Art Paris 2021 : la figuration fait un tabac !

Art Paris peut se féliciter d’avoir ouvert le bal des grands salons d’art européens, enregistrant un record absolu de fréquentation avec près de 73 000 visiteurs pour 140 galeries conviées au Grand Palais Éphémère – dont la plupart en ressortent boostées par l’engagement des collectionneurs autant privés qu’institutionnels. Souhaitons que cette 23e édition ne soit en aucun cas une tempête* dans un verre d’eau, et qu’elle redonne une belle impulsion à la peinture figurative qu’on croyait délaissée. Qu’elle redynamisera peut-être un écosystème beaucoup plus vaste que la crise n’a pas laissé indemne. L’édition 2022 prendra l’écologie pour thème, une opportunité peut-être d’y découvrir une plus grande diversité de formats, d’engagements, de matériaux et de médias.

Dimanche 12 septembre : il est 19 h passé, et après quatre jours de foire, l’atmosphère est encore fébrile sur les stands et dans les allées bondées tandis que les collectionneurs et les badauds reprennent un peu d’oxygène sous un soleil radieux, dans le jardin privatisé d’une parcelle du Champ-de-Mars. Qui pourrait penser que nous traversons une crise ? Au côté de poids lourds de l’art moderne – nouveaux venus à la foire parisienne – de jeunes enseignes ne cessent d’aligner les points rouges dans leurs lutins laissés grands ouverts avec désinvolture tandis que les galeristes ne savent où donner de la tête.

Le peintre Gérard Fromanger, figure de proue de la figuration nous a quitté le 18 Juin 2021. Une exposition vente lui est dédiée,  La couleur monte au ciel, du 15 au  24 octobre 2021 dans les salons d’Artcurial par Caroline Smulders. Par ce tableau à l’entrée d’Art Paris présenté par la Galerie Jeanne Bucher Jaeger nous lui rendons hommage. Crédits : Bouge (de la série Questions), 1976, huile sur toile, 162 x 130 cm, Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris © photo Orevo

72 756 visiteurs ont été enregistrés à la fermeture contre 63 257 visiteurs en 2019 – année de référence pour la foire parisienne et 56 000 visiteurs en 2020, année de la pandémie. « Des galeries habituées comme Templon ont déclaré y avoir fait leur meilleur chiffre d’affaires, avec une vingtaine d’œuvres cédées dans une gamme de prix allant de 20 000 à 120 000 euros, tandis que Kamel Mennour et la Galleria Continua, qui participaient pour la première fois au salon, ont déjà annoncé leur intention de revenir l’an prochain », relaye dans son communiqué, la direction d’Art Paris.  Idem pour les galeries Mayoral ou Daniel Boulakia, décidées à renouveler l’expérience en 2022. Plus d’une vingtaine d’enseignes d’art moderne conviées à cette 23eédition renforçaient ainsi l’offre auprès de collectionneurs privés, mais aussi d’institutionnels dont la fréquentation aurait augmenté de 25%. La Tête bicéphale dite Barbu Müller, d’Antoine Rabany, (1900) proposée par la J.P. Ritsch-Fisch Galerie et annoncée comme record de prix aurait été acquise pour la somme de 400 000 euros par une collection française. Il était en outre assez réjouissant dans une foire d’art moderne et contemporain, de croiser au détour d’une allée, des portraits petits formats, très rigolos, de Pablo Picasso.

Guillaume Bresson, Sans titre 2020, peinture à l’huile sur toile. Courtesy de l’artiste et de la galerie Nathalie Obadia Paris/Brussels.

Mais ce sont avant tout de jeunes artistes émergents ou tout juste sortis d’école d’art – hommes ou femmes – qui firent le buzz d’Art Paris : ainsi les toiles, pour la plupart réalisées en 2021, de François Malingrëy, né en 1989 et révélé au salon de Montrouge en 2015, se sont vendues entre 2 500 et 23 000 euros, sur le stand Le Feuvre & Roze, dans un solo show « totalement sold out », m’annonce le directeur de la galerie à la fois comblé et désolé. « L’exposition de François Malingrëy, La chambre rouge,une série de mises en scène de corps et de situations intrigantes autour du tableau, Nu dans la chambre rouge, peint par Wallotton en 1897 (ndlr) –se poursuit à la galerie, jusqu’au 18 septembre, au 164 rue du faubourg Saint-Honoré », dit-il, me tendant le catalogue de l’exposition comme pour s’excuser de ne pouvoir me céder une toile.

