« Super/Surfaces n’a pas pour ambition d’être une exposition rendant hommage à Supports/Surfaces, groupe fondateur de l’art contemporain français apparu à la fin des années 19601, mais d’en proposer un écho. Le lapsus de l’artiste Stéphane Bordarier lors d’une table ronde organisée par l’Ecole supérieure des beaux-arts de Nîmes fin 2017 au moment de l’exposition Supports/Surfaces. Les origines, 1966-1970 (commissariat Romain Mathieu) à Carré d’art – Musée d’art contemporain de Nîmes, a été le déclencheur : Super/Surfaces au lieu de Supports/Surfaces ! Parce que peut-être révélateur, l’auditoire a beaucoup apprécié. S’agissant ici d’un paronyme, super et supports se sont confondus oralement, alors pourquoi ne pas les rapprocher, les bousculer visuellement au CACN ? A l’heure des superlatifs, les neuf super-artistes invités sont Nelson Aires, Estèla Alliaud, Jean-Adrien Arzilier, John Cornu, Laurence De Leersnyder, François-Xavier Laloi, Emmanuel Le Cerf, Guillaume Linard-Osorio et Capucine Vandebrouck. Ils ne sont pas forcément des héritiers de Supports/Surfaces, ni tous peintres, mais la surface de leur œuvre est originale, exceptionnelle de par la matière, l’utilisation de certains matériaux (sang, vin, poussière, etc.) et obtenue par des techniques particulières (imbibition, absorption, prélèvement, injection, etc.). (…) Au-delà du choix personnel de ces neuf artistes pour ce projet curatorial, prévalait l’intérêt pour la singularité de leur geste artistique ou comment la surface de leur(s) œuvre(s) respective(s) était obtenue : en effet pour Nelson Aires, il s’agit d’une imprégnation, d’une absorption de sang et pigment par du textile, suivi d’un pliage méthodique, créant in fine des effets à la fois maîtrisés et hasardeux. La méthode d’Estèla Alliaud consiste à recouvrir en un passage une surface à l’aide d’un couteau à enduire, un basique outil de bricolage. La technique de l’œuvre de Jean-Adrien Arzilier est dévoilée dans son titre Concrétion : il a intégré des bâtons de craie dans du plâtre donc emprisonné de la matière dans une autre. Quant à John Cornu, c’est par imbibition, par ingurgitation qu’il a obtenu sa série des Purple Rain. C’est par retrait de matière que Laurence De Leersnyder a obtenu ses reliefs. Chez François-Xavier Laloi, l’impact d’une arme heurtant le bois a permis d’ôter la matière. Le remplissage d’un mélange de matière sur tulle permet à Emmanuel Le Cerf de créer ce résultat unique. Guillaume Linard-Osorio injecte de la résine dans du polycarbonate et enfin pour Capucine Vandebrouck, c’est un prélèvement de matière récoltée à même le sol de son atelier. » Géraldine Dufournet, commissaire de l’exposition. Visuel : © DR / CACN.
Super/Surfaces. | Exposition collective

