Les rennes sont à la course

Rien ne sert de galoper, il faut partir à point. Le remplissage du traîneau est manœuvre délicate car il ne doit pas déborder. Les virages sont serrés, pourtant il en faut pour tout le monde et pour tous les goûts. Disons que de notre côté, il s’agit plus d’un jeu que d’une mission à accomplir. Alors, comme à son habitude, ArtsHebdoMédias vous a concocté une sélection de choses à lire, à voir et à faire. Seul ou à plusieurs. Vous découvrirez dans notre hotte des chouchous, des partenaires, des inconnus (peut-être), une sélection totalement subjective mais dont nous espérons que vous ferez un usage sans modération. Une nouveauté toutefois : il y a à l’intérieur un cadeau que vous pourriez nous faire… Acquérir le premier numéro de la revue Smaris Elaphus que nous lançons avec Corridor Éléphant et TK21-La Revue. Inventer une presse nouvelle, faire de l’information autrement, vous proposer l’inattendu et, pour l’heure, le merveilleux ! Telle est notre ambition. Alors soyez des nôtres. Rien ne pourrait nous faire plus plaisir et à tous joyeuses fêtes !

La Fondation du Rien pour lutter contre l’absurdité du Trop

La Fondation du Rien de Nicolas Heredia propose une stimulante respiration de fin d’année. Son riche programme d’activités annulées pourrait en ravir plus d’un. Cette nouvelle forme hybride et joueuse de La Vaste Entreprise propose des événements ou ateliers auxquels chacun peut s’inscrire librement et où personne n’aura à se rendre… Comme nous, vous pourrez donc choisir, par exemple, la conférence « Histoire et fonction de l’acte conceptuel dans l’art » prévue dans votre ville et recevoir un billet à votre nom, puis le jour venu, un mail annonçant son annulation. Ensuite, il ne vous restera plus qu’à décider de faire de ce temps libéré ce qu’il vous plaira. Détournant le vocabulaire du marketing pour chatouiller un peu notre difficulté à faire face au trop-plein permanent d’injonctions diverses, La Fondation déploie une écriture de l’ordre de la « pochette surprise », sous forme de multiples outils/performances : stands promotionnels dans l’espace public, campagnes d’affichage et de tractage, courriels pour « évaluer votre expérience utilisateur » ou pour « parrainer un ami », assistance téléphonique, conférence performée par son auteur, etc. Traduite en plusieurs langues et disponible partout dans le monde sur internet, La Fondation du Rien n’ambitionne rien de moins, avec sa simple idée poétique en bandoulière, que d’atteindre le paradoxe idiot et réjouissant de parvenir à développer l’usage de ses services à l’échelle planétaire ! Mise en garde : toutes évocations à des pratiques artistiques du siècle passé ne sont pas fortuites. Conclusion : un jeu jubilatoire et pertinemment absurde.

Fondation du Rien-La Vaste Entreprise. ©Marie Clauzade

Nantes au son des cloches

Qu’est-ce alors qu’un Noël du XXIe siècle ? Comment ouvrir grand les imaginaires et créer de nouveaux rituels tout en relevant les défis du présent ? Autant de questions auxquelles la Ville de Nantes a choisi de répondre par la créativité. Le Voyage en hiver réunit ainsi, en un seul parcours, la création d’œuvres à la découverte de la ville et de son patrimoine, une programmation musicale, la gastronomie, les animations des acteurs locaux – marché traditionnel de Noël, L’Autre Marché, les rendez-vous donnés par les associations de commerçants, restaurateurs, etc. – et la programmation des sites emblématiques comme le Château des ducs de Bretagne ou Les Machines de l’île. « L’image la plus poétique de ce deuxième Voyage en Hiver sera sans doute celle des quatre cloches gravées par des artistes que l’équipe de l’Abbaye royale de Fontevraud nous a prêtées. Elles seront suspendues au raz de l’eau, dans les douves du Château, et sonneront en provoquant des ondes sous une lumière d’hiver. En traçant un parcours dans la ville comme nous le faisons pour Le Voyage à Nantes estival, nous pensons que l’éclairage des façades et les compositions sonores créées par les cloches des églises dont nous poursuivons la restauration transformeront puissamment l’ambiance de la ville », explique Jean Blaise, directeur général du Voyage à Nantes. Toute la programmation en un clic. Le Voyage en hiver, jusqu’au 7 janvier, à Nantes.

