Rétrospective 2014 – Les chouchous !

Histoire de finir l’année en beauté, alors que nous nous apprêtons à répondre au mot d’ordre des confiseurs : « Trêve ! », la rédaction vous propose une singulière rétrospective fondée sur ce que nous avons vu durant l’année écoulée. Il n’est pas ici question d’établir un énième classement, top 50 ou palmarès, encore moins de remettre des prix ou bons points, mais d’offrir un panorama subjectif de 2014. Chaque participant a choisi un artiste et une exposition dans l’actualité de ces douze derniers mois. Plus question d’informer au sens strict mais de partager des choix pour des raisons à la fois sensibles et personnelles. Douze lignes pour s’expliquer, pas plus ! L’exercice a séduit et amusé parce qu’il était décidé comme ne reposant sur rien d’autre que l’envie et la liberté de s’exprimer sur des œuvres qui tiennent à cœur. Chacun d’entre nous s’est vu confronté au choix. Evidemment qu’en une année, il se trouve bien plus de deux sujets à évoquer, mais le challenge résidait précisément dans cette capacité à ordonner les priorités. Sensation, histoire, sentiment, défense d’une cause, découverte… tous les prismes ont été utilisés et croisés. La seule obligation était de s’engager. Devant nos yeux ont défilé les expositions les plus en vue, au public acquis par avance comme celle de Bill Viola au Grand Palais, à la force magnifique comme celle d’Anselm Kiefer à la Royal Academy of Arts, à Londres, et, jusqu’à la toute nouvelle et forcément hypnotique d’Olafur Eliasson, à la Fondation Vuitton, à Paris. Les noms d’artistes dont nous avions envie de parler se sont bousculés sous cette plume qui tentait de mettre de l’ordre dans notre esprit. Il y avait là en tête et sans possibilité de rendre dans toute son exhaustivité le foisonnement de nos réflexions : Sarkis et Delphine Gigoux-Martin, Emilie Sévère et  Richard Texier, Tania Mouraud et Fabien Mérelle, El Anatsui et Mai Tabakian, sans oublier Ai Weiwei, Karine Marenne, Djamel Tatah, Olga Kisseleva, Gabriel Orozco, Bertille Bak, Ivan Messac, Chiaru Shiota, Ronald Ophuis… Stop ! Vous l’aurez compris le choix était cornélien. Voici donc déposé sous vos yeux notre cadeau de fin d’année. Joyeux Noël à tous !Prochaine mise en ligne : lundi 5 janvier 2015.

Pour Charlotte Waligòra

Photo Charlotte Waligòra
L’atelier de Damien Cabanes.

Damien Cabanes1. Lorsque je suis arrivée au bout de l’allée qui mène à son « atelier », se déployait un chaos qui transformait l’espace en antichambre de tout ce qui est à venir. Ce chaos parfois mental – soudain miraculeusement visible et palpable – qui précède la peinture, l’écriture, la musique, le travail de la matière en sculpture. Qui précède tout acte ou geste créateur, transformateur, déjà entendu de cette manière par Ovide dans Les Métamorphoses, par ailleurs écrites à l’aube de notre ère pour décrire l’état de l’univers avant sa création, juste avant le Big Bang. En voyant les chaussures de Damien, constellées d’éclaboussures et de taches colorées, je me suis souvenue de celles de Bernard Réquichot (1929-1961) et de son œuvre qui commémorait d’autres espaces par la matière et ses épaisseurs en « ébullition ». Je me suis souvenue de ces mots écrits en 1951 : « Mais certains disent que le monde est une prison, et tous les hommes sont un peu inadaptés au monde, attachés à quelque chose qu’ils ont laissé à l’entrée de la vie, chose qu’ils ont laissée dans l’absence ? Absence indivisible c’est-à-dire in-nombrable ; c’est là que règne la durée informe et uniforme, l’homogène sans rythme ; l’anti nombre ou poésie totale et dissolvante. C’est un peu cela que l’on retrouve chez tous les hommes et surtout chez ceux qu’on aime. »2 Comme s’ils préfiguraient l’œuvre de Damien Cabanes et avaient été écrits, pour – en tous points – l’expliquer avant même qu’elle n’advienne.

Charlotte Waligòra
Pinacoteca do Estado de São Paulo, Brésil, Charlotte Waligòra et Ricardo Càstro.

