Bruno Gadenne peint comme on explore : avec patience, précision et une certaine forme d’obsession lumineuse. Depuis une dizaine d’années, ses expéditions solitaires le conduisent dans les forêts tropicales d’Asie ou d’Amérique latine. Il s’enfonce dans la jungle à pied ou en canoë, carnet et appareil photo en bandoulière, capte ce qui ne se laisse pas voir d’emblée : un reflet fugace, une trouée dans la canopée, une lueur improbable. Pour sa première exposition personnelle à la galerie Prima, l'artiste présente une nouvelle série de peintures à l’huile inspirée de ses récentes explorations en Amérique centrale et à Bornéo. Intitulée Eldorado, elle met en scène une nature foisonnante, traversée d’éclats dorés comme autant de leurres ou de promesses. Le titre, volontairement ambigu, convoque autant le mythe que son envers. Eldorado : le lieu rêvé par les conquistadors, l’illusion d’un or infini caché dans les forêts. Chez Gadenne, ce mirage est réactivé – mais pour mieux être renversé. L’or ici n’est pas une richesse à prendre : c’est une lumière trompeuse, une énigme, une invitation à se perdre. Visuel> Bruno Gadenne, Le portail (détail), 2025. 40 x 50 cm. Courtesy de l’artiste et de la Galerie Prima
Bruno Gadenne | Eldorado

