Les marmottes sont de retour ! En orbite, peut-être… mais jamais au repos. À peine l’été terminé, elles ont ressorti leurs carnets, ajusté leurs combinaisons et repris du service. Car une mission de cette importance ne se néglige pas : remplir la hotte d’ArtsHebdoMédias. Depuis plusieurs mois, elles ont tout scruté : expositions, livres, ateliers, objets, expériences à vivre et à partager. Elles ont fouiné dans les dossiers de presse, arpenté les musées, discuté avec les artistes, voyagé individuellement ou en groupe, lu dans le train et dans leur tanière, écouté au casque ou à tue-tête, regardé à en voir des étoiles plein les yeux. Avec sérieux, curiosité et une gourmandise assumée. Le résultat ? Une sélection librement subjective, joyeusement hétéroclite, pensée pour éveiller les regards, nourrir les imaginaires et glisser sous le sapin autre chose que de simples paquets. À vous maintenant de piocher, d’offrir, de vous faire plaisir, de voir, de lire… et d’user de cette hotte sans aucune modération. Le compte à rebours est lancé : que la magie opère et que la fête commence !
Les cadeaux à faire des marmottes

Plonger dans un conte olfactif et découvrir l’allégresse du cœur
Et si, pendant les fêtes, on s’offrait une expérience à partager ? Avec La Femme Phoque, la compagnie Le TIR et la Lyre invite adolescents et adultes à entrer dans un conte olfactif et multisensoriel inspiré des légendes inuites. Théâtre, odeurs et sons s’y entremêlent pour raconter l’histoire d’Inuk, élevé par ses parents dans le respect des maliqats, ces règles ancestrales qui enseignent l’harmonie avec le vivant, l’entraide et la solidarité dans un monde où la survie dépend du collectif. Pensé comme un campement immersif, le spectacle convoque masques, lumières et fragrances pour faire surgir un univers de neige, de froid et d’allégresse du cœur. Le récit avance avec douceur, sans morale appuyée, laissant aux spectateurs le temps de ressentir, d’imaginer et de s’abandonner à cette traversée sensible. Une proposition rare, délicate et profondément actuelle, idéale à partager en famille à partir de 12 ans, pour se rappeler que les histoires ont encore le pouvoir de nous relier.
Infos pratiques> La Femme Phoque, conte olfactif, Compagnie Le TIR et la Lyre, dimanche 21 décembre à 17h, à la Maison des Passeurs d’histoires, Nogent-sur-Vernisson (45), et le mardi 30 décembre à 14h30 et 16h, au Musée des Beaux-arts et de la Dentelle, Alençon (61). Durée : 50 min. Tarif plein 7 €. Réservation conseillée : reservations.tiretlalyre@gmail.com

Le sumō autrement : un art à vivre en famille
Au Musée des Arts Asiatiques de Nice, l’exposition Sumō, l’équilibre absolu pulvérise s’il en est les a priori sur la pratique du Sumō. Duelle, elle propose en premier lieu une vision poétique de cet art-martial proche du shintoïsme à travers les estampes de Kinoshita Daimon, un artiste contemporain japonais revisitant le style traditionnel ukiyo-e – signifiant « images du monde flottant » – puis, à l’étage, une vision plus épurée à travers l’objectif de Philippe Marinig qui a saisi sur le vif toute la puissance des Rikishi, les sumotoris de haut niveau, lors de leurs corps à corps au combat mais aussi dans leur vie quotidienne. Une occasion à ne pas manquer de s’introduire dans l’univers fermé de ces lutteurs vénérés comme des demi-dieux depuis des siècles au Japon. Et de percevoir l’aspect sacré de cette pratique à laquelle dès l’enfance sont initiés dans les écuries de Sumō ces colosses de 150 à 200 kilos, selon des règles très strictes, pour acquérir une maîtrise totale de leur art et atteindre l’équilibre parfait. Dans ces arrêts sur image d’une sobriété élégante, la surprise réside dans le contraste entre leur calme, leur force et leur concentration lors des affrontements au cours desquels ils sont pieds nus et vêtus seulement d’un cache-sexe, et la bonhomie et la bienveillance des traits de leur visage dans les moments de détente.
Première exposition de cette envergure en France, elle donne à voir plus de 150 œuvres de l’époque d’Edo (1603-1868) à aujourd’hui, 80 photographies de Philippe Marinig et un des dix exemplaires du vase Soulages. Et pour que petits et grands puissent entrer dans cet univers exigeant de manière sensible et ludique, une programmation familiale accompagne l’exposition. Visites-jeux, ateliers créatifs et pratiques traditionnelles japonaises invitent à découvrir le sumō autrement : par le pliage du papier, l’impression d’estampes à partir de matrices gravées, la narration illustrée du kamishibaï ou encore l’apprentissage de la calligraphie. Autant d’expériences qui font écho aux valeurs fondamentales de cette discipline – concentration, maîtrise du geste, respect des règles et recherche de l’équilibre – et permettent de prolonger la visite dans un esprit de transmission et de partage. Des visites guidées viennent compléter ce parcours, offrant des clés de lecture pour mieux comprendre l’histoire, les rituels et la portée symbolique de cet art martial hors du commun. C. M.
Infos pratiques> Sumō, l’équilibre absolu, jusqu’au 1er février 2026, Musée des arts asiatiques, Nice Arenas. Programme et réservation.

Le festival ]interstice[ célèbre les 1000 ans de Caen
À l’occasion du Millénaire de Caen, le festival ]interstice[, fidèle à son esprit d’exploration, déploie une édition exceptionnelle placée sous le signe de la rencontre entre arts plastiques, sciences et environnements numériques. Entièrement en accès libre, cette édition spéciale propose deux parcours d’expositions qui investissent douze lieux culturels et patrimoniaux de la ville, transformés en espaces de recherche visuelle et sensible. Au cœur du projet, les œuvres issues de résidences art/science occupent une place centrale. Peintures augmentées, installations lumineuses, dispositifs immersifs ou sculptures sonores donnent forme à des questionnements contemporains sur l’espace, le vivant, la technologie et notre rapport au monde. Les artistes – parmi lesquels Justine Emard, Virgile Abela, Myriam Bleau, Étienne Rey, Nicolas Germain ou Guillaume Cousin – développent des propositions plastiques exigeantes, nourries par un dialogue étroit avec des laboratoires scientifiques. Autour de ces expositions, concerts, performances, ateliers et rencontres viennent enrichir l’expérience, offrant au public la possibilité de circuler librement entre contemplation et échange. Plus qu’un festival, ]interstice[ se vit comme une traversée : celle d’un art contemporain qui accepte l’hybridation, l’expérimentation et l’incertitude pour inventer de nouveaux récits.
Infos pratiques> Festival ]interstice[-Rencontre des inclassables, jusqu’au 21 décembre. Programme détaillé sur le site de l’événement.

