Pierre Leotard nous parle
de Corridor Elephant

Cette année, Corridor Eléphant fête ses dix ans. Depuis 2012, le média montre et relaie la photographie contemporaine, « celle qui témoigne de notre présent, celle qui demeure peu exposée, malgré sa qualité, mais aussi peu ou pas éditée, et ce, quelle que soit son origine dans le monde ». Montrer, éditer, publier, diffuser est le credo de la structure qui, chaque année, sort une douzaine d’ouvrages et met en ligne plus de cent cinquante expositions.  Si tous les ouvrages papiers sont en édition limitée, numérotée et signée par leurs auteurs, Corridor Éléphant propose également une soixantaine d’ebooks photos disponibles sur plus de 500 plateformes numériques dans 51 pays. Son directeur éditorial, Pierre Leotard, nous en dit plus.

ArtsHebdoMédias. – Comment définiriez-vous votre média après dix ans d’expérience ?

Pierre Leotard, directeur éditorial de Corridor Elephant

Pierre Leotard. – L’éléphant est encore plus curieux et à l’affut qu’il ne l’était à ses débuts. C’est le premier constat qui pourrait se faire. Les premières années nous ont permis de découvrir des photographes émergents, de dessiner les contours de la revue et d’acquérir les compétences nécessaires pour mettre en place la maison d’édition. Corridor Éléphant reste un média dédié à la photographie émergente quelle qu’elle soit, notre souhait est de donner à voir une photographie qui parce qu’actuelle est autant une radiographie que le récit de notre époque.

Quelles sont les évolutions les plus importantes observées dans votre domaine ?

Un vrai bouleversement sur ces dernières années. S’il n’y avait presque pas de médias ou de maisons d’édition dédiés à la « jeune » photographie il y a dix ans, beaucoup de maisons d’édition ont vu le jour entre temps, et certains imprimeurs travaillent désormais directement avec les auteurs facilitant ainsi l’auto-édition. La photographie n’a jamais été autant publiée, et l’on voit se profiler des formes de diffusions alternatives.

ArtsHebdoMédias et Corridor Eléphant sont partenaires depuis quelques années mais votre anniversaire signe un renforcement de celui-ci. Qu’en attendez-vous ?

D’abord et avant tout nous aimons le contenu d’ArtsHebdoMédias que nous suivons depuis des années. Ensuite, s’il est vrai que la photographie émergente arrive plus facilement à se montrer aujourd’hui, il est également vrai qu’elle touche un public ciblé dont elle a du mal à sortir. Le numérique, la dématérialisation des informations, la vitesse à laquelle nous parvenons à les acquérir nous ont permis de davantage approfondir nos connaissances et de nous centrer sur nos champs de compétences mais dans le même temps cela nous a davantage enfermé dans nos centres d’intérêts, tous domaines confondus. Ouvrir des fenêtres sur des médias qui se complètent est peut-être la meilleure et la plus belle façon de faire découvrir d’autres formes de créations et d’écritures. C’est également une des formes de diffusion alternatives évoquées plus haut.

Quelle définition donneriez-vous à la photographie d’aujourd’hui ?

Aujourd’hui comme hier, peut-être plus aujourd’hui d’ailleurs, c’est une écriture. Comme toute écriture non alphabétisée, elle n’est pas ou difficilement censurable.

Quelles évolutions ou tendances voyez-vous se dessiner ?

C’est peut-être ce qui est le moins recherché par Corridor Eléphant : suivre, pressentir, voire avoir part aux tendances. Ce qui est certain, c’est que la photographie n’échappe pas à son époque tant dans le traitement des sujets que dans les techniques utilisées. On voit, par exemples, ces deux dernières années se développer la photographie végétale, les anthotypes rivalisent avec les cyanotypes.

Quels sont vos projets pour 2022 ?

Corridor Eléphant a 10 ans. Cette année s’annonce sous le signe de la réorganisation et de la recherche d’autres formes de diffusion, donc de promotion de la photographie émergente. Sur ces dix années nous avons exposé sur le site vingt photographes par mois. Sur ces cinq dernières années, nous avons publié un peu plus de soixante monographies et quinze numéros de la revue NiepcebooK (trois par an). Le désir de voir réapparaitre une revue papier accessible à un plus grand nombre de personnes et de profils de par sa forme et son contenu nous titille. Nous sommes en train de réduire le nombre d’exposants mensuels à dix exposants par mois (au lieu de vingt), mais de renforcer la communication au long court pour eux. Éditer et publier la « jeune » photographie, l’accompagner dans sa communication, en voir les fruits, tant dans la réalisation de livres que dans l’apport du travail de communication, reste et restera cette année une de nos priorités.

Des ouvrages papier en édition limitée, numérotée et signée.

Contact> Corridor Elephant, c’est par ici ! Et chaque mois, retrouvez une exposition de notre partenaire dans ArtsHebdoMédias. La première était consacrée au travail d’Adrienne Arth.