Denis Darzacq | Contreformes

La série des « contreformes » s’inscrit dans la lignée des séries Recomposition 1 et Recomposition 2. En plaçant à nouveau l’abstraction au cœur de son dernier travail, Denis Darzacq poursuit son questionnement sur les figures humaines. Les stigmatisations révélées dans ses précédents travaux sont transposées sur des objets secondaires, contenants futiles mais utiles, à la marge de leurs contenus. Chaises, parpaings, polystyrène, sont autant d’objets mis en exergue, qu’il détourne sans les dénaturer et attestent le regard qu’il porte sur la société de consommation. Composée de photographies et montages photographiques, cette série résulte de la continuité des recherches de l'artiste autour des objets de grande consommation manufacturés mondialisés tels que des chaises Ikea. «J’utilise le vocabulaire des formes simples et finies de ces chaises en kit (assises, pieds, dossiers) comme autant d’éléments autonomes que je réassemble sous forme de collage. Un minimalisme à base de readymades.» L’autre volet de ce travail est composé de photographies d’objets manufacturés de la vie courante qui ont eu à une époque une fonction précise. Eléments de construction ou de protection de biens de consommation, ces objets n’ont pas de valeur propre, ils n’existent que comme contre-forme dont les fonctions sont contingentées par ce qu’ils protègent ou ce qu’ils construisent. Par l’usage et le temps passé ils ont perdu leur qualité première et deviennent des objets abandonnés, négligés et négligeables, des déchets. Des ruines modernes, au symbolisme à l’exact opposé de l’éternelle jeunesse, du High Tech et de la vanité. « Je recours par l’inversion positif /négatif à une mise à distance du sujet ce qui me permet d’interroger notre rapport aux objets et d’ainsi questionner la valeur qu’on veut bien leur donner. » Ces photographies posent plus généralement la question de l’obsolescence, du neuf et du technologique mais également la question de la beauté dans nos sociétés contemporaines.