Une escapade au Château La Coste
Situé dans l’une des plus anciennes régions viticoles de France, entre la ville historique d’Aix-en-Provence et le parc national du Luberon, Château La Coste est d’abord un vignoble, puis un lieu d’art vin, création contemporaine et architecture. Les visiteurs sont invités à y découvrir plus de quarante œuvres pérennes installées en plein air et des expositions installées dans cinq galeries réparties sur les 200 hectares que compte la propriété. De la photographie expérimentale d’Adam Fuss, dont les images naissent de la rencontre directe entre la lumière et le papier photosensible, à la peinture d’effacement de Callum Innes, dont les toiles conservent en elles les traces du processus et l’accumulation silencieuse du temps. Plus loin, Dennis Miranda transforme l’Auditorium Oscar Niemeyer en un paysage intérieur traversé de mythes, de mémoire et de gestes picturaux saisissables, tandis que Ziping Wang déploie, dans la galerie Richard Rogers, une constellation d’images fragmentées où abstraction et culture visuelle contemporaine s’entrechoquent. À parcourir en hiver, quand la lumière rase souligne les lignes pensées par Tadao Ando, Niemeyer ou Rogers. Une invitation à la contemplation active, idéale pour une escapade artistique hors saison.
Infos pratiques> Château La Coste, Le Puy-Sainte-Réparade (13). Ouvert tous les jours de 10h–17h (jusqu’à 19h le week-end). Offres de restauration et de séjour sur le site.

Créer des monstres à quatre mains au Musée en Herbe
À l’occasion de l’exposition Monstrologie de Stan Manoukian à la galerie Daniel Maghen, le Musée en Herbe, à Paris, propose un atelier exceptionnel en famille le samedi 10 janvier. Pensé comme un temps de création partagé, cet atelier « à quatre mains » invite parents et enfants à imaginer ensemble une création monstrueuse, guidés par l’artiste lui-même. Dessin, imagination et plaisir du trait sont au cœur de cette rencontre, conçue comme une immersion joyeuse dans l’univers foisonnant de Manoukian, peuplé de créatures hybrides, drôles et parfois inquiétantes. L’atelier est suivi d’un temps de dédicace, prolongeant l’échange avec l’artiste. Une belle occasion de découvrir son travail de l’intérieur avant – ou après – une visite à la galerie située à quelques minutes à pied du musée ! Non sans avoir fait le tour de l’exposition Digital Abysses, au cœur de l’océan de Miguel Chevalier.
Infos pratiques> Musée en Herbe, Paris. Atelier en famille avec Stan Manoukian, samedi 10 janvier, à 15h30. Réservations en ligne.

En vacances au musée, l’art en partage
Pendant les vacances de Noël, le musée Paul Valéry de Sète invite enfants et familles à investir ses salles autrement. Ateliers artistiques, jeux de découverte et expérimentations plastiques transforment le musée en un terrain de création joyeux et stimulant, pensé pour apprendre en faisant. En dialogue avec l’exposition consacrée à de Daniel Dezeuze, figure majeure de Support/Surface, les participants sont invités à interroger les notions de tableau, de support et de surface, à explorer des matériaux inattendus et à détourner les gestes de l’art urbain ou de la sculpture. Peinture, dessin, modelage et assemblage deviennent autant de manières de comprendre comment l’art se fabrique, se bricole et se réinvente. Un parcours ludique complète l’expérience, permettant de découvrir l’exposition en famille, à son rythme, grâce à un kit-jeu accessible librement. Une belle occasion de vivre le musée comme un espace d’invention, de partage et de curiosité active.
Infos pratiques> En vacances au musée, du 27 au 31 décembre 2025, musée Paul Valéry, Sète. Ateliers La peinture fait son street-art avec l’artiste Adrien Da Silva (samedi 27 décembre de 14 h à 17 h) et L’argile en support/surface avec l’artiste Hélène Caze (mercredi 31 décembre de 14 h à 16 h 30), sans inscription dans la limite des places disponible. Prix : adultes 10€ et de 6 à 18 ans 5€. Jeux dans le musée, renseignements et inscription : 04 99 04 76 11 et mediationpaulvalery@ville-sete.fr

Apprendre à rêver en grand au Domaine de Trévarez
Pour les fêtes, le Domaine de Trévarez se transforme en une vaste école de l’imaginaire. Avec Sages comme des images,création originale du collectif Spectaculaires – Allumeurs d’images, le château et son parc deviennent le théâtre d’un parcours lumineux et plastique. Ici, pas de dictée ni de tableau noir : les cahiers s’animent, les plumes s’envolent, les formules se transforment… Connus pour leur travail exigeant sur la mise en lumière du patrimoine, les artistes de Spectaculaires déploient à Trévarez un scénario, mêlant installations lumineuses, projections monumentales, ambiances sonores et compositions graphiques. Le château devient une matière à modeler où l’enfance est convoquée comme un territoire plastique à part entière et le visiteur est invité à retrouver un regard libre, curieux et joueur. Une expérience à vivre en famille ou entre amis. Et n’oubliez pas d’adopter une luciole !
Infos pratiques> Noël à Trévarez – Sages comme des images, Domaine de Trévarez, Saint-Goazec (Finistère). Jusqu’au 11 janvier 2026. Tous les jours de 15h à 20h30 (fermeture à 19h les 24 et 31 décembre). Tarifs : gratuit pour les moins de 7 ans /10 € plein tarif. Réservation obligatoire.

Objectif Lune : créer la tête dans les étoiles
Pendant les vacances de Noël, La Petite Académie (installée dans une vingtaine de villes en France et en Suisse) propose aux enfants à partir de 4 ans une série de stages artistiques placés sous le signe de l’imaginaire et de la création plastique. Intitulé Objectif Lune – Un Noël dans les étoiles, le programme se déploie du lundi 22 décembre 2025 au vendredi 2 janvier 2026, autour de pratiques mêlant peinture et sculpture, sur des formats à la demi-journée, à la journée ou à la semaine. Certaines séances s’appuient sur des références artistiques clairement identifiées comme Henri Matisse, Gustav Klimt, Joan Miró ou Jean-Michel Folon, d’autres sont menées à partir de la pratique de l’animateur de l’atelier, tous invitent les jeunes à explorer formes, couleurs et récits visuels liés au ciel et à l’espace. Des cours pour adultes sont également dispensés.
Infos pratiques> Objectif Lune, un Noël dans les étoiles, La Petite Académie. Programme et tarifs, ville par ville, sur le site.