François Malingrëy, solo show, peinture issue de la série La chambre rouge galerie Le Feuvre & Roze. ©photo orevo

Le commissaire de l’exposition, Hervé Mikaeloff est aussi celui d’Art Paris 2021, à l’initiative de la thématique « Portrait et figuration. Regard sur la scène française » : « Dans une ère « post médium », l’art vivant questionne plus que jamais son rapport à l’image, affirme-t-il. En choisissant le thème du portrait, mon souhait était de présenter un renouveau de l’art figuratif. Au-delà d’un simple effet de style, le portrait permet aux artistes de construire un nouveau rapport au monde […] C’est à partir du visage, qu’on peut considérer la manière de penser le rapport à l’autrui, derrière le visage de l’autre, il y a toute l’humanité. Représenter l’Homme, c’est finalement nous renseigner sur nos propres responsabilités vis-à-vis du monde », conclut-il.

Arnaud Adami, Nicolas, 2021, Peinture. H gallery. © photo courtesy H Gallery

Responsabilité, culpabilité, empathie ? Ce n’est pas par hasard que les collectionneurs se ruèrent sur la peinture hyperréaliste d’Arnaud Adami, de Bilal Hamdad ou de Dhewadi Hadjab. Ces trois jeunes artistes présentés par H Gallery ont immortalisé les arrêts sur image de portraits et postures de jeunes gens saisis dans leur réalité quotidienne : Thibault en costume de livreur (2020), Nicolas (2020), comme L’accident (2020) par Arnaud Adami, né en 1995 à Lannion, ou bien L’attente (2019) par Bilal Hamdad, né en 1987 en Algérie et lauréat 2020 de la Fondation Colas, font vibrer sur la toile, l’avenir désillusionné et précaire de leurs comparses issus de la diversité ou simplement rattrapés par une forme de déterminisme social.

Bilal Hamdad, L’attente(2019) peinture, H Gallery ©courtesy H Gallery

 

 

 

Dans un registre existentiel similaire, les postures psychologiques des corps exténués de Dhewadi Hadjab – à peine sorti des Beaux-Arts de Paris – suintent autant la solitude dans l’intimité, que l’abandon ou l’épuisement après le travail. Si ses tableaux ont déjà rejoint des collections privées, le prix Rubis Mécénat, dont ce jeune espoir vient d’être gratifié, devrait nous permettre de découvrir un grand diptyque exposé à l’église Saint-Eustache du 7 octobre au 12 décembre prochain.

Dhewadi Hadjab, Sans titre 2021, huile sur toile – courtesy H Gallery
Marc Desgrandchamps Sans titre, 2021, galerie Lelong and co courtesy Lelong and co

Ces trois artistes sont actuellement en résidence chez Poush Manifestoà Clichy, une ruche où là encore, Hervé Mikaeloff, co-commissaire de l’exposition en cours avec Elise Roche et Yvannoé Kruger, directeur artistique des lieux, nous invite à explorer L’écume des songes, jusqu’au 14 octobre. Mais à Art Paris pas le temps de rêvasser : une quinzaine d’œuvres ont été cédées dans une gamme de prix allant de 5 800 à 12 500 euros sur le  stand de la H Gallery qui mettait également en avant la peinture plus impressionniste,  mystérieuse et métaphorique de l’artiste déjà confirmée Barbara Navi, dont le grand triptyque Nouveau monde, une huile sur toile de 195 x 290 cm, réalisée en 2021, « a été vendu quelques heures avant la fermeture de la foire, pour un départ en Belgique », nous confirme Hélianthe Bourdeaux-Maurin, qui consacre un solo show à l’artiste du 14 octobre au 27 novembre prochain.  Ouverte en 2016 rue de la folie Méricourt, la H Gallery toujours à l’affut de nouveaux talents s’est d’ailleurs  engagée dans une représentation à 50 % de femmes.

Barbara Navi, Nouveau monde 2020, Triptyque, Peinture – H gallery ©Courtesy B. Navi et H Gallery

Et au salon, les artistes femmes ont été véritablement plébiscitées cette année par le public pour la singularité de leur talent : la beauté troublante des portraits dissimulés dans le wax ou le coton Ikat d’Alia Ali impressionnèrent les visiteurs et firent la joie de son galeriste César Levy, qui par temps de confinement s’inquiétait que le public parisien ne puisse enfin découvrir la formidable exposition Mot(if)que  consacre, jusqu’au 24 octobre 2021, la 193 Gallery à l’artiste, dans un solo show de 250 m2, 24 rue Béranger à Paris. « Nous avons vendu à Art Paris, une vingtaine d’œuvres dont le prix peut varier entre 5 000 et 8 000 euros selon le numéro d’édition, clarifie César. Plusieurs acquisitions ont été faites parmi de grandes collections privées, mais surtout auprès du British Museum », souligne encore le galeriste en partance pour Amsterdam et déjà en préparation d’Art Basel (du 24 au 26 septembre ).

