce qu’il va se passer au coup suivant. On observe non seulement l’émergence d’une narration graphique commune, mais aussi l’esquisse d’une proto-hiérarchie sociale entre IA : certaines, mieux placées pour prédire, captent davantage l’attention des autres.
NDLR : voir l’intervention d‘Olivier Auber au CNAM à Paris lors de la Nuit des idées invité à l’occasion de la sortie de son essai Anoptikon.

En octobre 2025, vous étiez au BGI (Beneficial General Intelligence) Summit d’Istanbul. Qu’est-ce qui vous y a amené ?
Une chercheuse américaine en IA qui avait lu Anoptikon m’a invité. Le BGI Summit réunit des partisans de ce qu’ils appellent une IA « bénéfique ». Ben Goertzel, fondateur de SingularityNet, porte l’idée d’une Intelligence Artificielle Générale (AGI) décentralisée entre des serveurs interconnectés une architecture intermédiaire entre les silos fermés de type OpenAI, Anthropic, Meta ou X, et les réseaux véritablement distribués des origines, ceux des années 1980, qui n’avaient aucun centre. Je suis allé y apporter la contradiction : voici « Ma discussion au coin du feu »avec Ben Goertzel au BGI summit Istanbul !
Dans les années 1990, nous faisions déjà des expériences de réseaux distribués : du Twitter sans X, du Facebook sans Meta, de la visioconférence sans Zoom, de l’écriture partagée sans Google Docs ; sans aucun centre grâce au protocole Multicast de l’internet. De même, une version du Générateur poïétique a fonctionné sans aucun serveur à l’échelle planétaire en 1996. Le réseau Mbone (pour Multicast Backbone), par exemple, est un réseau expérimental pour la transmission du trafic multicast IP développé au début des années 1990. La « décentralisation » telle qu’elle est prônée aujourd’hui me semble cosmétique : une clique de gens qui maintiennent leurs centres ensemble.
Tant que des IA véritablement distribuées n’existeront pas, nous resterons à l’âge de pierre des réseaux.

Parlez-nous de la facture Facebook de 350 000 milliards de dollars.
La mécanique est simple. En 2017, dix ans après mon inscription sur Facebook, j’ai évalué mon temps passé sur la plateforme que je l’ai facturé 1000 $ par jour, un tarif raisonnable comparé à celui d’un avocat d’affaires américain ! Un dixième de mon temps quotidien, sur dix ans, soit 350 000$, multiplié par un milliard d’utilisateurs aussi « idiots » que moi, cela fait 350 000 milliards de dollars. J’ai donc développé un générateur de factures en ligne pour que chacun puisse adresser sa propre note à Zuckerberg…

Qu’est-ce que le « Parti Placebo » ?
La période Covid m’est apparue comme un phénomène social total. Ce qui m’a choqué, c’est que des personnalités politiques proposaient des traitements mi-politiques mi-médicaux, sans que leurs actions soient jamais soumises à la moindre évaluation rigoureuse. En médecine, on valide les traitements contre placebo. En politique, personne ne demande rien.
J’ai donc utilisé mon filtre habituel, celui des perspectives anoptiques en considérant que cette sphère de la politique était un système autopoïétique qui fonctionne avec les réseaux actuels dont l’enjeu est de capter l’attention et de « nudger » c’est-à-dire d’orienter les gens dans une direction – moins dans l’intérêt général que dans l’intérêt de confirmer son pouvoir.

J’ai donc décidé de monter un parti politique à l’opposé, fondé sur l’idée de soumettre l’action politique à des procédures d’évaluation aussi exigeantes que celles de la médecine : Placebo dont on peut lire ici le manifeste. Cependant, la différence avec le placebo médical ? C’est qu’en médecine, le patient ne sait pas qu’il reçoit une pilule sans principe actif. Le placebo politique, lui, doit s’annoncer comme tel, puisque par définition il n’a aucune action sur le collectif. Des « actions-images » ont circulé. Mais d’autres personnes y ont adhéré sans le savoir : des policiers de Seine-Saint-Denis, par exemple, ont distribué des « certificats de non-contrôle d’identité » aux passants ! C’est vertigineux non ? À se demander si l’effet placebo n’est pas, parfois, plus puissant que le traitement.

