William Eggleston – En demi-teinte

Moquette rouge profonde, canapés en cuir et piano à queue, on est introduit dans l’exposition de William Eggleston comme on retrouverait des amis dans les salons feutrés d’un hôtel de luxe. Etonnant choix de mise en scène car le photographe ne s’est pas cantonné aux quartiers huppés de la capitale pour remplir sa mission : immortaliser Paris à la demande de la Fondation Cartier. Bien au contraire.

Ce sont avant tout les couleurs qui, entre 2006 et 2008, ont aiguisé l’œil de cet homme plus que la noblesse ou la singularité des objets capturés. Ainsi, en promenant son objectif au cœur du 10e arrondissement, vers la rue de Paradis, il n’a pas résisté au néon jaune de l’enseigne de vêtements à bas prix, fixé sur la mosaïque de miroirs qui recouvrent les murs de la devanture.

On retrouve d’ailleurs beaucoup de thèmes chers au photographe américain : la nourriture et particulièrement les étals de poissons, les poubelles et leurs sacs plastique translucides, voire les détritus eux-mêmes. Mais aussi toute une série de petits détails comme ce tag en bas d’une porte qui passerait inaperçu pour le commun des mortels et que William Eggleston photographie avec le même soin qu’une sculpture exposée au Louvre.

Toutefois, si c’est toujours un bonheur de pouvoir admirer son talent, certains auront peut-être le sentiment qu’il y manque comme un supplément d’âme, de grain de folie à cette exposition. William Eggleston est tellement là où on l’attendait qu’on peut se demander si la scénographie, plutôt surprenante, elle, ainsi que l’irruption de dessins du photographe exposés à côté de certains clichés, ne sont pas là, justement, pour combler ce manque…

GALERIE

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Contact
Jusqu’au 21 juin Fondation Cartier, 261, boulevard Raspail, 75014, Paris, France.
Tél. : 01 42 18 56 50 www.fondation.cartier.com.

Crédits photos
Sans-titre, série Paris © 2009 Eggleston Artistic Trust courtesy Cheimaud Read, New York