« De la clarté aurorale au mystère de la nuit, de l’hiver au Printemps, de l’amour à la mort, la grande roue du temps tourne à vide, pour jouer, dans l’instant suspendu de la peinture de Simon Pasieka. Dans ses œuvres, des saisons, des actions. Des événements qui produisent en nous une sensation dont nous avons gardé le souvenir. Traces impalpables matérialisées dans le corps du tableau. Comme un reflet dans l’eau. Un sifflement d’oiseau. Un flocon de neige. Un air de musique suspendu. Bulle de savon. Arc en ciel. Eclair. Suspension, illusion, souffle, vibration, miroitement. Fugace poésie. Utopie. Espoir d’un monde possible où le jeu humain se répète sans fin. Un instant éternel capturé par la main du peintre. D’un trait aussi fugitif qu’une ombre. Il joue. Il cache. Il masque. Il maquille. Dédoublement d’un réel trop vite consumé, condamné à finir. Suspension, illusion, souffle, vibration, miroitement. Fugace poésie. Utopie. Promesse d’un temps arrêté au visage grimé de peinture. Des reflets de chair que la tyrannie du temps n’atteint pas. Fixer l’empreinte immobile d’une danse de souvenirs. Traces de doigts au carreau embué des mémoires d’hiver. Figures de l’amour qui se jouent de la mort. Leurs lampes de fêtes habitent nos grottes encéphales. Le désir traversant le grand sablier de verre. Un air de musique qui reste dans le cœur quand les cordes ont cassé. Un souffle d’or. Toujours, re-commencé. » Amélie Adamo, commissaire de l’exposition. Visuel : Einie, Simon Pasieka, 2017.
Simon Pasieka | La promesse des Saisons