Au Domaine de Chaumont-sur-Loire, l’art n’hiberne jamais !
S’il vous faudra attendre le printemps pour retrouver la Saison d’art et le Festival international des jardins, sachez que chaque jour, vous pouvez profiter d’une quarantaine d’œuvres pérennes installées dans le parc historique, les écuries et le château. Constituée patiemment au fil des années, cette collection exceptionnelle vaut à elle seule le déplacement. On y croise des figures majeures de l’art contemporain français et international – Miquel Barceló, Sarkis, El Anatsui, Anne et Patrick Poirier, Giuseppe Penone, pour ne citer qu’eux – dans un dialogue subtil avec l’architecture et le paysage ligérien. Sans oublier que la photographie est à l’honneur jusqu’en février avec Chaumont-Photo-sur-Loire. Si d’aventure vous étiez tentés, n’hésitez pas à venir d’ici au 11 janvier pour profiter également de Noël au château-Rêves d’antan, une visite immersive à la découverte de l’esprit de fête de la princesse et du prince de Broglie. Petit conseil : choisissez bien votre jour de visite… car jusqu’en avril, Les jeudis et vendredis du Grand Chaume vous proposent de terminer en beauté votre journée avec un menu bistronomique délicieux imaginé par le chef Victor Villatte (trois plats, 35 €, hors boissons). Les papilles délicates seront enchantées par tant de saveurs et d’originalité. Quant à moi, je vous donne rendez-vous en avril pour les premières Conversations sous l’arbre de 2026 avec un irrésistible thème : La prodigieuse énergie de la nature. En attendant, venez magnifier votre fin d’année en découvrant le Domaine dans ses habits de fête ! M.-L.D.
Infos pratiques> Le Domaine de Chaumont-sur-Loire est ouvert 363 jours par an. Fermeture les 25 décembre et 1er janvier.

Les cadeaux à s’offrir des marmottes

Pimp up your portrait ! avec les polas d’Amanda
Photographe de presse, Amanda se spécialise dans le portrait, sous la forme de documentaire poétique, sublimant l’ordinaire : des clichés des personnalités qu’elle rencontre dans les fêtes parisiennes, de ses amis, des gens, pris dans les interstices de la ville, dans l’attente, dans leur quotidien, dans la vie… Bientôt elle créé une série autour du polaroid, qu’elle rehausse de paillettes pour ouvrir un espace entre le réel et l’imaginaire : en décembre 2024, ses polaroids pailletés étaient exposés à la galerie Les « 26 Chaises « (47 rue Polonceau, Paris 18) ainsi qu’à la galerie Rachel Hardouin (15 rue Martel, à Paris) avec de grands formats tirés sur dibond, issus de son projet autour de la mémoire et des traditions, à la Réunion : ses clichés du Moringue, l’ancien sport des esclaves longtemps interdit, convoquaient le rapport à la mémoire et la transmission culturelle de l’île. Une autre de ses séries, plus intime intitulée Room 564 présentée à la galerie La Lison (5, rue Pierre-Chausson, à Paris) en 2024, explorait l’intimité dans une chambre d’hôtel à Montmartre – et sans doute, la solitude dissimulée derrière la porte close. Des inconnus et des amis avaient accepté de se mettre à nu devant son objectif, physiquement, mentalement. Le confinement survenu, la photographe avait choisi de prolonger sa série à distance, en « visioconférence », un nouvel espace de rencontre ? En numérique tiré sur plexiglass, ou sous la forme du polaroid, Amanda poursuit son projet à travers le monde. Jusqu’au 31 janvier 2026, vous pouvez retrouver les polaroids pailletés d’Amanda, au Pop-up store, Les Pimpantes, 11 rue du Capitaine Dreyfus à Montreuil Sous-bois. Pour prendre rendez-vous avec l’artiste, chez vous ou ailleurs en région parisienne, et vous faire tirer un portrait lifté d’or et de lumière pour les fêtes, laissez-lui un message sur son Instagram, @amandarougier_photos ; compter entre 50 et 150 euros selon la formule choisie. V. G.

Mettre le monde entre ses mains
À Besançon, dans une ancienne cité d’horlogers, la manufacture Globe Sauter & Cie redonne vie à un art presque disparu : celui de la fabrication artisanale de globes terrestres. Ici, pas de production automatisée ni d’objets standardisés, mais des sphères façonnées à la main, une à une, en plâtre, papier, aquarelle et bois du Jura. Chaque globe est unique, numéroté, accompagné de son certificat d’authenticité, et pensé pour traverser les générations. Fondée par le géographe Alain Sauter, la manufacture conçoit ses propres cartes, découpées en fuseaux puis peintes à l’aquarelle dans une danse précise à deux pinceaux. Les supports sont réalisés à l’atelier, les pigments choisis avec soin, les gestes transmis et réinventés. Du globe intime de 21 cm aux pièces plus impressionnantes de 80 cm, ces objets précieux (trois collections « Terriens », « Cosmos », « Mythiques ») ne servent pas à s’orienter, mais à rêver, se souvenir, contempler. Chaque globe Sauter est une représentation sensible du monde, un objet rare qui donne envie de voyager sans bouger, de transmettre sans discours, et sûrement de penser la planète autrement.
Infos pratiques> Globes terrestres et célestes, Globe Sauter & Cie, Besançon. Plusieurs formats et personnalisations possibles. Comptez plusieurs centaines d’euros en fonction du modèle.

Flower power Kawaii
S’il est vrai que les couleurs disparaissent peu à peu dans le monde au profit d’une palette dominées par les tons noirs-gris-blancs (urbanisme, voiture, ordinateurs, mode…), ce que le Pantone 2026 cloud dancer ne fait que confirmer, les couleurs demeurent l’antidote capable d’insuffler de la bonne humeur dans nos quotidiens. Pour lutter contre l’affadissement de nos environnements, pourquoi ne pas offrir une panoplie haute en couleur avec les accessoires high tech de Casetify signés par Takashi Murakami ? Par petites touches ou en all over, on peut désormais habiller les objets qui nous accompagnent dans les transports en commun, la voiture ou au bureau de notes joyeuses. Coques de portable, stations de recharge, fils de connexion, boîtes à AirPods, et autres goodies, sont proposés à l’effigie de la fleur multicolore iconique de l’artiste japonais par la marque lifestyle, connue pour ses matériaux de qualité et ses designs arty. Cette collaboration unique conjugue l’univers pop et joyeux de l’artiste à l’exigence de qualité de la Casetify. Une collection qui donne presque envie de courir dans les prés en chantant à tue-tête même sous la neige ! Car après, tout, l’important n’est-il pas de cultiver la fleur qui pousse dans nos cœurs ? A. B.-K.
Infos pratiques> Tout est sur le site de Casetify.

Une photographie d’auteur à glisser sous le sapin
Avec la collection Bigaignon x PODA, la galerie parisienne imagine une manière joyeuse et accessible de collectionner de la photographie d’auteur. Cinq artistes emblématiques de la galerie – Catherine Balet, Renato D’Agostin, Harold Feinstein, Ralph Gibson et Rémi Noël – voient ici leurs images déclinées dans un format intime et inédit de 9 × 12 cm, tiré en fine art sous la supervision des artistes. Chaque photographie est présentée dans un coffret blanc élégant, faisant aussi office de cadre, prêt à être posé ou accroché, subtilement parfumé de la fragrance maison de PODA. Un écrin délicat pour des images qui trouvent naturellement leur place dans le quotidien. Proposée à 59 €, cette collection s’adresse aussi bien aux amateurs éclairés qu’aux primo-collectionneurs. Une initiative réjouissante qui redéfinit le plaisir d’offrir de la photographie : précieuse sans être intimidante, sensible sans être inaccessible. Le cadeau parfait !
Infos pratiques> Collection Bigaignon x PODA, 59 €. Disponible sur bigaignon.store ou à la galerie Bigaignon, Paris.

