Raphaël Massart | Pantin

L’exposition Pantin explore les liens entre le langage, la ville et l’intimité à travers une installation de sculptures-lettres et des images réalisées dans les lieux de vie et de travail de l’artiste. Elle prend appui sur son expérience de la ville où certains signes – journaux municipaux, images de communication, rythmes de quartier – apparaissent d’abord comme muets, avant de se recomposer progressivement comme langage. « Issues d’un flux d’images non hiérarchisées que l’artiste produit, les photographies présentées conservent une part de contingence. Chaque image porte la trace d’un hors-champ actif, d’une continuité qui excède ce qu’elle donne à voir. Enchâssées dans différents tissus, elles sont à la fois encadrées et habillées. Le dispositif-vêtement ne vise pas à exposer pleinement l’image mais à en conditionner l’apparition. Le tissu introduit une résistance douce et installe une relation de désir : quelque chose est montré, mais jamais entièrement donné. Les hors-champs des images ne désignent pas seulement ce qui est absent, mais ce qui organise la perception. Leur cadrage suggère, déplace, maintient une distance. Cette économie du regard rejoint celle des sculptures-lettres et des vitrines : montrer en cadrant et produire du désir en limitant l’accès », explique Maëlle Dault, commissaire de l'exposition. Visuel> © Raphaël Massart