L’exposition Tino Sehgal3  à la Pinacoteca do Estado de São Paulo, Brésil, avec Ricardo Càstro le 21 avril. J’étais partie comme ça, à l’aventure, pour travailler avec Ricardo à la rédaction d’un projet mettant en scène tous les aspects de son œuvre fantastique à l’aune du carré noir de Kasimir Malevitch. Nous avions traversé les quartiers de Républica et Campos Eliseo compris entre Hygienopolis et le Praça da Luz pour nous rendre à la Pinacoteca. La ville se dévoilait enfin : des rues, des avenues, des façades d’immeubles formant des associations prodigieuses avec la végétation tropicale qui fleurit entre deux arêtes d’immeubles. Une vision en parfaite correspondance avec l’art brésilien auquel j’avais été initiée. Notre visite de la Pinacoteca et les regards plongés sur les œuvres brésiliennes modernes et contemporaines ont soudainement été détournés par un chant, sublime, fredonné par une voix d’ange. J’étais persuadée qu’elle émanait de l’extérieur du musée ou d’un ailleurs qui matérialisait la nature de l’instant, à intervalles irréguliers. C’est au carrefour de deux corridors, à l’étage, que tout s’est précisé. Une femme, albinos et longiligne, au sourire incomparable, entonnait de sa voie toute aussi élancée : « This is propaganda / you know / you know » dans cette atmosphère sourde, au ralenti, propre aux musées lorsqu’ils sont presque vides.  Je ne savais pas qu’une exposition Tino Sehgal y était programmée et je n’avais encore jamais assisté à une de ses œuvres. Une ignorance salutaire m’a permis de faire, de la plus belle manière qui soit, l’expérience d’une œuvre immatérielle de Tino Sehgal datée de 2002.

Pour Samantha Deman

Luis Camnitzer, courtesy Alexander Gray Associates (New York)
El sonido de un nombre, Luis Camnitzer.

Luis Camnitzer. Rendez-vous est donné à la galerie parisienne Cortex Athletico pour découvrir la toute première expo personnelle en France de l’un des pionniers de l’art conceptuel outre-Atlantique : l’Uruguayen Luis Camnitzer*. Nous sommes le 6 février. L’artiste est présent et se glisse volontiers dans le rôle du guide, nous emmenant à sa suite d’une œuvre à l’autre – estampes, sculptures et installations – pour en évoquer la genèse et le contexte, ainsi que le rapport récurrent au langage, central dans ses recherches. Le tout avec une aisance sans doute liée à son goût pour l’enseignement, « partie intégrante » de sa démarche artistique ; jugeant par ailleurs la conscience politique indispensable à la compréhension du monde, ses œuvres, cours et écrits sont autant de moyens de l’encourager. Quelques minutes en tête-à-tête nous serons accordées durant lesquelles l’homme évoque avec simplicité ses origines juives-allemandes, son attachement à l’Uruguay  – où sa famille se réfugie en 1939, année de ses deux ans – et, plus largement, à l’Amérique latine ; son « exil » aux Etats-Unis, où il s’installe définitivement durant la dictature qui broie le pays de son enfance de 1973 à 1985, et la culpabilité inhérente qui, longtemps, le poursuivra… Luis Camnitzer fait partie de ces rencontres dont on sort à la fois ému et reconnaissant, humble et grandi.
* Lire aussi La leçon d’éveil

© Sylvie Blocher, photo Rémi Villaggi
Vue d’une séance de vol d’un participant pendant le tournage de <i, Sylvie Blocher.

S’inventer autrement, exposition présentée au Mudam Luxembourg depuis le 8 novembre. Un choix motivé par l’envie de rendre hommage à la démarche de l’artiste française Sylvie Blocher – pour qui l’humain constitue la matière première de son travail vidéographique –, comme à celle d’une institution qui invite, depuis son ouverture en 2006, à poser un regard sur le monde « en conservant toujours une distance poétique et un brin d’humour », pour reprendre les propos du directeur du Mudam Enrico Lunghi. Le désir de saluer, aussi, le format original adopté par une exposition qui, outre la plongée dans l’univers de l’artiste – à travers des œuvres clés telles Speeches, Change the Scenario ou encore Living pictures / Les témoins – ne fut rien de moins, durant ses premières semaines, en novembre, que le cadre exceptionnel d’une « œuvre in progress » : Dreams Have a Language, un projet participatif qui a vu le Grand Hall transformé en studio de tournage. Au fil des jours, une centaine de personnes, ayant répondu à une petite annonce dédiée, se sont élevées dans les airs – grâce à une machinerie sophistiquée –, invitées à « lâcher-prise », à laisser libre cours à l’imaginaire. Autant de corps en suspension dont les images ont nourri une installation silencieuse présentée au sous-sol. Un travail sensible et puissant à découvrir jusqu’au 25 mai 2015.

Pour Anne-Laure Robert

Patrick Swirc
Série Sibérie, Patrick Swirc.