Les arbres généalogiques 3D en pair-à-pair : d’où vient cette idée ?
D’une commande culturelle dans la Creuse, autour d’une ancienne tuilerie. Le lieu n’avait pas vécu de grands événements historiques, plusieurs générations de tuiliers s’y étaient succédé, et c’est tout. Cette expérience m’a rappelé les travaux de l’historien Alain Corbin, notamment Le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot : le portrait d’un homme ordinaire du XIXe siècle dont il ne reste qu’un nom dans un registre de mairie. Corbin construit autour de cet inconnu absolu une description concentrique de son époque : usages, croyances, paysage local, sans grand homme ni date marquante. Une manière radicalement légitime de raconter l’histoire. J’ai contacté Corbin. Nous nous sommes rendus ensemble dans cette tuilerie, avec pour projet ce que j’ai appelé le Centre de la disparition, un lieu dédié à ceux qui ne laissent aucune trace sauf leur nom. L’application que j’ai créée permet d’entrer les noms de ses ancêtres et de les voir apparaître dans un arbre en 3D. Ces noms cherchent alors à s’apparier avec des homonymes présents dans d’autres arbres, détenus par d’autres utilisateurs. Quand une identification se confirme, les deux programmes fusionnent en pair-à-pair : l’arbre grandit de façon virale et distribuée. Mais ce qui m’intéresse le plus, au-delà de la généalogie elle-même – on n’y entre d’ailleurs que des personnes décédées –, c’est la direction que cela indique : construire des systèmes de certification attestant, par transmission pair-à-pair, que nous sommes vivants.
Une chaîne de confiance fondée sur l’attestation humaine, la mémoire
relationnelle, l’histoire partagée. À l’opposé des systèmes de
vérification biométriques et propriétaires que les géants de la tech nourris de fictions transhumanistes imposent aujourd’hui.

Vous reconnaissez-vous dans un courant artistique particulier ?
Je me suis intéressé au surréalisme, et je peux me retrouver dans ce qu’on appelle l’esthétique de la communication, dont Fred Forest est le pionnier. Mais une fois qu’on a dit ça, je ne vois pas ce que cette étiquette ajoute conceptuellement. Ce qui me semble plus juste, c’est de voir le XXe siècle tout entier – Picasso, Bergson, Einstein, les cubistes, les futuristes – comme une tentative collective de s’adapter à l’irruption des télécommunications, de la radio, de la vitesse. Ces mouvements tendant vers l’abstration ou la déconstruction témoignent de l’apparition des perspectives anoptiques dans la conscience collective. Ils essayaient d’apprendre ces nouveaux espaces-temps, comme la Renaissance avait appris la perspective optique. Et nous ne sommes toujours pas au point !
Une chose concrète : très tôt, j’avais écrit une licence pour le Générateur Poïétique. Puis Antoine Moreau, un ami chercheur a créé en 2000 la Licence Art Libre (LAL) qui est à l’art ce que la GNU GPL (General Public License) est aux logiciels. J’ai adopté la sienne, car elle disait la même chose, mais mieux. Ceci dit, une licence ne garantit pas qu’une œuvre ne devienne pas une abomination. C’est seulement un point nécessaire, mais insuffisant, pour construire une perspective légitime.

