Golnaz Payani | L’Ombre des Oasis

Golnaz Payani, née à Téhéran en 1986 et vivant à Paris, incarne cette génération de créateurs puisant dans leur histoire personnelle les éléments d’une nouvelle contemporanéité. La délicatesse de ses œuvres et les sentiments qu’elles inspirent ont pour fondement l’idée d’incarner cette représentation tant du paradis que du bonheur perdu. Il y a dans ses propos cette ambiguïté du possible, entre nostalgie et souvenir, disparition-apparition. Derrière la poésie et la volupté du voir, se dévoile la réalité du vrai, rude, âpre, violente et qui au premier regard ne se livre pas forcément. A l’image de ces contes qui ont une origine indo-persane, des récits qui auraient été au fur et à mesure du temps transmis par voie orale. Golnaz Payani perpétue ces histoires, ses œuvres en attestent, fidèles à l’image de la représentation de ce paradis quelle souligne par l’appropriation de motifs persans traditionnels tels que la fleur et l’oiseau. Ne nous méprenons pas, l’artiste sous des aspects urbains joue double jeu entre l’aimable et le violent, ne serait-ce que par les gestes physiques qu’elle inflige aux tissus et étoffes qu’elle utilise : elle arrache, coupe, enlève, rajoute et maltraite le tissu loin de l’image idyllique du bonheur paradisiaque. « La violence est aussi dans l’objet que je produit, l’œuvre finale est une image maltraitée, couverte par la superposition d’autres images ou masquée par de la laine. L’image est falsifiée, modifiée, transformée, ce qui est un acte violent en soi », précise-t-elle. Ce tissu incarne selon sa qualité, sa richesse et la manière dont elle en fait usage le sentiment que ce dernier couvre tout autant qu’il dévoile. Visuel : Double transparence, Golnaz Payani, 2019.