Toit de Paris : à chacun son fétiche

Offrir un morceau de Paris : telle est l’idée originale de Focus. Chaque pièce est conçue à partir d’un fragment ancien de toiture parisienne, datant de plus d’un demi-siècle. Les nuances de couleur, les textures variées et les marques du temps donnent à chaque pièce son caractère distinctif, empreint de l’atmosphère de la ville. Entièrement réalisé en France, dans une démarche écoresponsable de recyclage des matériaux usagés, chaque pièce est unique (69 euros) et personnalisable (en fonction des options le prix à l’unité peut avoisiner les 80 euros). Il suffit de choisir son arrondissement et de se laisser guider. Une belle idée.

©Toit de Paris

Corridor Éléphant au cœur de la photographie contemporaine

Depuis plus de dix ans, Corridor Eléphant montre et relaie la photographie contemporaine, « celle qui témoigne de notre présent, celle qui demeure peu exposée, malgré sa qualité, mais aussi peu ou pas éditée, et ce, quelle que soit son origine dans le monde ». Parmi la douzaine de livres publiés en 2023, trois ouvrages qui ont particulièrement retenus notre attention. Résonnances de Fanny Genoux, où partout l’être humain traverse ou se pose dans le paysage, Pomme2 de Stéphane Bougeot, qui capture les vibrations du temps, et Présences d’Adrienne Arth, qui livre son monde par bribe. Tous ses cadeaux et bien d’autres encore sont à retrouver dans la « petite librairie ». Prenez le temps d’y flâner.

Correspondance astrale : 2024 en 12 dessins

Parmi les propositions étonnantes de cette fin d’année, Correspondance Astrale est parmi les lauréates ! De jeunes plasticiens ont relevé le défi d’interpréter, en autant de cartes qu’il y a de signes astrologiques, les prédictions de l’astrologue Costanza Spina. Ainsi, si vous choisissez de commander celle qui correspond à votre signe (£6 l’unité, soit 7 euros) vous découvrirez ce que 2024 vous réserve et de façon beaucoup plus certaine l’atmosphère d’un artiste que peut-être vous ne connaissez pas. Après une édition 2023 dédiée à la scène londonienne, la nouvelle série – pensée par Elise Eury, Léa Lightowlers et Charlotte Vicari – rassemble Zoe Metra, Romain Vicari, Dahlia Nakamura, Tristan Rolland, Tyler Eash, Josep Maynou, Cécile Cornet, Roy Kohnke, Camille Pogu, Youri Johson, Antoine Carbonne, Kara Chin. Le jeu complet de 12 cartes est vendu £48 soit environ 56 euros. Cliquez pour découvrir des dessins d’avenir !

Les cartes de Correspondance astrale arriveront par courrier. ©Correspondance astrale

Les murmurations de Jean-Marc Brunet

Pénétrer dans un livre comme dans un atelier. Retrouver le geste du peintre et sa manière si singulière de dessiner la peinture. C’est à l’œil de la lire et au poète de la déclamer. Ici, des auteurs sont passés nombreux, laissant leurs mots flotter dans l’air comme les signes dans l’infini de la toile. Tous les livres de Jean-Marc Brunet sont uniques. Tantôt le peintre vient à la rencontre d’une œuvre littéraire – on se souvient de L’Or et le phénix en partage avec deux textes mémorables de Jean-Clarence Lambert –, tantôt un poète vient à la rencontre de la peinture. Ainsi en est-il de Murmuration des signes, ouvrage rétrospectif de l’œuvre picturale que Dominique Sampiero approche avec justesse. « Devant l’œuvre de Brunet, je me surprends à croire que les arbres, les oiseaux, les nuages et toute forme de vie sur terre me pensent et me parlent. Qu’une grande folie à l’œuvre dans le chaos l’ordonne, d’une façon qui peut paraître désordonnée mais dont l’architecture reste cachée. Cette peinture lève un des pans du voile de notre inconscience », comprend-il. « Mots, vision, générosité » qui font « exister la peinture » comme l’exprime avec gratitude le peintre dont la parole résonne également au fil d’un long entretien. Il est alors question de corps, de dépaysage, de respiration, d’intériorité, de l’instant, de la mort, du désir, de la vie. En un mot, de peinture. MLD Murmuration des signes-Notes d’atelier, Jean-Marc Brunet, textes de Dominique Sampiero, El Viso, 112 p., 135 illustrations, 25 €. En librairie.

