De mains et d’yeux | Michel Paysant

Conçue comme une rencontre entre art et science, l’exposition De mains et d’yeux est née d’une collaboration entre le Musée Unterlinden et le programme scientifique « Création, cognition, société » de l’Université Paris Sciences et Lettres, développée dans le cadre de la restauration du Retable d’Issenheim entreprise depuis 2018. L’équipe de chercheurs étudie la manière dont le regard des visiteurs est guidé par les formes, les couleurs et la lumière des panneaux peints de Grünewald et dans quelle mesure ce regard est modifié par les changements résultant de sa restauration. Pour enregistrer les mouvements des yeux et donc l’attention visuelle, les chercheurs utilisent un ensemble de techniques dites eye tracking (oculométrie). Celui-ci enregistre les mouvements des yeux capturés par des caméras et envoie ces informations à un logiciel qui en extrait avec une grande précision les tracés. Il permet ainsi de connaître la manière dont on regarde un tableau et de repérer les éléments qui accrochent le plus fortement le regard. Dans ce contexte, l’exposition de Michel Paysant, artiste passionné de dessin classique et expérimental, constitue l’indispensable pendant artistique à cette démarche scientifique. Son titre, De mains et d’yeux, est à prendre à la lettre, les dessins ayant été dessinés par les yeux de l’artiste grâce à l’oculomètre. L’enregistrement de son regard porté sur les panneaux du Retable d’Issenheim et sur la tapisserie Guernica, ou plus précisément la transcription des lignes des déplacements et des points de fixation de ses yeux face à l’oeuvre, donne naissance à une nouvelle interprétation de l’œuvre originale. Visuel : dessin réalisé par Michel Paysant en eye tracking et table traçante, crayon de papier, papier à dessin, d’après la tapisserie Guernica de Jacqueline de la Baume-Dürrbach, 1976, d’après l’œuvre originale de Pablo Picasso. ©Michel Paysant