Cartes blanches enflammées au Bastille Design Center ! 

Small Burns on Fire (Repentance) 2020 – Tirage photographique. 
Dépouille (High Hopes) 2020 – T-shirt imprimé brulé, cintre métal.

Maison Contemporain Art Faire #01, sans [e] à contemporain comme si la maisonnée était avant tout masculine ? (Pas sûr !)  tandis que la foire prendrait tout son sens dans le [Faire] ! Si ce n’est la première fois que l’art s’invite sous la voûte Eiffel de l’ancienne quincaillerie, du canal Saint-Martin – du 22 au 24 mai dernier y étaient notamment présentés 20  « Statements d’artistes » franciliens –,  le salon de vente qui se tiendra sur rendez-vous, les 12, 13 et 14 juin de 11h à 20h, est une première, sous la forme de cartes blanches données à plus de 50 artistes plasticiens animés par le dessin, la céramique, la peinture ou l’installation. L’un d’entre eux, Vincent Mesaros, dont on connaît la sensibilité des crayonnés, a choisi (partageant ses cartes avec dix autres artistes) de jouer avec le feu dans une série photographique Small Burns on Fire qui s’appuie sur la succession de trois œuvres d’artistes : Various Small Fires un recueil de photographies édité par Ed Ruscha en 1964 que Bruce Nauman brûla page à page en 1969 pour réaliser une affiche intitulée Burning Small Fires tandis que Jonathan Monk en perpétue le geste dans une vidéo Small Fires Burning (after Ed Ruscha after Bruce Nauman after) en 2002.  « Je poursuis ce rite du feu comme pratique divinatoire et de perpétuation, au travers d’objets, invitant à penser le sort, la conjuration, la réminiscence », explique Vincent Mesaros.
Une autre série de cinq t-shirts imprimés High Hopes et brûlés, dont il  présente un exemplaire au salon, fait référence à l’événement d’Amityville de 1974 à Long Island (États-Unis), théâtre d’un sextuple meurtre perpétré par Ronald DeFeo Junior (23 ans). « En 1977,  Jay Anson s’emparait du fait divers pour écrire « The Amityville Horror – A True Story  » que Stuart Rosenberg adaptera au cinéma deux ans plus tard, rappelle l’artiste-commissaire qui proposait en 2014, une exposition éponyme sur la reprise : « High Hopes, le lieu des hypothèses ». « High Hopes, était inscrit sur une pancarte dans le jardin, donnant son nom à la maison où furent commis les meurtres, et devint ainsi le titre générique d’un exercice de perpétuation, générant pas moins de dix adaptations cinématographiques, souligne-t-il.  Dépouille, le t-shirt sur cintre à l’effigie de « High Hopes »que je propose au salon est une invitation à la conjuration ; il  laisse certes en suspens, la question du corps absent et s’impose avant tout comme une mue, une peau dont on s’est défait avec violence . Je pourrais dire que mon  travail se situe au croisement de la perte et du devenir, une position liminale où le feu par exemple renvoie aux pratiques incantatoires et divinatoires,  mais le choix des œuvres réunies pour Maison contemporain avec celles de dix autres plasticiens, (ndlr :  Christophe FiatDjamel Kokene-DorléansPierre MolinierJean-Luc MoulèneFlorence ObrechtEric PougeauFranck RezzakCyrus William RobinGuilhem Roubichou et Céline Tuloup) est subjectif, voire gratuit, commente Mesaros. C’est un espace de liberté qui se défend de tout discours, comme un acte indispensable et salvateur, en regard du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. » 
Il ne vous reste plus qu’à « sauver » la date ! Sur Rendez-vous les 12, 13, et 14 juin de 11h à 20h, au Bastille Design Center, 74, boulevard Richard-Lenoir, 75011 Paris. L’ensemble des œuvre est visible en avant-première ici !