Victoria Wilmotte et Matthieu Carlin réinventent la bûche de Noël

La magie de Noël lui doit beaucoup : la bûche fait partie des petites folies savoureuses de la fin de l’année. Si certains s’ingénient à reproduire le modèle préféré de leur enfance, d’autres déploient un nouvel imaginaire. Le cortège de nains et sapins piqués dans la crème au beurre s’effacent alors devant une délicate chaîne de montagnes enneigées. Dessinée par la designer Victoria Wilmotte et réalisée par le chef pâtissier de l’Hôtel de Crillon, Matthieu Carlin, cette petite merveille d’équilibre n’en oublie pas pour autant de ravir les papilles : mousse de petit suisse accompagnée d’un riz à la vanille de Tahiti posée sur une base légère de biscuit Joconde et d’un caramel onctueux le tout agrémenté d’un croustillant au riz soufflé. « Avec cette bûche, nous avions une envie commune de créer des émotions aussi bien esthétiques que gustatives »,explique le chef. La création est une édition limitée. Elle se réserve 24 h à l’avance et sera disponible du 18 décembre au 2 janvier (Paris et sa région). Prix à emporter : 118 euros (8 personnes). La bûche est à réserver en quelques clics.

Bûche dessinée par la designer Victoria Wilmotte et réalisée par le chef pâtissier de l’Hôtel de Crillon, Matthieu Carlin.

Mettre en lumière les déchets

Alors que la période des fêtes de fin d’année multiplie sans compter les artefacts, les papiers, cartons et autres emballages, nous vous proposons de découvrir une exposition à la thématique cruciale. Précieux déchets, qui se tient à la Cité des sciences et de l’industrie, invite à prendre conscience de la montagne de déchets générée par l’économie productiviste et incite à une réduction draconienne de leur quantité. Chaque année, plus de 2 milliards de tonnes de détritus sont générés dans le monde. Avec seulement 15 % de ce volume valorisé en 2021, l’humanité est submergée par les déchets : notre façon de concevoir, de produire et de consommer laissera une marque indélébile et toxique pour les générations futures. En effet, de nombreux détritus, des déchets électroniques aux emballages plastiques, empoisonnent le sol, l’eau et l’air de la planète et contribuent au changement climatique. L’exposition met en lumière une nouvelle génération de designers qui repense notre relation aux objets du quotidien. Donner une seconde vie aux déchets n’est pas incompatible avec esthétique et innovation, bien au contraire. L’exposition combat l’idée reçue selon laquelle matériaux et objets durables seraient nécessairement ringards ou laids et révèle la valeur – jusqu’alors ignorée – des déchets. A partager sans modération. Précieux déchets, jusqu’au 1er septembre 2024, à la Cité des sciences et de l’industrie, Paris.

Marseille, son club de foot, sa Bonne Mère, son Pastaga et… ses graffitis !

Cap sur le sud, où 120 artistes recensés dans un ouvrage dédié à Marseille permettent de retracer l’histoire de ces 20 dernières années de la scène graffiti dans la cité phocéenne. Tags et graffitis comptent désormais au patrimoine local à l’instar de son club de foot, de sa Bonne Mère et de son Pastaga ! Sans oublier sa musique, à laquelle l’ouvrage fait un clin d’œil à travers un titre qui n’est pas sans rappeler celui de la Fonky Family de 2009. 400 pages de couleurs et de témoignages expliquent comment l’art urbain fait la fierté de la ville, au point que le Cour Julien se hisse à la dixième place des 51 quartiers les plus cool au monde, classés par le magazine anglais Time Out. Marseille envahit, 20 ans de graffiti dans la cité phocéenne, Théo Defendi, Ed. Gallimard, 400 p., 35 €. A. B.

