Dans l’ombre exploratrice de Paul Duncombe  

Détail d’un extrait vidéo. Paul Duncombe galerie DATA

Implantée dans le quartier de la République, la galerie DATA a été fondée en 2020 par Gabrielle Debeuret et sa programmation originale  porte sur l’art génératif et digital, avec un intérêt pour les formes tangibles (dessin au traceur, tirages issus de l’imprimé, et d’installations…). Elle a pour vocation de montrer un champ d’application transdisciplinaire, entre art et technologie. Les artistes exposés y expérimentent des formes génératives, en utilisant logiciels et langages de programmation, en automatisant leurs propres outils, ou en exploitant des données… Leurs créations sont inspirées par des modèles de géométrie, de mathématiques ou de biologie, et c’est naturellement avec Dominique Moulon, curateur averti des relations art/science et des arts numériques au sens large, que se joue la prochaine exposition consacrée à Paul Duncombe, artiste explorateur des grands fonds, des pôles, des volcans ou des forêts, diplômé en 2014, de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris dont le vernissage aura lieu le 22 mai 2025.

« L’artiste observe le vivant, notamment à des profondeurs où la lumière se raréfiant ne parvient plus à activer les couleurs. A moins que ce passage au noir et blanc, concernant les récifs coraliens, ne soit dû au réchauffement climatique dont nous savons les causes. Contraint parfois de déléguer ses observations à celles et ceux qui pratiquent une plongée technique, il les équipe de caméras en les accompagnant via un drone sous-marin. Avec les données collectées, il représente ces étranges territoires où l’animal, sans l’humain, continuerait d’évoluer en symbiose avec le végétal et le minéral… », précise le curateur de l’exposition intitulée Mesophotic.*

Les récifs mésophotiques, autrement dit en basse lumière, se trouvent dans les régions tropicales et subtropicales à des profondeurs allant de près de 30 mètres à plus de 150 mètres sous la surface de l’océan et sont essentiellement habités par des coraux, des éponges ou des algues. En parallèle de son solo show à la galerie Data Paul Duncombe présente, au Centre Wallonie Bruxelles, son installation Shelters, du 16 mai au 23 août 2025, dans le cadre de l’exposition collective Symbiosium 2, Cosmologies Speculatives #Abyssal, Sideral & Synthétique :  des spécimens de mollusques y sont soumis à différentes sources radioactives évoquant les installations de recherche en biologie marine. Le dispositif révèle en temps réel les particules qui pénètrent les fragiles squelettes calcaires (calcite et aragonite) : chaque structure – selon sa forme, sa densité et son épaisseur, filtre le flux de radiation, devenant la touche unique d’un orgue post-nucléaire. L’installation immerge ainsi le spectateur dans un récif à l’agonie, où le murmure de l’océan laisse place aux cliquetis des compteurs geiger. Oh secours !  Avons-nous envie de crier après avoir été éclairé(e)s par le sens du dispositif – au demeurant totalement « phototropique » ! L’œuvre aura-t-elle enfin provoqué en nous le déclic ? Il y a là de quoi alimenter les conversations à la galerie, jeudi 22 mai, de 18h à 21h !

Galerie DATA : Mesophotic, du 22 au 31 mai 2025. Solo show de Paul Duncombe du jeudi au samedi :  14h – 20h, au 26, boulevard Jules Ferry 75011 Paris. contact@galeriedata.com. Tel +33 (6) 18 52 26 86.  www.galeriedata.com