Patrick Swirc. Instinctif et rapide, le photographe français traque le petit moment d’égarement de ses proies. Une main qui se crispe, un sourcil qui se lève, une grimace de fatigue, un visage qui se détourne. « Clic-clac », c’est dans la boîte ! Il paraît que certains s’en mordent les doigts mais, dans l’ensemble, les célébrités continuent de défiler devant  l’objectif de Patrick Swirc. Peut-être parce que lui aussi accepte de livrer ses moments de faiblesse. Largué par celle qu’il aime ? Il lui écrit une lettre à sa façon, une suite de photos prises quotidiennement pendant deux mois. En cela, on le compare à Sophie Calle qui, ne parvenant pas à répondre à un mail de rupture, avait demandé à d’autres d’y répondre (Prenez  soin de vous, 2007). Mais plus que l’intime, c’est surtout la vie que semble vouloir capturer Patrick Swirc dans ses clichés. D’où des carnets de voyages tout aussi sublimes que ses portraits de V.I.P.

Kourtney Roy
Lady Deauville, Kourtney Roy.

Ils pensent déjà que je suis folle, carte blanche du PMU/Le Bal donnée à Kourtney Roy du 30 avril au 11 mai, à Paris. Des images hautes en couleur, saturées de lumière : autant dire que la photographe canadienne marche dans les pas des plus grands. On pense évidemment à William Eggleston. Mais, grâce à son petit grain de folie, Kourtney Roy  parvient à imposer son identité. Tout son travail repose sur un imaginaire foisonnant. A la fois décalé, comique ou angoissant. C’est principalement à travers des autoportraits qu’elle nous en livre quelques bribes. Dans ses vies parallèles, on la découvre en femme fatale entourée de trois molosses sur la plage de Deauville ou en blonde peroxydée aux faux airs de Marilyn Monroe. Excès de narcissisme ? Elle avoue être assez peu à l’aise à l’idée de diriger des modèles. De toutes façons, qui mieux qu’elle pourrait interpréter ce qui lui  passe par la tête ? Lauréate de la carte blanche sur l’univers des jeux et des paris du PMU, elle multiplie les poses improbables et incongrues dans les coulisses des hippodromes et intitule, très lucidement, sa série Ils pensent déjà que je suis folle.

Pour Marie-Laure Desjardins

Fred Forest
Fred Forest au MoMA.

Fred Forest. Qui ne connaît pas Fred Forest ? Toujours trop de personnes assurément. Nous nous sommes rencontrés pour la première fois, il y a quelques années à Sarajevo, à la galerie 10 m2 fondée par le plasticien français Pierre Courtin. Depuis lors, nous avons pour habitude de nous retrouver régulièrement devant un café pour échanger sur l’art d’aujourd’hui. Mais Fred a toujours un coup d’avance ! Alors, quand il m’a parlé de faire une performance « sauvage » au MoMA, à New York, avec les fameuses lunettes augmentées de Google sur le nez, je n’ai pas pu jouer les étonnées. La Sociological walk eut lieu le 9 mai entre 16 h 30 et 18 h. Si l’événement méritait bien que l’on s’y attarde*, il n’est pas l’unique raison de mon choix.Disons plutôt qu’il me sert de prétexte pour louer une énergie et une œuvre hors du commun. Je ne reviendrai pas ici sur l’histoire, le goût de la provocation, l’anticonformisme et le sens inné de l’antisystème de l’intéressé. Je préfère utiliser le peu de place qu’il me reste pour faire une déclaration à l’instar d’un vœu : Fred Forest est un artiste français majeur qu’il nous faut honorer maintenant.
* Lire aussi L’art du défi

Photo MLD
Vue de l’exposition Une lettre arrive toujours à destinationS, La Panacée.

Une lettre arrive toujours à destinations, exposition présentée par La Panacée, du 18 juillet au 16 novembre, à Montpellier. Pourquoi cette manifestation parmi toutes celles découvertes en 2014 ? Premièrement, parce qu’il est rare de donner à voir autant qu’à penser. Une lettre arrive toujours à destinations* compte parmi les expositions qui explorent un périmètre à la fois singulier et original de la création contemporaine, tout en prenant soin de présenter une « famille » d’œuvres réalisées au cours des décennies passées, histoire de nous rappeler qu’aucune manifestation de l’art n’émerge ex nihilo. Deuxièmement, parce que La Panacée a pris l’habitude de réactiver des œuvres imaginées il y a des années. Cette initiative, en plus d’agir comme une machine à remonter le temps, possède une autre vertu : faire vivre l’art de l’intérieur. Elle permet également de vérifier combien les pièces choisies ont vu juste dans le jeu de l’homme tant elles demeurent d’actualité. Troisièmement, parce que La Panacée et son directeur, Franck Bauchard, ont eu des inquiétudes pour leur avenir et que je tiens à leur exprimer notre soutien et nos remerciements pour leur remarquable travail.
* Lire aussi Arrivée à bon port

Par Yassine El Azzaz

Adel Abdessemed
Untitled, Adel Abdessemed.