Alia Ali série Flux 2021 : de gauche à droite Thrub 2019, Dub 2019 – impression pigmentaire sur Photo Rag 310g laminé UV monté sur Dibond d’aluminium, dans un cadre customisé en bois traité et tapissé par l’artiste de laine Massai 193 Gallery – ©photo Orevo

C’est un juste retour des choses pour cette artiste internationale et polyglotte qui ne présentait qu’une seule série de son œuvre remarquable sur le salon mais qui choisit depuis longtemps le langage des arts plastiques pour s’exprimer : « Je suis originaire de deux pays qui n’existent plus : la Yougoslavie et le Yémen du Sud, explique Alia Ali pour se présenter. Mes parents sont des linguistes migrants et malgré les sept langues qu’ils parlent, ils ne partagent que l’anglais. J’ai grandi entre Sana’a, Sarajevo, Istanbul, le Michigan et l’Indiana. Plus tard, j’ai vécu au Pays de Galles, Hô Chi Minh-Ville, La Nouvelle-Orléans, Los Angeles et Marrakech. Étant une femme artiste qui existe aux frontières de l’identification, en tant qu’asiatique de l’ouest, européenne de l’est, citoyenne américaine et culturellement musulmane bien que spirituellement indépendante, mon travail explore les binarités culturelles, conteste l’oppression culturellement sanctionnée et affronte les barrières dualistes des notions conflictuelles de genre, de politique, de médias et de citoyenneté. »  A côté de ses sculptures photographiques, de ses impressions pigmentaires encadrées dans du wax,  issues de la série Migration, Alia Ali avait déposé un texte où l’on pouvait lire :

Alia Ali série Migration 2021, Horizon – impression pigmentaire sur Photo Rag 310g laminé UV monté sur Dibond d’aluminium, dans un cadre customisé en bois traité et tapissé par l’artiste de coton wax hollandais- 193 Gallery – ©photo Orevo

« L’assimilation est une violence. Elle fait de nous des étrangers face au savoir ancestral qui coule dans nos veines depuis des siècles. C’est un effacement actif de notre passé afin de nous imposer une vision de l’avenir appartenant à un autre. Elle nous rend étranger de nous-même et de nos pairs. Nous arrivons et nous efforçons d’être comme eux…uniquement pour découvrir que nous ne pourrons jamais être quelqu’un d’autre que nous-même. Cette exposition est dédiée aux invisibles de la société, aux assimilés – les migrants – c’est un rappel de notre royauté qui a été et qui demeure – un rappel de la beauté de nos couleurs, de la poésie de nos mythes et du chant de nos accents. Si nous ne sommes pas honorés par autrui, alors nous détenons le pouvoir pour nous honorer les uns les autres. Cette exposition vous est dédiée. » Il s’agissait alors de relever la tête et de contempler ses visages princiers aux ports de tête altiers enfouis dans la matière textile, pour se questionner sur sa propre inclusion. Car « Le wax brouille les traces de son histoire coloniale et capitaliste, en y jetant un filtre coloré aux motifs riches et parfois trompeusement identifiables, nous éclaire Mary-Lou Ngwe-Secke, curatrice de Mot(if) dont est issue la série. Sous les mains de l’artiste, il devient polymorphe, remettant en question la façon dont les choses sont nommées, traduites, réinterprétées, mais aussi la raison initiale de leurs productions. » Si vous souhaitez poursuivre cette initiation, alors rendez-vous à la galerie !

Corentin Grossman, la meneuse, 2020, graphite, pastels secs et crayons de couleur Galerie Art : concept. ©Photo Orevo

Car la visite du salon n’est pas terminée, 140 stands c’est beaucoup dans ce palais provisoire dont on peut regretter – outre les espaces vip et le jardin – une place pour « chiller », où rien ne serait à vendre, où se produirait la rencontre, où pourrait se dérouler l’attente improductive. Il faudrait aussi une salle dédiée à la projection pour s’engouffrer dans le noir et en ressortir ébloui, pour admirer de la peinture ou du dessin en mouvement dans le silence ou bien dans la qualité d’une bande son sur laquelle ils se déploieraient.

