Aller de surprise en découverte au Château

Il est encore temps de foncer au centre d’art contemporain et du patrimoine d’Aubenas pour y découvrir J’ai pleuré devant la fin d’un manga, Vanessa Winship, une route sans fin et Île/Mer/Froid, Dans une rouge clairière. Ces trois expositions poursuivent la mission du Château inauguré en 2024 : faire découvrir au public les aventures artistiques de notre temps, révéler et soutenir les artistes, jeunes et moins jeunes, qui ouvrent des voies nouvelles et inventent des formes. Jusqu’au 30 mars.

Les amateurs de sculptures, de peinture végétale et de céramique auront la chance de contempler l’œuvre récente du duo d’artistes Île/Mer/Froid. À la suite de la résidence ardéchoise Atelier-refuge en 2024, Hugo Lemaire et Boris Geoffroy ont investi l’intérieur du Château, en racontant leur expérience des territoires qui les ont accueillis et en s’appropriant leurs savoirs vernaculaires. Au rez-de-chaussée, le spectateur appréciera leur production artistique singulière, combinant le travail au grand air, le glanage de matières végétales et minérales et la récupération de matériaux. Les œuvres spectaculaires de l’exposition Dans une rouge clairière dévoilent une manière inhabituelle d’explorer les territoires et permettent d’interroger nos modes de vie à l’heure des grands bouleversements écologiques.

Vue de l’exposition Dans une rouge clairière. ©Île/Mer/Froid (Hugo Lemaire et Boris Geoffroy). Photo Polina Tkacheva

Ceux qui s’intéressent aux sujets de l’identité, de la marginalisation et de la migration et ont une passion pour la photographie ne passeront pas à côté de l’exposition monographique de Vanessa Winship, Une route sans fin. Photographe d’origine britannique, elle part à la rencontre d’habitants de régions défavorisées, comme l’Anatolie orientale, région frontalière de la Turquie, et raconte leurs histoires à travers des cas singuliers. Son approche conceptuelle et documentaire, avec des portraits de personnes en marge et les paysages de leur quotidien, développe un prisme littéraire. Un parcours qui ménage l’intime grâce aux objets exposés sous-verre qui enrichissent la démonstration.

Vue de l’exposition Une route sans fin. ©Vanessa Winship. Photo Polina Tkacheva

Le dernier parcours engage tous ceux qui s’intéressent à l’univers des mangas, ses personnages et son esthétique. Phénomène populaire expliqué ici par les commissaires de l’exposition Félicien Grand d’Esnon et Alexis Loisel-Montambaux. Ayant invité sept artistes de sept pays différents (Argentine, Canada, Chine, Corée du Sud, France, Royaume-Uni et Suisse), les commissaires ont non seulement réussi à créer un univers onirique immersif, mais aussi à aborder des problématiques contemporaines, internationales et intergénérationnelles. À l’entrée de J’ai pleuré devant la fin d’un manga, les spectateurs sont accueillis par un personnage de manga, qui va leur confier un carnet intime, permettant de poursuivre la visite. Parmi les six salles à découvrir, certaines sont réaménagées en véritables chambres à habiter. Comme celle sombre et encombrée d’installations vidéo-sonores de Rachel Maclean, ou bien celle de Julien Ceccaldi, havre de paix où le spectateur est laissé libre d’observer les dessins et les peintures historiques, aussi bien que des objets énigmatiques. L’expérience peut être complétée par l’utilisation d’un casque VR posé sous les rideaux d’un lit dans la Tour Sud, où Ram Han a laissé vivre son œuvre.

Vue de l’exposition J’ai pleuré devant la fin d’un manga ©Rachel Maclean. Photo Polina Tkacheva

Contact> Dans une rouge clairière. Île/Mer/Froid ; Une route sans fin. Vanessa Winship ; J’ai pleuré devant la fin d’un manga. Du 16 novembre 2024 au 30 mars 2025. Château d’Aubenas.

L’image de couverture> Vue de l’installation de Julien Ceccaldi, exposition J’ai pleuré devant la fin d’un manga. ©Julien Ceccaldi. Photo Polina Tkacheva