Du 100% Pur Lio
Un dernier opus et puis s’en va ? C’est en tout cas ce que laisse entendre notre Lio (inter) nationale. De l’amour et de l’humour dans les oreilles ? Sur cet album, pour sûr, dix chansons brodées comme de la dentelle, avec une délicatesse et un savoir-faire singuliers, pour un résultat aussi joyeux que piquant, et sacrément touchant. Les morceaux nous enveloppent dans la turbulence de nos vies comme une amie qui nous prendrait par la main, nous accompagnant sur les chemins tortueux de nos destins en nous susurrant : « je te comprends, je suis avec toi » mais aussi : « allez, on va sourire ensemble et ça ira. Et puis, merde ! Faisons la fête ! » parce qu’après tout, on est là et on existe ! Cet album si personnel où l’on ressent l’âme même de l’artiste affleurer de manière paradoxalement liminale et intense s’est inventé en famille, entourée d’autrices de choix (Louane, Jennifer Ayache, Hoshi entre autres), qui ont saisi avec authenticité les différentes facettes de Lio. Libre et indépendante, l’artiste est passée par une cagnotte participative pour voir aboutir ce projet qu’elle a souhaité sans concession, affranchie des injonctions sociales. Si vous vous demandez quels sont les ingrédients de ce cocktail auditif plein de peps, sachez qu’il a dans son shaker pop, humour, amour et une intrication parfaite du paradoxe sagesse/ rébellion, quelques larmes de tristesse, mais surtout une explosion de joie de vivre. Un Ingrédient secret ? L’amour. De soi (celui qui bat dans notre pouls et dont nous avons besoin pour nous relever et avancer), et de l’autre pour qui l’on se bat. La voix que porte Lio nous rappelle que la vie est à la fois légère, fragile et belle comme des bulles de savon. Alors levez-vous et… éclatez-vous bon sang ! Dans cette tendre aventure humaine autant qu’artistique, nous souhaitons souligner l’esthétique de la pochette aux allures d’iconographie cosmique des années 80 de l’album, dans des tons à la fois profonds et acidulés, mais avec un traitement moderne art et science où la Terre est appréhendée dans son mouvement ainsi que sa forme réelle et non stylisée comme il est d’usage, traduisant une façon d’être au monde authentique tout en laissant place à la poésie et à la rêverie, avec le doux traitement du personnage de bande dessinée au premier plan, accompagné de son double papillon, qui symbolise ici la transcendance, le beau, la liberté et la délicatesse, à l’instar de l’esprit de l’album. A. B.-K.
Infos pratiques>Geoid party in the sky, Lio, sorti le vendredi 21 novembre 2025 sur les labels Wanda en Fourrure/Play Two, CD 14, 99€ et vinyle 29,99€.

Quand Skira invente l’art de Noël
Pour les fêtes, la maison Skira déploie The Art of Christmas, une proposition réjouissante qui prolonge l’univers de l’édition d’art bien au-delà du livre. Fidèle à l’esprit pionnier qui l’anime depuis 1928, Skira imagine un Noël placé sous le signe de l’art, de l’artisanat et du plaisir des beaux objets. Pensée comme un cabinet de curiosités contemporain, cette collection réunit objets du quotidien, éditions limitées d’artistes et ouvrages emblématiques. Curatée par Marie de Andreis, la ligne d’objets fait la part belle aux matières et aux savoir-faire : céramiques façonnées à la main, verre soufflé, textiles graphiques inspirés de Sottsass, bougies évoquant l’odeur des bibliothèques, savons délicatement parfumés à la fleur d’oranger. À cela s’ajoutent des éditions limitées d’artistes contemporains – Michael Kenna, Marco Glaviano, Remo Salvadori, Sandro Miller ou JonOne – où le livre devient œuvre à part entière, accompagné de tirages ou de pièces signées. Une invitation à offrir autrement : des objets pensés pour habiter le quotidien, transmettre une émotion et célébrer la fin de l’année sous le signe de la culture.
Infos pratiques> The Art of Christmas, Skira. En boutique ou sur le site.

Dj Mehdi for ever and more…
Depuis sa récompense du Prix de la meilleure série documentaire au Festival CanneSeries en 2024, l’incroyable série Dj Mehdi, Made in France, en visionnage gratuit sur Arte tv, ne cesse de marquer les esprits et de se faire remarquer par les plus grands de ce monde. Pour rappel, la série revient sur la trajectoire d’un jeune génie de la musique qui a marqué le son hip hop et electro français bien au-delà des frontières, à travers des documents d’archives et des témoignages poignants, drôles et historiques des acteurs du rap et de la French Touch qui ont évolué en toute amitié et collaboré avec lui. Cette année, le documentaire a reçu le Prix de la Flamme éternelle à titre posthume lors de la cérémonie des Flammes qui récompense la crème du rap français, et a même été nommé aux International Emmy Awards 2025 ! De ce destin incroyable pour cette œuvre authentique autant que pour la mémoire Mehdi, il est désormais possible d’emporter un souvenir avec soi dont bon nombre d’afficionados rêvait : le sweat orné du sigle emblématique en hommage à l’artiste est désormais disponible à la vente sur son site officiel. A. B.-K.
Infos pratiques> Pour commander « THE » sweat. Et voir la série.

Quand Lalique fait entrer le rose dans une autre dimension
Avec Iconics Rose Nebula, la Maison Lalique revisite ses pièces emblématiques en leur offrant une couleur inédite. Issu d’un long et délicat processus de lustrage, ce rose irréel apparaît comme par enchantement lors de la recuisson du cristal. Appliquée en touche finale par les maîtres-verriers, une brume constituée de métaux précieux confère à chaque pièce une nuance unique, vibrante et changeante selon la lumière. Vases sculpturaux et animaux iconiques semblent ainsi flotter dans un espace suspendu, entre rêve antique et vision futuriste. La collection joue avec les frontières entre réel et imaginaire, tradition artisanale et projection contemporaine, faisant du cristal non plus un simple objet décoratif, mais une véritable expérience visuelle. Un savoir-faire porté à son sommet.
Infos pratiques> Collection Iconics Rose Nebula, Lalique, disponible dans les boutiques Lalique et sur lalique.com