De Lilith à Valie Export, le sexe féminin dans l’histoire de l’art

Cachez ce sexe que je ne saurais voir est un des derniers opus des éditions Dis-voir, qui par les sens et l’esprit d’analyse prospectif – alertés par la philosophie, les arts ou la science…, nous propose des livres aux formes souvent singulières, inspirées par le croisement de regards d’auteurs, chercheurs, illustrateurs et poètes. Dans ce passionnant ouvrage de 128 pages, il s’agit plutôt d’un regard historique rétrospectif de Lilith à nos jours, posé avec humour et discernement, sur la place du sexe féminin dans l’art et les peurs qu’il engendre dans les sociétés au patriarcat déterminant. Mais c’est aussi un hymne aux artistes femmes qui se sont octroyé le droit d’exprimer leurs désirs et fantasmes sexuels, à la barbe de ceux qui les exprimaient à leur place et qui aujourd’hui encore entendent gouverner, la « main mise » dans ce champ du contrôle politique des corps. Cinq autrices* et pas des moindres ont tissé cet ouvrage réjouissant étayé par une riche iconographie empruntée aux frontons des églises, aux performances et prises de conscience des années 70, jusqu’aux expositions récentes. Artiste plasticienne, docteur en esthétique, sciences et technologie des arts, Chrystel Besse conduit actuellement une réflexion autour de l’obscène tandis que Marie-Joseph Bertini, Professeure des Universités en Sciences de l’information et de la communication, conjugue plusieurs domaines de recherche dont les usages sociaux, culturels et politiques du Genre. Autrice de nombreux articles dont « Femmes et religions » (cahier de l’ISFA), Arlette Fontan, docteure en Philosophie, enseigne à l’Institut de Science et de Théologie des religions à Toulouse. Françoise Gaillard Philosophe et maître de conférence à l’université Paris-VII est l’autrice ne serait-ce que d’une quarantaine de cahiers de médiologie parus chez Galimard. Maître de conférences à l’université Rennes 2, Elvan Zabunyan est l’autrice aux mêmes Editions Dis voir de « Black is a colour ». V. G.
Cachez ce sexe que je ne saurais voir, Arlette Fontan, Chrystel Besse, Elvan Zabunyan, Françoise Gaillard, Marie-Joseph Bertini, éditions [Dis] voir et distribué par les Presses du Réel, 128 p., 170 illustrations couleur et noir et blanc, 25 €.

S’amuser et donner un jouet au Musée du quai Branly-Jacques Chirac

Le mercredi 27 décembre, le Musée du quai Branly-Jacques Chirac organise la 17e édition de l’événement « Un Autre Noël ». Cette grande collecte de jouets solidaire au profit d’enfants en situation de précarité permet aux jeunes visiteurs du musée et à leurs proches de donner un jouet et, en échange, de partager un moment de convivialité placé sous le signe de la solidarité. Les jouets collectés seront distribués par l’association Aurore, partenaire du musée. Cette année, le thème de la couleur entraînera les visiteurs, petits et grands, dans un univers gai et ludique. Des ateliers permettront de s’initier à la danse, de découvrir les collections du musée à travers des jeux, des coloriages et des contes. Pour info, la collecte a lieu toute l’année : les visiteurs qui n’auront pas apporté de jouets le jour-même pourront participer aux activités et revenir ensuite déposer un jouet à l’accueil des groupes scolaires. Un Autre Noël, le mercredi 27 décembre, de 14 h 30 à 17 h 30, au Musée du quai Branly-Jacques Chirac, Paris.

Une pythie dans l’assiette avec WawwLaTable

Objet de l’e-mail : « WawwLaTable présente en exclusivité mondiale ses assiettes parlantes 3.0 ». Il n’en fallait pas moins pour que l’info aille directement rejoindre notre dossier « Hotte et autres histoires de rennes ». La plateforme digitale dédiée aux arts de la table – créée par Péri Cochin, productrice de télévision, et Arabelle Reille, historienne de l’art – propose d’étonner les dîners de fin d’année avec une série d’assiettes « augmentées » ! Réalisés en porcelaine de Limoges, 8 modèles arborent un décor inspiré des cartes du Tarot (80€ l’unité). Grâce à un filtre dédié sur Instagram (@WawwLaTable), ils s’animent sous les yeux amusés des invités. Tels des pythies, L’Amoureux, L’Impératrice, La Lune, Le Soleil, La Roue de Fortune, le Bateleur, Le Monde, La Tempérance délivrent leur message à propos d’amour, d’argent, de santé ou de travail. A vous de choisir.

