Commissaire d’une exposition collective se déployant sur l’ensemble du centre d’art et les salles d’expositions temporaires du musée Girodet, Sally Bonn, écrivaine et critique d’art, a choisi de renouer avec une recherche au long cours menée autour de la notion d’épochè. Donnant son titre à l’exposition, elle signifie, étymologiquement, « l’arrêt », « l’interruption », « la cessation », puis, dans les domaines de la philosophie et de la psychanalyse, « la suspension du jugement ». Soudainement réactivée à l’épreuve des épisodes de confinements qui ont jalonné ces deux dernières années – expériences de suspension par excellence de nos vies en ébullition ! –, cette recherche trouve enfin (ici) l’espace et le temps de son activation et de son déploiement. Véritable passage à l’acte curatorial, épochè (ici) nous incite donc « à faire l’expérience d’une suspension du temps, du regard, du jugement ». Sally Bonn formule ainsi le pari de réactiver en l’actualisant poétiquement la posture philosophique et antique du retrait pour mieux donner à voir et à comprendre notre monde, dans l’entre-deux des catastrophes passées dont il conserve les mémoires et les traces et de celles potentiellement à venir qu’il contient en puissance. Avec les œuvres de Benjamin L. Aman, Joan Ayrton, Cécile Beau, Leïla Brett, Anne-Lise Broyer, Charlotte Charbonnel, Sépànd Danesh, Marina Gadonneix, Anne-Valérie Gasc, Agnès Geoffray, Anne-Louis Girodet, Marco Godinho, Amélie Lucas-Gary, Benoît Maire, Estefanía Peñafiel Loaiza, Aurélie Pétrel, Katja Schenker, Suspended spaces, Raphaël Tiberghien, Emmanuel Van der Meulen, Arnaud Vasseux et Virginie Yassef. Visuel > Visuel officiel de l’exposition Agnès Geoffray, Le Funambule, 2021 (détail) Photographie
Courtesy de l’artiste.
Épochè | Exposition collective