Dix œuvres pérennes pour une ligne invisible
Petit dernier issu de la collection « Quand l’art … », le film documentaire réalisé par Gilles Coudert met en scène les dix œuvres contemporaines pérennes qui ponctuent cette fameuse ligne invisible séparant le bassin méditerranéen du bassin atlantique. A travers les récits croisés des habitants et des visiteurs, des artistes, des scientifiques et des acteurs du projet qui nous donnent des clefs de compréhension et d’interprétation du territoire, nous suivons le parcours d’Eric, un passionné d’art et de nature, guidés par la voix off de Charles Berling. Nous comprenons alors que cette frontière géographique ne divise pas, bien au contraire, elle relie les hommes et les femmes entre eux. Elle les inclue dans le cycle de l’eau, emblématique à la fois de ce territoire et des grands enjeux mondiaux. A partir du sommet du mont Gerbier, là même où la Loire prend sa source, creusant les vallées, dessinant les pentes les routes et les sentiers, la ligne du partage des eaux, que jalonne le GR7 au sein du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche, est aujourd’hui la source d’un parcours artistique. Tout au long du chemin de grande randonnée, une dizaine d’œuvres pérennes interrogent les enjeux planétaires, elles sont l’émanation de rencontres in situ avec Gloria Friedmann, Kôichi Kurita, Olivier Leroi, Henrique Oliveira, Stéphane Thidet, Felice Varini, Eric Watt du Collectif Toplamak, avec Gilles Clément, jardinier, paysagiste, écrivain ou le designer Eric Benqué. Le film Quand l’art partage les eaux, qui vient d’être sélectionné au festival ARTECINEMA 2025, vous fera voyager dans votre salon en attendant des jours plus cléments. Disponible en DVD pour 20 euros, ou en VOD dès aujourd’hui. Le film de 52 minutes a bénéficié de la participation du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche et de la Direction régional des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes ; du soutien du Ministère de la Culture/Direction générale de la création artistique et de la participation du Centre national du cinéma et de l’image animée. V. G.

Offrir des céramiques italiennes comme des récits
Chez Garance & Marion, à Venise, on n’offre pas seulement des éditions limitées : on invite à entrer dans des histoires façonnées à la main. Parmi les artistes céramistes présentés par la galerie, le travail de Clara Holt retient particulièrement l’attention pour les fêtes. Installée à Milan, l’artiste italienne façonne bols, vases et carreaux peints en s’inspirant de la mythologie grecque, des contes populaires et des récits transmis de génération en génération. Chaque pièce devient un fragment narratif, peuplé d’animaux, de figures hybrides ou de scènes énigmatiques, gravées selon la technique du sgraffite et rehaussées d’engobes colorés. Travaillées au tour ou à la plaque, ces céramiques conjuguent usage quotidien et imaginaire. Elles portent la trace du geste, du temps long de l’atelier et d’un rapport sensible à la matière. Offrir l’une de ces pièces, c’est choisir un objet unique, à la fois fonctionnel et poétique.
Infos pratiques> Garance & Marion, Cannaregio 4590, 30121 Venise, et en ligne.

Réinventer le rituel du thé, tout simplement
Et si le cadeau idéal tenait dans un geste réinventé ? Imaginé dans le Gard par un artisan d’art passionné de céramique et d’infusions, SubTea’l propose une nouvelle manière de préparer et de savourer le thé. À la fois élégant, ingénieux et durable, cet infuseur made in France permet de déclencher ou d’arrêter l’infusion à tout moment, d’égoutter le sachet sans se brûler les doigts et de le conserver. Pensé pour sublimer le rituel autant que pour limiter les déchets, SubTea’l se décline en deux versions : Signature, pièce façonnée à la main en céramique et verre soufflé ; et Pop, plus accessible, en polymère biosourcé et verre. À cela s’ajoute un sachet réutilisable en coton, conçu pour stopper réellement l’infusion et révéler toute la subtilité des thés et plantes, sans amertume inutile. Un bel objet, certes, mais surtout une invention low-tech qui redonne du sens à un moment simple, lent et partagé. À glisser sous le sapin pour les amateurs de thé, de design et de fabrication responsable.
Infos pratiques> Infuseurs SubTea’l (différentes couleurs), Signature à 119,99 € et Pop à 49,99 €.

S’habiller en ABK
Un sweat peut-il être unique ? Avec ABK, la réponse est clairement oui. Peint à la main, chaque modèle accueille l’iconique Sacré Cœur coulant de l’artiste : une forme crémeuse, presque gourmande, qui semble fondre lentement sous nos yeux. Ultra coloré, légèrement irrévérencieux, le motif mêle symbole et énergie de l’art urbain. Ici, aucune reproduction industrielle : chaque pièce est marquée par le geste. Le sweat devient support, la peinture s’émancipe du mur, et l’objet du quotidien bascule du côté de la collection. On a pu croiser ABK pinceau à la main place du Tertre, dans la continuité assumée d’une tradition picturale montmartroise. Offrir (ou s’offrir) l’un de ces sweats, c’est décider de ne pas choisir entre art et vêtement !
Infos pratiques> Sweat peint à la main par ABK. Tarif de la peinture : 120 € (sweat à choisir librement par le collectionneur). Joindre l’artiste : Abkmontmartre@gmail.com

Les cadeaux à lire des marmottes

Lire le vivant depuis les étoiles
Avec Primat sidera, Vincent Fournier prolonge son exploration singulière du vivant en imaginant un herbier venu d’ailleurs. Conçu au Domaine des Étangs, ce livre imagine l’évolution possible de la flore locale sur une exoplanète fictive, née d’un fragment de Terre projeté dans l’espace il y a des millions d’années. Entre rigueur scientifique et poésie visuelle, l’artiste invente des plantes soumises à des forces cosmiques inédites : vents stellaires, champs magnétiques, variations gravitationnelles ou pulsations lumineuses. Chaque planche, d’une précision troublante, emprunte aux codes de l’herbier classique tout en les déplaçant vers la fiction spéculative. Pivoines stellaires, iris errants, pavots magnétiques ou roses d’antimatière deviennent les témoins d’une autre histoire du vivant. Accompagné par les scientifiques Marc Jeanson et Jean-Sébastien Steyer, Vincent Fournier construit ainsi un monde crédible et fascinant, où l’imaginaire sert à mieux penser notre propre planète. Un livre somptueux, à feuilleter comme une fable botanique et cosmique, idéal pour rêver autrement la nature à l’heure des fêtes.
Infos pratiques> Primat sidera [Astrobotanical Herbarium], Vincent Fournier. Textes de Garance Primat, Marc Jeanson et Jean-Sébastien Steyer. Filigranes Éditions, 2025, 56 pages, 30,00 €.

L’énigme du sourire autour du globe
« Pourquoi le sourire est-il si rare dans l’art ?, s’est demandé la critique d’art Alexia Guggémos. Parce qu’il est une fugue, un battement d’ailes entre la certitude et l’invisible. Il échappe au fixe ; ni pur bonheur ni simple apparence, il lutte entre l’instant et l’éternité. L’art, lui, cherche à suspendre le temps […] » Il y a trente ans, Alexia Guggémos avait créé le musée du sourire dans le 17e arrondissement de Paris. Aujourd’hui 100 % virtuel, cet espace d’histoire insolite a dû récemment fermer ; qu’à cela ne tienne, l’autrice et collectionneuse passionnée, formée à l’École du Louvre, spécialiste (entre autres) des zygomatiques et de leur symbolique, nous a concocté un livre truculent sur le sujet, dans lequel elle explore les formes, les interdits et les signes du sourire à travers les âges et le globe. En compagnie d’artistes rencontrés dans leurs ateliers, l’ouvrage nous conduit de la grotte Chauvet, introduite par Miquel Barceló, aux pixels d’Invader à Montreuil, en passant par Angkor ou Marseille, jusqu’à l’atelier d’ORLAN et le musée archéologique du Caire où nous sont dévoilés les arcanes du règne d’Hatchepsout. Chaque halte de cet énigmatique et joyeux périple nous révèle le secret d’une expression porteuse d’une mémoire. Non seulement l’autrice nous offre ici un récit à la plume aussi enjouée que la critique d’art en est subtile, mais elle nous dote d’un désir immense : nous amarrer à ce fil d’Ariane. « Le sourire hésite entre la lumière et le silence, écrit-elle. Il s’esquisse sur les lèvres, effleure les joues, illumine les yeux… et s’évanouit dans une ombre. Sa puissance réside dans l’inachevé. C’est là, son secret ! » V. G.
Infos pratiques> Rares sourires. Enquête dans les musées du monde, Alexia Guggémos, EdiLivre, 118 pages, 12,50 €.