Assiette à diner, Le Soleil, 27cm Porcelaine, lavable en machine. 80€ l’unité.

Immersion dans l’art urbain

Voisin de l’Opéra Bastille, le Grand Palais immersif ouvre grands ses portes à l’art urbain. Alors que les initiatives explorant les connexions entre l’art urbain et le numérique prennent leur essor avec la nouvelle décennie, nous avions nous-mêmes invité un certain nombre d’artistes hybridant peinture et nouvelles technologies lors du lancement de la peinture augmentée en 2019*, l’exposition Loading… plonge le public de manière spectaculaire dans l’épopée de l’art urbain 2.0 à travers une longue vidéo. La projection panoramique, principalement constituée d’archives, nous fait voyager depuis les graffitis sur les trains de New York City, jusqu’aux fresques monumentales qui ont émergé aux quatre coins du globe. L’exposition offre une expérience intrigante et fascinante qui peut nécessiter quelques éclaircissements sur son propos, mais qui n’en manque pas moins d’intérêt. Sa nature ludique ne manquera pas de captiver également les visiteurs les plus jeunes, notamment pour ses dispositifs interactifs déployés autour de diverses activités. Les visiteurs peuvent ainsi réaliser des graffitis numériques sur un mur, manier un joystick pour naviguer dans une salle d’exposition, ou encore participer à un jeu de formes avec des magnets sur un panneau géant. Mention spéciale à la participation de Kashink que nous avions invitée à une réflexion scientifique sur la peinture actuelle en 2021, pour la qualité de ses performances, et qui illustre aussi l’affiche de l’exposition. Loading… l’art urbain à l’ère numérique. A. B.
Jusqu’au 21 juillet 2024, Grand Palais immersif, 110 rue de Lyon, 75012 Paris. Lire aussi> La peinture augmentée a désormais son mouvement. Ce courant pictural fait l’objet d’une recherche scientifique.

Vue de la performance de Kashink ©Photo Alexandra Boucherifi

Une pause lecture avec TK-21 La Revue

Et si trêve des confiseurs rimait avec temps des lecteurs ? Pour tous ceux qui n’ont pas eu leur dose de lecture cette année, voici une sélection proposée par notre partenaire TK-21 La Revue. Tout d’abord, le texte d’Olga Caldas sur l’exposition Mémoires Vives (jusqu’au 16 décembre, à la IMMIX Galerie, à Paris). Il y est question du corps et de la disparition, notamment dans les camps, avec esprit et sensibilité. Ensuite, l’écriture subtilement décalée de Denis Schmite vous entraîne entre Eclairs, vacillements et perdition. Pour ceux qui aiment vivre en théorie, ne manquez pas le texte de Christian Ruby : Le rapport au néant et au vide dans l’art moderne et contemporain occidental. Et pour les voyageurs immobiles souhaitant appréhender autrement certains horizons, On va vous en mettre plein les yeux, de Francesca Dal Chele et Martial Verdier, et Israël et Palestine, Palestine et Israël, de Patrizia Di Fiore. Aucun cadeau ne dure plus longtemps qu’une bonne lecture.

Noël au LaM avec Mohamed Bourouissa et Anselm Kiefer

Quand il fait froid dehors, rien de tel qu’entrer dans un musée pour se réchauffer, profiter d’une activité et peut-être même d’un goûter ! Pendant que les grands profitent des expositions consacrées à Anselm Kiefer (La photographie au commencement, jusqu’au 3 mars) et à Mohamed Bourouissa (Attracteur étrange, jusqu’au 21 janvier), le LaM, à Villeneuve d’Ascq, propose des visites et des ateliers participatifs aux plus petits. Ainsi, le 20 décembre, la Visite des petits lutins entraînera les 2 ans en musique dans les salles consacrées à la collection de l’institution. Toute la programmation en un clic.