Lorenzo Mattoti, Galerie Martel Paris ©Photo sur stand Orevo
Li Chevalier de dos,  galerie Raibaudi Wang ©Photo Orevo

Mais l’heure tourne. Autour d’étonnants dessins réalisés à l’encre de Chine et au sable – empruntant pour l’œil du visiteur éloigné, la facture presque classique d’une gravure qui serait  éclaboussée de lumière – l’artiste d’origine chinoise, Li Chevalier orchestre son show sur le stand de la galerie Raibaudi Wang. Radieuse, cette plasticienne diplômée à Londres du Central Saint Martins College of Design and Arts, qui s’est dotée d’un DEA de philo à la Sorbonne en 1990, après avoir achevé un cursus à Science po Paris, évoque de façon enjouée ses inspirations dans le désert, qui lui permirent de faire évoluer sa technique et qui révèlent ici tout son talent au-delà des installations monumentales qu’elle conçut dans les arcanes de la diplomatie, à l’opéra de Pékin ou au carrousel du Louvre.

Li Chevalier dans son atelier ©cliché du catalogue ouvert sur le stand © Photo orevo

Autre affirmation de la puissance féminine par la peinture : Notre dame de la mer. La toile de Nazanin Pouyandeh que la galerie Sator a choisi de montrer à Art Paris, sur un stand par contraste dépouillé, habité par les sculptures minimalistes de Gabriel Léger et les bustes noirs aux visages effacés de Raphaël Denis, met en scène l’artiste iranienne (sélectionnée dans le commissariat de Mikaeloff) attablée dans son atelier, entourée d’objets familiers qu’elle rapporta d’une résidence au Bénin, torse nu et masquée, fumant en toute liberté dans un autoportrait à la fois sexy et mystérieux qui semble défier la peur, le désir et l’envie. Le sourire aux lèvres, on y décèle ici tout l’empowerment de la femme adulte autrement dit, la conscience assumée de sa puissance retrouvée.

Nazanin Pouyandeh Notre Dame de la mer, 2020 Galerie Sator ©Photo orevo
Gabriel Léger, sculpture, Galerie Sator ©Photo Orevo

Anne de Villepoix, personnalité du milieu de l’art, galeriste visionnaire et figure incontournable des grandes foires internationales, peut de son côté se féliciter d’avoir vendu, entre 800 et 20 500 euros, une vingtaine d’œuvres de Marcella Barceló – la fille de la star espagnole Miquel Barceló et de Céline Franken née en 1992. Sous le titre Je n’ai pas seulement disparu au centre des couleurs, la galeriste avait exposé du 17 juin au 31 juillet, dans son nouvel espace à Belleville, les portraits de trois figures prometteuses de la scène artistique issues des Beaux-Arts de Paris – Atsoupé plasticienne d’origine togolaise déjà confirmée, au côté d’Inès Di Folco artiste pluridisciplinaire et de Marcella Barceló – toutes deux fraîchement diplômées. Lors du salon Drawing now à Paris, les aquarelles de Marcella, avec ses corps évanescents de jeunes filles mi-elfes, mi-sorcières flottant dans de luxuriantes forêts, s’étaient déjà faites remarquées.

Marcella Barcelo, Purple clouds 2020 Peinture, galerie Anne de Villepoix. ©Courtesy galerie Anne de Villepoix

A la galerie Hors Cadre, près du jardin, les corps d’adultes alanguis  enchevêtrés, plus   sensuels, d’Ana Karkar, dont le titre d’une œuvre évoque la chanson tube des Bangles, Walk like an Egyptian, se sont vendus entre 5 000 et 23 000 euros selon les format. Rose Barberat représentée par la galerie Pact remportait elle aussi un véritable succès avec sa série de toiles bleutées réalisées d’après photo et vendues autour de 12 000 euros.  Dans l’une d’entre elles, travaillant toujours d’après photo, l’artistemet en scène trois personnages genrés au torse nu, allongés au même plan, Le Progrès(2020). Or avec cette même ambivalence induite par lefiltre bleu dont Jacques Monory disait qu’il « nous indique que la réalité n’est pas vraie », Rose Barberat ne tenterait-elle pas ici de forcer la réalité ?

