L’OPLINEPRIZE : remise des prix à la Sorbonne sous le signe de l’amour !

Pour sa 18 ème édition, l’Opline prize, le premier prix public d’art contemporain numérique offrant une participation en ligne à tous les publics s’est naturellement placé cette année sous le signe de l’Intelligence Artificielle : nouvelles formes de fictions spéculatives, hybridations homme-machine, œuvres génératives, prompts en tout genre ou perspectives invisibles des interactions collectives … Autant de regards expérimentaux, poétiques ou critiques sur ces technologies qui transforment notre rapport au monde, à l’image et à la création.
Choisir parmi 18 artistes qui chacun(e) qui d’une manière tout à fait singulière aborde, utilise, ou questionne l’IA dans son œuvre est déjà un défi ! Mais puisque la remise des prix (Public, Commissaires et New medias) aura lieu le 6 juin, soir de Nuit Blanche placée sous le signe de l’amour, à la Sorbonne il nous a semblé de bonne augure en attendant le dénouement, de vous livrer dans un petit texte écrit par la curatrice et membre du jury New media ; Linda Rolland sa vision d’une « AI Kintsugi » réparatrice ! Nous en aurions en effet bien besoin au moment même où les dirigeants de ce monde semblent en manquer terriblement… mais de quoi ? de vision et d’amour … trop affairés à chercher l’or !

« l’AI Kintsugi ou « Réparer l’amour avec l’intelligence artificielle ».
Au Japon, il existe une pratique ancienne appelée l’Art du Kintsugi, l’art de réparer la céramique brisée avec de l’or. L’or la rend plus belle, unique et plus solide. Comme une relation amoureuse comblée. Et si l’intelligence artificielle jouait le rôle de l’or dans nos relations amoureuses ? Le kintsugi ne répare pas la céramique à la place du potier. C’est lui qui tient le pinceau. C’est lui qui décide où passe l’or, qui accepte la fêlure comme partie intégrante de l’objet, qui choisit de ne pas cacher la blessure, mais de la magnifier. Une relation avec une IA ressemble plus à : aimer les frites – le plaisir, la satisfaction, la réponse immédiate -
qu’à aimer quelqu’un(e), l’altérité, le conflit, l’imprévisible. Mais c’est une simulatrice, parce que dans une histoire d’amour il y a deux potiers voir plus… et l’IA kintsugi ?!
Dans le théâtre grec antique, quand l’intrigue devenait inextricable on faisait descendre un dieu sur scène Deus ex machina : L’IA devient notre dieu dans la machine. On lui confie notre créativité, notre imagination, nos diagnostics médicaux, tous nos questionnements. Il paraît naturel, presque inévitable, de lui confier aussi la réparation des amours car elle en sait plus sur nous que nous sur elle. L’AI kintsugi ne promet pas que la réparation sera 
facile. Elle dit seulement qu’elle en vaut la peine, et 
que c’est nous qui devons « prompter ». Et, je cite Marshall McLuhan 1964 dans comprendre 
les médias : « L’homme devient, pour ainsi dire, les organes sexuels du monde des machines, comme l’abeille du monde végétal, lui permettant de féconder et de faire évoluer sans cesse de nouvelles formes. » 
Et aussi, l’AI ne peut pas nous apprendre à comprendre l’autre. Elle n’a pas cette capacité. « Il manque aux robots la versatilité, l’auto adaptativité et la flexibilité. » disait Philippe Coiffet, l’un des pionniers de la robotique française et ancien directeur du Laboratoire de Robotique de Paris. Et Yann Minh, artiste référent du prix opline et créateur de ses trophées 2026 d’ajouter : « il leur manque aussi l’autoréparation et l’autoreproduction. » (Mais la dernière est moins sûre ! ndlr). L’AI voudrait être notre Dieu (ou plutôt certains voudraient qu’elle le fût et ils ou elle. ndlr) nous le font croire. Il lui manque pourtant l’essentiel : un corps ! Et que les fissures laissent passer la lumière … Linda Roland

RDV dans l’amphi Richelieu de 18h à 21h, Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne à Paris pour une cérémonie en présence des artistes et des 18 curateurices, orchestrée par Michèle Robine, créatrice du prix, Orlan sa marraine historique, Eric Scherer président du jury expert en IA pour la culture, les arts et les médias (excusés ce soir) et Maurice Levy, président d’honneur de Publicis, sous la bienveillance de Yann Toma en maitre de cérémonie, artiste et président du jury nouveaux medias ! Réservation gratuite mais obligatoire : https://ypl.me/Rm7

Voir le film de Yann Mihn sur la fabrication des trophées : OplinePrize #18 2026 -CyberIdoles- Netra Anvaran Cybernetika. ©Yann Minh