Aude de Kerros interroge la scène contemporaine

Qu’est-ce que l’art contemporain ? À cette vaste question, Aude de Kerros répond par une analyse minutieuse et sans concession de l’état de l’art contemporain des années soixante à nos jours. Alors que la peinture redevient à la mode avec la nouvelle décennie, et que la sculpture et la gravure existent toujours, les questions fusent.  Qui légitime l’art actuel, quels sont les écueils de l’art officiel et quelles alternatives s’offrent ? Une immersion dans l’art pictural offre ici la possibilité de mieux appréhender les stratégies qui l’entourent et de découvrir des artistes peu (ou pas) connus, car évoluant en dehors du marché conventionnel.  L’opus lève en effet le voile sur l’invisibilisation de tout un pan de l’art actuel opérant en marge des médias et des circuits de référence. Cela est grandement facilité par la révolution des technologies numériques et notamment du smartphone et des réseaux sociaux, qui favorisent une circulation plus fluide de l’art. L’occasion pour des artistes marginalisés et le public (souvent trompé ?) d’enfin se rencontrer. A. B. L’art caché enfin dévoilé : la concurrence de l’Art contemporain, Aude de Kerros, Ed. Eyrolles 280 p., 24,90€.

Mons lance son festival des lumières

En si vous achetiez des billets de train pour Mons ? La capitale culturelle de la Wallonie s’apprête à lancer : « Mons en Lumières ». Durant 8 soirées, du 25 au 28 janvier et du 1er au 4 février (de 18 h 30 à minuit), le centre historique et médiéval de la ville accueillera un parcours de 3 km parsemé de 25 installations et projections lumineuses. Une première édition, qui célébrera avec force poésie le 100e anniversaire du surréalisme. Parmi les invités : l’artiste britannique Robert Montgomery. Le programme en un clic.

Festivités pour tous à la Galerie du 19M

Pour clôturer l’exposition Carla Fernández. L’avenir fait main et à l’approche des fêtes de fin d’année, la Galerie du 19M – lieu ouvert à tous qui valorise les Métiers d’art de la mode et de la décoration – convie le public à un week-end d’activités manuelles et gustatives les 16 et 17 décembre. Au programme : ateliers, visite d’exposition, shopping de dernière minute pour Noël et expériences culinaires festives. Les visiteurs pourront prendre part à des ateliers de broderie, de composition florale et de tissage et profiter d’une pause au Café du 19M qui proposera une carte de fêtes pour l’occasion. Pour les cadeaux de dernière minute, une sélection de beaux livres pensée par la librairie 7L, ainsi que les articles du shop Carla Fernández Casa de Moda seront proposés tout le long du week-end. Si un atelier vous tente, sachez qu’il faut réserver. Galerie du 19M, 2 place Skanderbeg, 75019 Paris.

Vue de l’exposition Carla Fernández. L’avenir fait main à la Galerie du 19M. ©Elea-Jeanne Schmitter

Smaris Elaphus, le cadeau d’ArtsHebdoMédias

ArtsHebdoMédias, Corridor Éléphant et TK-21 La Revue ont décidé de sortir ensemble un nouveau média : Smaris Elaphus. Une revue à trois que vous pourrez prendre dans vos mains, dont vous pourrez toucher les pages pour de vrai et qui paraîtra une fois par an. Photographie, écriture, installation, sculpture, peinture… trois univers se rencontrent et se mettent la tête dans le même papier pour témoigner de l’art et de l’époque avec l’intention commune de faire pétiller les imaginaires, d’ouvrir en grand l’horizon et de trouver de nouvelles voies d’information. Le numéro 1 est consacré au Merveilleux. Vous y retrouverez Le merveilleux est un futur par Francesca Caruana, Happy End par Marie-Laure Desjardins et Hervé Fischer, Embarquement pour Cythère par Dina Germanos Besson, Les matériaux propices au surgissement du merveilleux par Michel Jeandin, Vers une autre réalité par Manon Schaefle, Apparitions d’images, images d’apparitions par Samuel Solé, ainsi que les captivants animaux de Vincent Fournier. Sans oublier évidemment, tous les textes et photographies choisis par Corridor Éléphant et TK-21 La Revue. L’union fait la force de la proposition. Vous pouvez encore réserver un exemplaire de la série limitée numérotée. Plus vous serez nombreux, plus nous pourrons diffuser Smaris Elaphus. Cliquez pour offrir son cadeau à ArtsHebdoMédias !

Bonne fin d’année et joyeuses fêtes !

Image d’ouverture> Réalisée avec Firefly.

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