Pierre Corthay et Gérard Fabre

Depuis 2005, Pierre Corthay utilise le carton pour créer des volumes. Associé à sa passion pour la peinture, son métier de bottier l’a amené à considérer attentivement les notions de mobilité au quotidien. Il a d’abord réalisé des gouaches et des objets proches de Hans Arp ou de Shirley Jaffe. Cette attention pour les formes simples lui a été insufflée dès l’enfance par sa tante, Valentine Schlegel, sculpteur dans les années 1950- 1960. Relativement confidentielle à l’origine, sa démarche s’est muée en un jeu pour son entourage qui s’est, au fil du temps, transformé en une modeste armée de glaneurs. Et si sa pratique n’a pas supplanté son métier artisanal, elle est devenue quotidienne. Les sculptures de Gérard Fabre sont de l’ironie dans l’espace. Il s’agit d’objets qui se cachent derrière leurs éclatantes couleurs et leurs volumes imposants. Ce fort impact visuel se tient sur une crête entre deux gouffres : celui du grotesque et celui du sublime. De ce flirt avec le risque, cette présence plastique tire une étrange souveraineté. L’ironie se trouve alors dans son jardin : interroger en feignant l’ignorance, dans cette incessante mobilité de la conscience, aux antipodes du dogmatisme, dans une des ouvertures majeures de la liberté de percevoir. L’ironie de Gérard Fabre pratique le contre-oeil comme d’autres le contre-pied, la jonglerie dans la jungle et la couleur dans le chromatisme, toutes choses qui demandent souplesse, agilité et inspiration. Visuel : œuvre de Gérard Fabre.