Les wonderful héroïnes de Virginie Rochetti

 

A La porte rouge,

à Fécamp dans un nouveau lieu  d’art proposé par Véronique Bayle – entre la galerie et l’atelier ouvert à tous les publics dans une proximité conviviale revendiquée –  mais aussi à Montreuil au Mange disc, Virginie Rochetti expose ses wonderful héroïnesScénographe professionnelle rompue à l’art vidéo qu’elle manie dans des performances en temps réel à partir de jeux d’ombres, de dessins liquides et de bouts de ficelles sur des musiques concrètes portées par un vent d’Est, Virginie Rochetti n’a jamais cessé de développer en parallèle une œuvre plasticienne faite de dessins et de petits objets – badges, sacs, tabliers, passementeries – réalisés à partir de techniques mixtes d’images photographiques, imprimées retravaillées ou empruntant aux traditions textiles ses écussons, comme le fil rouge d’une pensée résistante animée par l’histoire des luttes.

Au Mange disc, bar restaurant iconique Montreuil, depuis le 18 novembre avec un ami  artiste, Alain Tripon, sous son nom de brodeuse,  la Rockette, Virginie Rochetti expose une toute nouvelle série d’écussons en hommage aux figures tutélaires du féminisme ou d’un éveil écologico-queer : s’y côtoient tels des portraits de famille au mur, Donna Haraway et Lucienne… Mais qui donc est cette Lucienne qui fume le cigare  ?  « Lucienne travaillait au théâtre du Jeu de Paume à Aix en Provence, avec son mari Pierre, ils étaient gardiens, habitaient sur place. Elle accueillait les artistes, s’occupait des costumes, vendait les places, s’occupait du personnel de salle etc., Jusqu’à 72 ans. Retraitée, elle a voyagé en Chine, au Brésil, en Russie – en voyages organisés dans le monde entier. C’était ma grand-mère adorée, répond l’artiste, elle est morte à l’âge de 99 ans juste avant le covid. »

Ce qui ressort de l’œuvre de Virginie Rochetti c’est la récurrence d’un univers sensible, onirique et auréolé de mystère que convoque celui des contes :  de la même façon que ses broderies renvoient à l’enfance, son Vjing rappelle celui des premières fantasmagories. Malgré sa frimousse radieuse et son accueil bon enfant Virginie n’est pas une petite fille sage, elle a hérité du conte son côté sauvage. A la Porte Rouge on pourra notamment y découvrir un tablier brodé de tout un tas de noms d’oiseaux – la silhouette d’un pigeon en guise de cible au milieu de la poitrine – des insultes plus ou moins sales, désuètes ou totalement inaudibles qu’encaissent les femmes dans leur quotidien –  et comme le souligne l’artiste « celles-ci sont mes bad héroïnes- et il y en a de vraiment méchantes », mais il y a bien d’autres créations encore à découvrir.

 Informations complémentaires : La Porte Rouge, 16 rue Gustave Nicole, 76400 Fécamp. Les 26,27,28 novembre et les 3,4,5 décembre 2021 de de 16h à 20h.  Le mange disc, 50 rue de Romainville, Montreuil 93100. De 9 h 15 à 15 h de 17 h à minuit.

visuel © Lucienne au cigare de Virginie Rochetti 2021