Inaugurée le 16 avril dernier, la 37e édition d’EVA International, la biennale d’art contemporain d’Irlande, se tient à Limerick, ville de la côte Ouest du pays, jusqu’au 17 juillet. Quelque 57 artistes originaires du monde entier – citons, parmi eux, Kader Attia, Eric Baudelaire, Liam Gillick, Carsten Höller, Alfredo Jaar ou encore Kapwani Kiwanga – ont été conviés à réfléchir à la thématique définie par la commissaire générale de la manifestation, Koyo Kouoh : « Still (the) Barbarians » entend faire écho au centenaire célébré cette année en Irlande de l’insurrection de Pâques 1916, à Dublin – qui fut violemment réprimée par les Britanniques –, et à la situation postcoloniale du pays. « L’Irlande a été le tout premier laboratoire de l’entreprise coloniale britannique menée à travers le monde, explique Koyo Kouoh. La domination physique imposée par la colonisation en général (…) s’est accompagnée d’une dimension psychologique à travers l’imposition d’une langue, de structures sociales ou encore d’une religion. Tout cela participe à la façon dont le monde continue de s’organiser. » S’inspirant du malaise persistant à l’égard des différentes formes de soumission, d’aliénation, d’humiliation et de dépossession, ainsi que de la guerre et de la terreur qui en découlent, le projet de l’exposition a pour objectif de mettre en avant des pratiques dévoilant l’esthétique de la subversion, de la transcendance et de la réappropriation. Un ensemble de manifestations parallèles sont programmées à travers l’Irlande durant le temps de la biennale.
Balade irlandaise et postcoloniale
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