Les nouvelles hybridations de Koen Vanmechelen

Connu dans le monde entier pour son travail sur les croisements de poulets, mené depuis près de vingt ans en collaboration avec des chercheurs et des généticiens de l’université belge de Louvain, Koen Vanmechelen a inauguré en juillet dernier Labiomista, projet hybride installé sur l’ancien site minier du Zwartberg à Genk, au nord-est de la Belgique. Le plasticien joue ici avec le concept du parc de promenade pour en faire un lieu de réflexion sur la place de l’humain dans son environnement naturel.

Il est sans doute plus simple d’expliquer ce que n’est pas Labiomista que de définir le grand projet évolutif de Koen Vanmechelen. On y trouve des enclos avec des lamas, des émeus, des dromadaires et des poules, mais ce n’est pas un zoo. On y voit des œuvres de l’artiste, mais ce n’est pas un musée. On y trouve un parcours promenade avec zones d’intérêt, des grandes constructions, mais aucune des installations spectaculaires ou haltes restaurant qui font les parcs d’attraction.

Labiomista, The Ark, Koen Vanmechelen.

Le projet est soutenu par la ville de Genk qui y voit l’occasion de réhabiliter le dernier de ses sites miniers désaffectés. Après Winterslag devenu C-Mine, Waterchei devenu Thorpark, voilà que Zwartberg s’est désormais métamorphosé en Labiomista. Artiste conceptuel pluridisciplinaire, Koen Vanmechelen a plusieurs plumes à son chapeau, en particulier celles des poules. Connu pour sa fascination pour le gallinacé dans lequel il voit le premier migrant du monde, l’artiste lui a consacré son Cosmopolitan Chicken Project, toujours en cours. Réalisé en collaboration avec des scientifiques, il vise à améliorer le patrimoine génétique de la poule par des croisements de races d’origines géographiques très différentes. Croisement et diversité sont au cœur de Labiomista, qui accueille le visiteur par un des deux bâtiments signés par l’architecte suisse Mario Botta. Sur le toit de cette arche effilée, couverte de briques noires comme du charbon, on peut voir, tel un guetteur, un être hybride à tête d’œuf, l’épaule traversée d’une corne de cervidé. Hybridation, encore, avec la sculpture d’une créature mi-singe, mi-hibou, qui aurait pu sortir d’un tableau de Bruegel ou de Bosch.
Dans la Villa Opundi, ancienne bâtisse au style éclectique du directeur de la mine et de celui du zoo qui lui a succédé, l’artiste raconte l’histoire du site au passé, au présent et au futur. On peut y voir des sculptures et installations, des oiseaux naturalisés et des documents à consulter qui rassemblent les sources d’inspiration et les projets du plasticien où se rencontrent l’art, la science et la nature. The Battery est le deuxième bâtiment de Botta, il abrite le studio de l’artiste. Le public n’y a pas accès, ce privilège est réservé aux collectionneurs. Les visiteurs empruntent un passage sous le bâtiment où des vitrines exposent des œuvres de Koen Vanmechelen fonctionnant comme des rébus ou des interrogations sur les dualités qui définissent l’homme et la nature. Collé à l’édifice, il y a une grande volière en verre où des oiseaux frugivores et granivores de tous les continents s’ébattent dans une oasis de verdure luxuriante. Un chemin de béton serpente à travers le site pour guider les visiteurs sur ses 24 hectares. Première halte, le CosmoGolem (notre photo d’ouverture), une spectaculaire sculpture de marbre et d’acier, haute de 9,5 m qui représente une tête aux traits abrupts dont le corps serait le site tout entier. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

Contact

Labiomista, 60 Marcel Habetslaan, 3600 Genk, Belgique. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h. Plus d’infos sur www.labiomista.be.

Crédits photos

Image d’ouverture : CosmoGolem © Koen Vanmechelen, photo Studio Tropics – Labiomista, The Ark © Koen Vanmechelen, photo Jeroen Verrecht