Le camouflage, c’est tout un art !

Le FeliXart Museum, à Drogenbos en Belgique, propose une réflexion originale sur le concept de camouflage. Examinant les angles de l’art, de la nature et de la guerre, l’institution s’interroge sur cette aptitude de la nature devenue une activité tactique dont les artistes ne dédaignent pas de s’emparer. A caractère historique, l’exposition explore les frontières mouvantes entre visible et invisible, questionne également le lien entre camouflage et surveillance. A découvrir jusqu’au 29 mars.

Le camouflage n’a jamais été aussi visible et aussi banal qu’aujourd’hui. Ses origines ne sont pourtant pas si lointaines et elles entretiennent de nombreux liens avec l’histoire de l’art. C’est ce qu’on découvre dans une passionnante exposition au FeliXart Museum où se croisent des prêts du War Heritage Museum, de l’Institut des Sciences naturelles, du Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers et bien entendu, de la collection propre du musée créé autour de l’œuvre de Felix De Boeck, fermier et peintre pionnier de l’abstraction.
Avant la Première Guerre mondiale, les soldats partaient au casse-pipe revêtus d’uniformes colorés, ce qui était une aubaine pour les peintures de bataille mais est vite devenu un inconvénient quand la portée des armes est montée de quelques crans. Les premières lois du camouflage ont été élaborées par le peintre américain Abbott H. Thayer, qui a longuement étudié les diverses stratégies de dissimulation chez les animaux. Ses fascinantes études, peintures et aquarelles, exposées pour la première fois en Europe, ouvrent l’exposition.
La Première Guerre mondiale a constitué une matrice et un terrain d’expériences grandeur nature pour les stratégies de camouflage. En France, plusieurs artistes furent rappelés du front pour participer aux ateliers de camouflage et, dans l’autre camp, Paul Klee collabora aux peintures de dissimulation des avions. Sur les navires de guerre, on appliqua le principe du razzle-dazzle, en couvrant les flancs de rayures noires et blanches disruptives destinées à brouiller la vue des ennemis. Ce motif s’inspire de l’effet que provoque un troupeau de zèbres dans la mire du lion. En jouant sur le mélange des genres, l’exposition provoque des rencontres étonnantes entre un zèbre naturalisé et des œuvres d’art optique ou lorsqu’une toile de Jozef Peeters est entourée de deux ailes d’avion peintes de motifs camouflage. Les recherches des pionniers de l’abstraction de l’entre-deux-guerres qui déjouent le fragile équilibre entre visible et invisible, figuration et abstraction, ne sont pas si éloignées de la philosophie du camouflage, comme le montrent les œuvres d’Emile Lecomte, Jules Schmalzigaug, Marthe Donas ou Joseph Lacasse. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.