Déconnecter et appuyer sur pause au coin du feu
Par une approche de slow looking, Olivia Meehan nous invite à prendre le temps de contempler, et surtout, la nature en feuilletant de belles pages consacrées à l’art où l’iconographie soignée est très bien servie par un grand format, plongeant le contemplateur au cœur du sujet observé. Dans cet ouvrage généreux regroupant plusieurs centaines d’œuvres, l’historienne de l’art qui enseigne à Cambridge et au sein d’universités australiennes, prend soin de former un corpus d’œuvres avec une ouverture d’esprit toute contemporaine, incluant des œuvres modernes et anciennes, connues et moins connues, ainsi que des prismes longtemps négligés, voire bafoués, comme celui des femmes et des artistes non occidentaux. L’ouvrage s’articule autour de trois thématiques basiques : la terre, l’eau et le ciel. Peintures, dessins, photographies, œuvres sculptées et objets, invitent à une méditation sur la beauté, accompagnée de quelques textes poétiques d’auteurs partageant leurs émotions artistiques avec nous. A. B.-K.
Infos pratiques> Contemplations, Quand la nature inspire l’art, Olivia Meehan, Maison d’édition E/P/A, 320 pages, 40€.

Quand tonton est un artiste facétieux et sans complaisance
Avec J. voit double, Alexandre Gérard nous offre la possibilité de vivre un moment de pur bonheur : retrouver à travers les pages d’un essai ce cher et facétieux Jean Dupuy. Son tonton… Artiste atypique à l’élégance décontractée, Jean, de son nom anagrammé Ypudu, promenait du haut de sa silhouette fluide son regard sur le monde avec une vivacité inaltérable et une intelligence aigüe, où l’humour le disputait à la curiosité. Alexandre Gérard raconte dans ce récit drôle et émouvant sa rencontre avec cet aïeul hors norme puis la découverte, d’abord déconcertante mais vite réjouissante, d’une production artistique touche à tout. Dans cette approche progressive, l’auteur nous donne des pistes pour apprivoiser et embrasser d’une autre manière l’œuvre de ce charmant iconoclaste, qui redoutait la lourdeur et dont la pratique procédait d’un sens aigu de la dérision mêlé de sensibilité et de délicatesse. D’une page à l’autre nous revient cette figure à facettes de Fluxus, inventeur de machines improbables qui, pour se prémunir de l’enfermement intellectuel, se jouait de tout – et de nous – avec brio. Un livre qui nous rappelle que Tonton Jean savait donner dans la légèreté avec subtilité et, entre pudeur et crudité, réalisait des prouesses intellectuelles dénuées de toute pesanteur. Des performances newyorkaises aux anagrammes écrites dans son nid d’aigle de la vallée de l’Esteron, Jean Dupuy fait donc son come-back sous la plume d’Alexandre Gérard. Avec des rappels jubilatoires. Et une mise au point précieuse : toute hilarante qu’elle fut, sa démarche n’était pas départie de gravité. Car Jean était épris d’intégrité et refusait toute complaisance. Au point de n’avoir pas hésité en sa jeunesse à jeter dans la Seine dix années de sa production d’abstraction lyrique et de peinture gestuelle. Ou à déclencher un scandale au Louvre pour revivifier la réalité institutionnelle. « A la bonne heure ! », aurait dit l’artiste en lisant J voit double. Et oui, que du bonheur, à déguster avec gourmandise ! C. M.
Infos pratiques> J. voit double, Alexandre Gérard, Editions Naima, 120 pages, 19 €.

Au-delà des mythes de l’IA
Quels sont les effets des IA génératives sur nos sociétés, nos institutions et nos pratiques culturelles ? Trois philosophes, Anne Alombert, Alban Leveau-Vallier et Baptiste Loreaux proposent une réflexion critique sur l’IA par une approche transdisciplinaire, au travers d’une sélection de vingt textes abordant le sujet en fonction de la spécialité de chaque auteur(e). À rebours de la fascination naïve comme du rejet simpliste, l’ouvrage interroge les présupposés théoriques des technosciences numériques et les effets des IA génératives sur les sociétés, les institutions et les pratiques culturelles. En croisant de nombreuses disciplines, il éclaire les transformations technologiques et les enjeux anthropologiques en cours, tout en nous amenant à requestionner profondément ce qui constitue notre humanité. A. B.-K.
Infos pratiques> Penser l’intelligence artificielle, Enjeux philosophiques, politiques et culturels de l’automatisation numérique, Les presses du réel, coll. ArTeC, 2026, 304 pages, 18 €.

Rester les yeux ouverts avec RSF et Cartooning for Peace
Dans une époque marquée par l’incertitude et l’inquiétude suscitées par les crises internationales, les menaces sur les démocraties et l’urgence climatique, deux ouvrages récents offrent des pistes pour mieux appréhender ces bouleversements et, pourquoi pas, échanger en famille à l’occasion des fêtes. Le dernier opus de la série 100 dessins pour la liberté de la presse, éditée par Reporters Sans Frontières, met à l’honneur l’approche onirique et engagée des films d’animation du studio Ghibli, qui célèbre comme l’ONG ses 40 ans cette année. L’occasion de (re)plonger dans l’univers foisonnant des créateurs japonais Hayao Miyazaki, Isao Takahata et Toshio Suzuki à travers les images de Mon voisin Totoro, du Tombeau des lucioles, du Château dans le ciel, de Princesse Mononoké, ou encore du Voyage de Chihiro, et la façon tant éloignée de nos habitudes occidentales – et pourtant si pertinente – qu’ont leurs personnages de faire face au chaos et aux injustices du monde.

