Chacun son trait, ces jours bleus | Exposition collective

Par son travail de découpe et de superposition de couches de calque et de papier, Christine Crozat matérialise les strates du temps. La forme, puisée dans sa mémoire et celle de l’histoire de l’art, tour à tour apparaît et disparaît dans l’intensité du bleu. Intense, la couleur l’est tout autant dans les œuvres de Gwen Hautin. Mais ici, le trait est un fil, déroulé et enroulé dans un geste dessiné qui semble continu. De l’essence de la forme palpitante et organique, emplissant le support, émerge alors la couleur. Chez Armelle de Sainte Marie, le trait se tisse, se croise, se trame sur le papier et fait surgir les formes, en creux. Ses travaux au stylo évoquent un univers poétique et fantasmatique, familier des maîtres de la gravure. Le travail de Sophie Matter est semblable à une expérimentation plastique et graphique tant par les variations de supports, de médiums que d’approches. Y compris dans ses œuvres participatives et performatives, c’est toujours le trait qui crée la forme, entre abstraction et figuration. Dans les dessins d’Awena Cozannet, c’est de l’homme dont il est question, du corps et de sa temporalité, figurés par un trait brut, comme incisé sur le papier. Au contraire, chez Marie-Anita Gaube, le trait est charnel et comme dissous dans la couleur, devenant presque liquide. Autant d’identités artistiques ayant en commun la permanence et la persistance du trait dans leurs œuvres respectives. Visuel : De gauche à droite, Shape tram (2017) par Armelle de Sainte Marie, F + M paysage mental hommage à Masaccio (2018) par Christine Crozat et Chacun son trait – épisode 2 la classe bleue (2016) par Sophie Matter.