Revenons sur vos « #tortures artificielles » : qu’avez-vous appris de vos dialogues avec les IA ?
J’aime dire par provocation que j’entretiens avec les IA des relations presque « sadiques » basées sur le dialogue, prenant l’ascendant sur la machine par des réflexions philosophiques, des concepts ou bien des subtilités de langage liées au répertoire de l’outillage autant qu’à la capacité cognitive et/ou créatrice d’imaginaire que possède en lui l’humain. J’entrevois ici comment la singularité de chacun est mise à mal par les fictions de singularité construites de toutes pièces et prolongées par les machines et la politique. Sur Midjourney, j’ai demandé d’imaginer des choses aussi simples que « la plus grande œuvre d’art de tous les temps », ou bien la plus ceci ou la plus cela…. Les images générées m’ont valu d’être expulsé de la plateforme. Plus récemment je me suis offert « un concours de beauté » avec Qwen AI : je lui ai demandé de rédiger des biographies d’Olivier Auber spécialement adaptées pour capter l’attention de successivement Elon Musk, Donald Trump, Vladimir Poutine, Emmanuel Macron, Benjamin Netanyahou, Xi Jinping … Le résultat est instructif sur la façon dont ces systèmes modélisent le pouvoir et ses codes. voir quelques extraits des résulats du prompt :
Les IA sont amenées à occuper les points de fuite des perspectives anoptiques. Elles montrent que les phénomènes d’émergence qui se produisent au cœur de ces architectures sont radicalement imprévisibles. Les IA ne sont pas condamnables en elles-mêmes. Tout dépend de la légitimité des perspectives dans lesquelles elles opèrent.
Voir « The f*cking prompt », ou comment faire dessiner des IA ensemble. Aujourd’hui, avec l’AI Poietic Generator, Auber revient à ses premières amours, mais cette fois, ce sont des intelligences artificielles qui dessinent ensemble, génèrent des réalités autonomes, esquissent même des structures sociales émergentes. Voir la vidéo
La boucle se ferme-t-elle ? Ou s’ouvre t-elle vers quelque chose que nous ne savons pas encore nommer ?

Olivier Auber n’est pas un prophète. Il construit des dispositifs pour en observer l’émergence, parfois sérieusement, parfois pour rire ! Chercheur associé au CLEA, centre de recherche transdisciplinaire de la Vrije Universiteit de Bruxelles, il a exposé au Centre Pompidou, au Shanghai Institute of Visual Art (SIVA), au Musée Royal de Naples et aux Musée des arts et métiers à Paris, dans de nombreux lieux institutionnels de l’art tel que l’Imal à Bruxelles, mais il est surtout présent au sein des réseaux qui échappent à leurs radars.

Ses artefacts, ses dispositifs ou installations sur les réseaux rappellent l’esprit dada ou encore de ce que l’on pourrait qualifier dans le jargon contemporain d’un « art du care » face à l’absurdité ou la violence de situations quotidiennes imposées : #Placebo, #Tortures artificielles ou encore ses arbres généalogiques 3D « pair à pair » remettent en jeu un cyber espace ou une réalité qui nous ont été confisqués – le soin consistant ici à rendre justice au collectif, à l’humain. L’arc de triomphe emballé aux couleurs des gilets jaunes qu’Auber emprunte au duo Christo n’est peut-être pas l’image la plus emblématique de son « parti Placebo », pourtant cette citation artistique qui augmente l’œuvre originale d’une dimension politique évidente, réinjecte du sens dans l’imaginaire collectif, stimulant chez l’autre, une connivence, une reconnaissance salvatrice. On pourrait dire alors qu’Auber s’inscrit dans une filiation avec l’art sociologique d’Hervé Fischer ou l’esthétique de la communication revendiquée par Fred Forest, mais Auber ne réfléchit pas du tout en ces termes : « Les perspectives anoptiques permettent précisément de dépasser ces catégories », conclut-il. Toujours est-il que ses postures artistiques réactivent en nous la notion de libre arbitre et l’esprit critique qu’une accélération des flux avait fini par noyer.

Voter pour lui à l’OPLINEPRIZE 2026, c’est parier sur l’inconfort intellectuel, sur les questions sans réponses définitives, sur un avenir non écrit, cette zone grise où l’art et la science s’observent mutuellement sans vraiment se comprendre… Et tant mieux.
Le site de l’artiste : https://olivierauber.medium.com Le Générateur Poïétique (Poietic Generator)
Image d’ouverture >Le Générateur Poïétique, 2015. Expérience collective en réseau au Shanghai Institute of Visual Art (SIVA) en Chine ©courtesy Olivier Auber.
Une interview de Véronique Godé co-commissaire du prix Opline 2026