Imaginé par le réseau international de dessinateurs de presse Cartooning for Peace et la commissaire d’exposition Emmanuelle Hascoët, soutenu par Amnesty International, l’album La bascule du monde rassemble quant à lui une soixantaine de duos photographies-dessins ayant trait à autant de sujets d’actualité. « Dans un monde saturé d’images, où l’intelligence artificielle fait vaciller la perception du réel, où les photographies sont vues sans être suffisamment regardées, où les dessins circulent sans être forcément compris, l’image peut devenir un puissant outil de manipulation », rappellent Cartooning for Peace et Emmanuelle Hascoët dans la préface de l’ouvrage qu’ils ont notamment conçu comme un outil porteur de « clés de lecture visuelle ». Dans un entretien croisé, le dessinateur Kak souligne aussi combien son « rôle n’est pas de donner des réponses, mais de poser les bonnes questions », tandis que le photojournaliste Guillaume Herbaut rappelle que si « une image forte peut changer une perception, c’est au public d’agir ». A bon entendeur. S. D.
Infos pratiques > 100 dessins pour la liberté de la presse – Studio Ghibli, édité par RSF, 160 pages, 12,50 €. La Bascule du monde-Regards croisés de photographes et dessinateurs de presse, éditions de La Martinière, 144 pages, 24,90 €.

Monet à travers les yeux de Michel Paysant
Avec Voir Monet, Michel Paysant propose bien plus qu’un catalogue d’exposition : un véritable objet de pensée, au croisement de l’art, des sciences et de l’histoire du regard. Depuis plus de trente ans, l’artiste développe une pratique singulière fondée sur l’oculométrie, enregistrant les mouvements de ses yeux grâce à un eye-tracker pour produire des dessins où l’outil n’est plus la main, mais le regard lui-même. Ce projet, intitulé DALY (Dessiner avec les yeux), trouve ici l’un de ses aboutissements les plus saisissants. En 2022, Paysant se confronte aux Nymphéas de Claude Monet, œuvres sans centre ni hiérarchie, souvent considérées comme l’acte de naissance d’une peinture all over. Le défi est paradoxal : comment dessiner ce qui se dérobe à toute focalisation ? À partir du mouvement de ses yeux, l’artiste restitue son cinéma intérieur, transformé en dessins où les points de fixation du regard deviennent rythme, lumière et musique. Le catalogue donne à saisir l’expérience à partir de nombreux dessins extraits de L’herbier digital de Giverny et une installation, Luminaria, reflet lumineux et musical des Nymphéas, enrichis de conversations menées avec Anne Sauvageot,professeure émérite en sociologie et chercheure à l’Université Jean-Jaurès-Toulouse-II, dans l’atelier de l’artiste, qui en éclairent les enjeux esthétiques, cognitifs et poétiques. Un livre rare, à la fois rigoureux et sensible, qui invite à regarder autrement et à accepter de se laisser dérouter.
Infos pratiques> Voir Monet, catalogue de l’exposition de Michel Paysant, jusqu’au 26 janvier 2026 au Musée de l’Orangerie, à Paris.

Mutations et perspectives à l’âge de l’IA
Sous la direction de Jean-Louis Giavitto et Pierre Saint-Germier, l’ouvrage s’interroge sur les pratiques artistiques en lien avec l’intelligence artificielle. Par cette collaboration quadripartite entre le Centre Pompidou, l’IRCAM, le Musée national d’art moderne et le CNRS, historiens de l’art, commissaires d’exposition, artistes et chercheurs s’efforcent à nommer les nouveaux territoires créatifs dans les domaines de la musique, du cinéma, de l’art ou de la littérature. Conçu pour rendre accessible une réalité technologique complexe, il propose une analyse fondée sur des études de cas et des œuvres emblématiques. En inscrivant ces pratiques dans une histoire longue des relations entre art et technologie, l’ouvrage éclaire les mutations actuelles tout en ouvrant des perspectives sur les formes artistiques à venir. A. B.-K.
Infos pratiques> L’art au temps de l’IA, IRCAM, Centre Pompidou, juin 2025, 24€.

A tous ceux qui nous lisent
La période des fêtes est souvent un temps qui nous permet de ralentir, de lire avec plus de conviction que d’ordinaire. Alors, soyez curieux et retournez sur les sites des partenaires au long cours d’ArtsHebdoMédias : Corridor Éléphant, TK-21 et Plastir. Toute l’année, nous partageons nos articles pour enrichir nos propositions éditoriales et offrir de nouveaux horizons à nos lecteurs, convaincus que la pluralité des regards est un atout extraordinaire. Ouvrir, explorer, combattre l’habitude… toujours. Alors, lire, c’est déjà nous soutenir (nous, les médias indépendants, qui tenons à diffuser sans contrepartie nos contenus au plus grand nombre). Votre soutien peut également s’exprimer en achetant des livres ou en donnant aux associations qui portent les uns et les autres. J’en appelle donc à votre esprit de Noël : cliquez et soutenez ! Corridor Éléphant | TK-21 | Plastir. M.-L. D.
Les cadeaux à voir des marmottes

La magie de Miyazaki par l’enchantement du tissage
Au détour d’un couloir du bâtiment moderne du Conservatoire de Bordeaux Jacques Thibaud, le visiteur a la surprise de découvrir une majestueuse tapisserie d’Aubusson de 3 m x 5,6 m, figurant une scène du film Le château ambulant d’Hayao Miyasaki. La peur de Hauru montre le héros épuisé alors qu’il confie à Sophie son refus de combattre dans la guerre engagée par le roi. Au centre de l’image foisonnant d’éléments scintillant sur fond sombre, il est allongé tout à plat, en plages claires face au petit profil arrondi de Sophie. Ce qui est surprenant pour le visiteur n’est pas tant la composition de l’image, le lieu de son accrochage, sa taille, ou encore sa matérialité, mais le fait que cette image soit une lourde tapisserie, produite par la Cité Internationale de la Tapisserie d’Aubusson en partenariat avec le Studio Ghibli, quatrième d’une série de six. Et que la magie opère. Qu’est-ce qui circule, de l’image animée du maître japonais, gratifié de l’Oscar d’honneur en 2012 pour son influence sur l’animation et sur le cinéma, jusqu’à cette image tissée monumentale dont le savoir-faire est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO ? Si la grande plasticité dans la transformation des êtres ou le rythme de l’animation ne peuvent être réitérés dans l’image fixe, on y retrouve pourtant le surgissement de la vie en éclats comme autant de bijoux précieux ou de signes inquiétants surgis de l’ombre, pris en charge par le choix délicat des couleurs et l’épaisseur des fils tramés – par l’enchantement du tissage. C. C.

Cent ans d’audace pour la galerie Jeanne Bucher Jaeger
Comment célébrer cent ans d’histoire ? La galerie Jeanne Bucher Jaeger répond avec brio à cette question et propose Avènement, une exposition au titre-programme qui dit tout : faire apparaître, faire surgir, accueillir ce qui vient. Depuis 1925, l’institution parisienne a accompagné des artistes qui, chacun à leur manière, ont ouvert des voies nouvelles – Kandinsky, Klee, Léger, Giacometti ou Herbin. Les réunir aujourd’hui donne la mesure de la puissance visionnaire de cette aventure centenaire. Mais l’essentiel est ailleurs, dans la continuité. Aux côtés de ces figures tutélaires, les artistes d’aujourd’hui prolongent l’élan fondateur en inventant d’autres formes d’avènement : les pliages scripturés d’Hanns Schimansky où lignes et aplats dialoguent ; les peintures-partitions de Félix Rozen, où les couleurs se métamorphosent en rythmes ; les équilibres géométriques de Paul Wallach, en quasi apesanteur ; l’obscure clarté de Matière-Lumière d’Evi Keller, le trait comme rituel du dessin de Rui Moreira ou encore l’apparition de l’hypnotique Elina de Guillaume Barth. Tous travaillent à ce moment fragile où quelque chose se manifeste. Avènement raconte moins ce qui a été que ce qui continue : une façon de croire en l’art comme puissance d’engendrement.
Infos pratiques> Avènement, jusqu’au 10 janvier à la Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Espace Marais, Paris.