Ana Karkar, Walk Like an Egyptian #1, 2020 peinture – Galerie Hors cadre ©photo détail- courtesy Galerie Hors cadre

 

Kris Knight, Sans titre 2020 galerie Alain Gutharc ©Photo orevo

« À l’époque où les images ne sont plus que flux d’information ou de désinformation, où le confinement mental et physique nous détache du réel, la peinture affirme la matérialité du monde. Elle est un antidote à sa désincarnation et transcende le réel », étaye Hervé Mikaeloff dont la sélection de ces trois dernières artistes confirme avec les 17 autres [1], le choix d’une peinture figurative contemporaine rajeunie – quoi que relativement sage – pour cette édition assez exceptionnelle d’Art Paris.

Rose Barberat, le progrès, 2020, peinture – Galerie Pact ©courtesy galerie Pact

Incarnée par la peinture, plasticiennes et galeristes, les femmes étaient bel et bien présentes à Art Paris cette année, tandis que l’artiste britannique Alex Foxton, exposé par la galerie Benjamin Derouillon, questionnait sur de grandes toiles colorées la masculinité de ses héros : en revisitant ses pairs et les icônes de la peinture classique. L’artiste invité s’évertue à déconstruire les archétypes de la virilité à partir de figures historiques, de matadors, de guerriers ou de marins … en insufflant dans leur personnalité une forme d’ambiguïté et de complexité décalée par rapport à l’image que l’histoire nous en transmet.

Alex Foxton, Saint George VII (Hero), 2020 Peinture – Galerie Derouillon. ©courtesy Galerie Derouillon

Et puisque la foire elle–même a décidé de se remettre en question, la prochaine édition d’Art Paris embrassera par l’art et la manière, le fond et la forme, la cause écologique : en 2022, la foire, qui reviendra à son habituel créneau de printemps (du 7 au 10 avril) au Grand Palais Éphémère s’engage sur les questions du vivant, dans une nouvelle approche de l’art à travers deux thématiques complémentaires : la première, « histoires naturelles » à partir de laquelle Alfred Pacquement, commissaire d’exposition indépendant, nous livrera son regard sur la scène française, s’attachant à relayer celui que les artistes portent sur le monde naturel, végétal et animal et comment celui-ci trouve-t-il une présence renouvelée dans l’esthétique contemporaine.

Ronan Barbot, détail sans-titre 2021 , Galerie Claude Bernard © Photo orevo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La deuxième approche « Art et environnement » sera confiée à Alice Audouin, commissaire d’exposition indépendante spécialiste de l’environnement et fondatrice de l’association Art of Change 21, qui orchestrera une sélection de vingt artistes internationaux parmi les galeries participantes dont le travail s’empare des enjeux environnementaux ou s’inscrit dans des démarches écoresponsables. Parallèlement, l’agence Karbone fondée par Fanny Legros, en collaboration avec Art of Change 21 et le cabinet Solinnen, accompagnera Art Paris pour la mise en place d’une éco-conception de la foire, une première dans le monde des salons d’art en Europe… Rendez-vous aux toilettes sèches !

Bartélémy Toguo , Créole Love Song 2018 , aquarelle sur Papier Marouflé sur toile, Galerie Lelong and CO © Photo Orevo

*Faire un tabac : Au XIXème siècle la marine appelait un coup de tabac une tempête violente. Par extension, on a utilisé l’expression  faire un tabac pour  l’explosion de bruits que provoque les applaudissement dans une salle à la suite d’une représentation théâtrale, quand un franc succès est remporté.

Grand Palais éphémère 2021 ©orevo

Note 1  : Les vingt artistes sélectionnés en 2021 étaient Arnaud Adami, Rose Barberat, Marcella Barceló, Jean-Luc Blanc, Alin Bozbiciu, Guillaume Bresson, Dorian Cohen, Marc Desgrandchamps, Alex Foxton, Laurent Grasso, Bilal Hamdad, Ana Karkar, Thomas Lévy-Lasne, François Malingrëy, Yan Pei-Ming, Nazanin Pouyandeh, Madeleine Roger-Lacan, Marjane Satrapi, Claire Tabouret, Jérôme Zonder.

Voir les pastilles vidéo réalisées par nos confrères de Museum TV avec les artistes ou bien les galeristes qui les représentent.

Catalogue en ligne : https://www.artparis.com/fr/bookstore

Visuel d’ouverture : Marcus Jansen, the meeting, 2021 , Peinture à l’huile et spray sur toile – Galerie Almine Rech ©Photo Orevo

Contact  Art Paris du 09 au 12 Septembre 2021. RDV au Grand Palais Éphémère, Champ-de-Mars – du 7 au 11 avril 2022