Malachi Farrell | Slave to the shit

Malachi Farell« Pour tout accueil, sortant d’une niche, un billet de banque joue les cerbères en montrant les crocs. Un peu plus loin, d’autres dollars forment une tête bovine qui rumine des billets verts, des pistolets braquent des chaussures, une machine qui tient de la pendule, de l’imprimante et de la mitrailleuse, fait entendre une cour de récréation frappée par un bombardement. Vous entrez dans un monde où il n’y a plus de “politiquement correct” : ce qui est interdit ou clandestin s’affiche sans vergogne, depuis les sachets de “dope” distribués comme de simples friandises jusqu’aux dessins d’animaux fiers d’appartenir à des mouvements xénophobes ou des organisations extrémistes. Est-ce un rêve ou un cauchemar ? Le monde que crée Malachi Farrell est une illusion : les dollars, les armes, la drogue, les bombardements.... sont factices, rien de tout cela n’est vrai. Mais, comme les jouets des enfants, ils reflètent la réalité à une échelle plus réduite et moins dangereuse. L’illusion est donc au cœur de cette nouvelle exposition, tout comme elle est au centre du discours des politiciens et des journalistes. (...) Les matériaux de prédilection de Malachi Farrell sont des objets inanimés qu’il dote de vie par des systèmes électroniques sophistiqués. Tout y parle de l’être humain sans jamais le représenter : les chaussures suffisent à évoquer les corps, les enregistrements sonores à suggérer une foule, comme un jeu d’enfant où un carton représente une voiture, une cabane un château, un terrain vague une forêt... C’est dans l’imagination que survit la liberté et c’est en la préservant que nous pourrons lutter contre l’addiction. Ainsi, Malachi Farrell, homme véritablement libre, traite des sujets les plus graves avec l’esprit d’un sociologue, les mains d’un ingénieur et le cœur d’un enfant. » Marc Soléranski, historien de l’art et dramaturge. Visuel : Slave to the shit, Malachi Farrell, 2016 © Anthony Martin of Artivism Contemporary Art.