Quand le patriarcat en prend pour son grade
Au LAAC de Dunkerque, La Marrade explore une facette trop méconnue de l’art contemporain : celle où l’humour n’est pas un divertissement mais une prise de position critique et joyeuse. Rassemblant près de 200 œuvres, objets et archives de la deuxième vague féministe (1960-1970) à aujourd’hui, l’exposition montre comment dessin, collage, vidéo, performance, installation et slogans ont servi à détourner les clichés, retourner les injonctions et faire vaciller les normes sexistes. Ici, la satire frontale, l’absurde assumé et l’ironie grinçante confrontent les stéréotypes avec malice, libérant l’art de la gravité attendue. S’y découvrent les ustensiles fatals de Martha Rosler, le très fameux Baiser de l’artiste d’ORLAN, la Femme panthère réactivée de Dorothée Selz, l’appétit de Natalia LL pour les bananes…, autant d’œuvres qui font éclater le cadre, mêlent humour et militantisme. Sans oublier des performances qui célèbrent l’autodérision comme acte de résistance. La Marrade est une parade jubilatoire où le rire – politique, incisif, collectif – devient une énergie créatrice irrésistible.
Infos pratiques> La Marrade, jusqu’au 8 mars 2026 au LAAC – Lieu d’Art et Action Contemporaine, Dunkerque. Exposition d’intérêt national, commissariat Camille Paulhan.

L’art contemporain embrasse le sacré à Liège
Événement rare : le Trésor de la Cathédrale de Liège, en Belgique, s’ouvre pour la première fois à l’art contemporain. Avec Nous tournoyons dans la nuit et nous voilà consumés par le feu, Espace 251 Nord orchestre un dialogue inédit entre des objets et œuvres d’art religieux et plus de 130 créations contemporaines. Sur 1 500 m², peintures, photographies, vidéos et installations de 78 artistes belges et internationaux entrent en dialogue avec le buste-reliquaire de saint Lambert, les Ivoires des Trois Résurrections, la Vierge dite des Avocats et autres trésors liturgiques, dans un jeu de correspondances sensibles et parfois troublantes. Ainsi les œuvres de Pascal Convert, Ann Veronica Janssens, Lionel Estève, Sophie Muller ou Andres Serrano interrogent la persistance du sacré, la mémoire, la lumière et la disparition. Une traversée puissante, à la croisée du patrimoine et de la création d’aujourd’hui, qui transforme le musée en un écrin vibrant où le passé se redécouvre dans le présent.
Infos pratiques> Nous tournoyons dans la nuit et nous voilà consumés par le feu, jusqu’au 29 mars 2026, Trésor de la Cathédrale de Liège, Belgique.

Aux sources du manga, un voyage inattendu au musée Guimet
Cet hiver, le musée Guimet convie les visiteurs à un voyage irrésistible au cœur de la culture japonaise du manga. Manga, tout un art ! est une exposition foisonnante qui replace la bande dessinée japonaise dans la longue histoire visuelle dont elle est l’héritière. Sur trois galeries, le parcours dévoile la naissance du manga moderne, depuis la presse satirique du XIXᵉ siècle jusqu’aux expérimentations graphiques d’Osamu Tezuka, puis plonge dans la contre-culture, les revues indépendantes, les nouvelles narrations et les icônes de la pop culture nippone. Les sauts entre les époques et les genres sont savoureux : rouleaux peints, estampes et livres illustrés du XVIIIᵉ et XIXᵉ siècle révèlent les filiations inattendues des personnages familiers des mangas, du souffle épique aux scènes les plus cocasses – flatuosités explosives comprises ! Une salle entière rend hommage à la mythique vague d’Hokusai et à ses reprises dans l’imaginaire contemporain, avant que des robes de haute couture inspirées du manga ne ferment la marche. Une exposition généreuse, joyeuse et érudite, qui montre combien cet art est un territoire d’invention sans limites.
Infos pratiques> Manga, tout un art !, jusqu’au 9 mars 2026, au Musée national des arts asiatiques-Guimet, Paris.

Quand l’esprit de Noël s’empare autrement des vitrines
Qu’y a-t-il de plus triste qu’une vitrine « passée au blanc » dans les rues ? Partout en France, des magasins aveugles disent la tristesse de tous face à l’abandon des centres-villes. Et si, en attendant le retour d’un commerce, l’art prenait le relais ? Il y aurait alors, à la place du traditionnel panneau « à louer », des espaces accueillant la création contemporaine ! Portée par le sculpteur Philippe Lonzi, l’initiative Artistes en Vitrine transforme les vitrines vacantes en lieux d’exposition offerts au regard de tous. Peintures, sculptures, photos, installations… forment un véritable parcours artistique dans la ville, tissant un lien inédit entre propriétaires, artistes et habitants. Soutenue par la ministre de la Culture, certaines mairies et chambres de commerce, la proposition illumine les lieux qui y adhèrent et surprend tout le monde, redonnant aux rues une chaleur bienvenue en cette fin d’année. Une idée simple et un geste gratuit pour réenchanter le quotidien.
Infos pratiques> Page Facebook Artistes en Vitrine

Le message de paix de John Lennon et Yoko Ono sur YouTube
War Is Over, le message emblématique de John Lennon & Yoko Ono se fait conte universel, visuel et sans paroles. Réalisé par Dave Mullins, coécrit avec Sean Ono Lennon et produit par le studio ElectroLeague, ce court métrage d’animation de 11 minutes transpose l’utopie pacifiste de la chanson Happy Xmas (War Is Over) dans un univers fictif inspiré de la Première Guerre mondiale. Deux soldats ennemis jouent aux échecs grâce à l’intercession d’un pigeon voyageur… Sorti en 2023, le film, qui a remporté l’an dernier l’Oscar du meilleur court métrage d’animation, est désormais accessible gratuitement sur YouTube. « Pouvoir partager ce film librement avec un public mondial est très important pour moi », a déclaré Sean Ono Lennon. « Mes parents ont toujours cru que l’art, même dans sa forme la plus simple, pouvait contribuer à changer le monde et nous pousser vers l’amour et la compassion. Le message de paix au cœur de ce film semble plus vital que jamais. » Merci de faire circuler ce message de manière effrénée autour de vous et joyeuses fêtes de fin d’année. M-L.D.

Joyeuses fêtes de fin d’année !

Image d’ouverture> ©Nano Banana/PM/AHM

