Anne-Charlotte Yver | Leaking Point

Pour sa première exposition aux Tanneries, Anne-Charlotte Yver (née en 1987 à Saint-Mandé, vit et travaille à Paris) investit la Grande Halle afin d’y déployer une structure filiforme teintée d’étrangeté dont l’apparence minimaliste n’a d’égal que la ramification gigantesque. Cette prolifération dessine une figure latente, hybride et ambigüe, entre biologie et machinerie. Réflexion plastique aux confins de l’architecture, du cinéma et de la littérature, Leaking Point s’inscrit dans la continuité des processus de recherche, de production et de mises en récit que développe Anne-Charlotte Yver, dont les structures-créatures se nourrissent les unes des autres à travers des effets de résonances, de métamorphoses et de mutations. Faite de tubes de plexiglas articulés les uns aux autres à l’aide de jointures en inox, l’installation est ancrée dans une esthétique du passage et de la continuité mais aussi de la trace. Elle est bâtie sur plusieurs niveaux, à la faveur de l’ouverture des cuves sous-jacentes qui composent l’espace. Alternance de vides et de pleins, de plongées abyssales, d’affleurements et d’émergences quasi aériennes, ce circuit en apparence fermé reste ouvert à l'instar du Loing dont le cours embrasse les Tanneries et vient alimenter les cuves de la Grande Halle. Les parties immergées de Leaking Point pourraient donc se voir influencer par des événements météorologiques, qui pourraient accentuer la présence de l’eau dans l’exposition. Visuel : Ulalume, Anne-Charlotte Yver,  2017, détail de l'installation. © Anne-Charlotte Yver