Adel Abdessemed. Quand, en 2012, Adel Abdessemed transforme le coup de tête de Zidane en sculpture monumentale devant le Centre Pompidou, l’artiste n’en est pas à sa première polémique. Quelques années auparavant, en dénonçant l’abattage industriel des animaux dans sa vidéo Don’t trust me, il s’attisait déjà la colère des défenseurs de la cause animale. Sa démarche est coupante, à l’image de ses Christ en barbelés ou des lames de rasoirs qui composent une de ses récentes sculptures ; elle choque, dérange et témoigne d’un intérêt particulier pour l’actualité. Adel Abdessemed se fixe pour objectif d’« obliger à réfléchir sur la violence » inhérente à la condition humaine. En choisissant aujourd’hui de représenter le sacrifice d’Isaac dans Untitled, il offre une dimension historique à des problématiques contemporaines. Au-delà de la dénonciation de l’islam radical, les personnages du père et du fils imposent à mes yeux une réflexion autour de la masculinité et de ses obscurs rapports à la brutalité. La galerie Yvon Lambert a consacré à l’artiste son ultime exposition parisienne en 2014.

Thomas Hirschhorn
Flamme Eternelle, Thomas Hirschhorn

L’Etat du ciel, exposition proposée par le Palais de Tokyo, du 14 février au 7 septembre, à Paris. S’il fallait ne garder de l’année artistique qui s’achève qu’un seul souvenir, ce serait, sans hésitation, l’exposition collective L’Etat du ciel au Palais de Tokyo*. L’occasion d’une fascinante plongée dans l’univers imaginé par Hiroshi Sugimoto avec ses trente trois scénarios de la fin du monde. Une inquiétante histoire de l’avenir qui résume parfaitement les dérives de notre époque. Moins inquiétant et porteur d’espoir, Thomas Hirschhorn proposait non loin de là à 180 artistes, poètes et philosophes de se relayer tout au long de l’exposition pour faire vivre sa Flamme Eternelle. Un espace de 2000 m2 transformé en une sorte de squat entouré de banderoles et d’empilements de pneus, décor qui cachait une bibliothèque et un bar. Une expérience rare ouvrant la parenthèse éphémère et parfois naïve d’autres mondes « possibles ». Le temps d’une (trop) courte soirée.
* Lire aussi Sous un ciel chargé

Par Caroline Figwer

Denis Castellas
Alifib, Denis Castellas.

Denis Castellas. Depuis 2011, Denis Castellas partage son temps entre Nice et New York où dorénavant est installé son atelier. En marge des tendances et courants artistiques actuels, il construit ses toiles sur le mode du cheminement. Chacune d’elles semble résulter d’un combat et porte les traces de multiples interventions. Entre effacements et recouvrements, figures et motifs affleurent ou surgissent, s’incarnent et se répondent dans un chaos subtilement orchestré par la couleur. L’effacement, prémices d’une disparition annoncée, s’inscrit dans les couches successives de la peinture dévoilant des espaces insoupçonnés dans les profondeurs de la matière. Une histoire se meurt pour laisser la place à celle qui point sous nos yeux. Dans ses pièces récentes, habitées d’une énergie nouvelle, la figure s’efface au profit de la trame. Une série qui se décline en une multitude de variations autour d’un thème unique : la poésie. Bonne nouvelle ! La galerie Bernard Ceysson accueillera l’artiste à Saint-Etienne, du 22 janvier au 30 mars 2015.

Les 25 ans de la Galerie du Tableau, exposition présentée à la galerie Saint Laurent, à Marseille. Un coup de chapeau à la galerie du Tableau à Marseille et à l’engagement de Bernard Plasse, son créateur. Depuis 25 ans maintenant, l’homme s’attache à promouvoir dans sa région et hors des frontières la jeune création marseillaise, mais aussi des artistes venus d’ailleurs rencontrés lors d’échanges internationaux. Ainsi cet espace de 16 m2,qui a accueilli plus de 1 000 expositions solo, apparaît désormais comme l’un des lieux emblématiques de l’art contemporain à Marseille. Pour fêter cet anniversaire, Bernard Plasse a fait appel à plus d’une centaine d’artistes ayant par le passé occupé ses cimaises et présente une exposition rétrospective. Bien évidemment, ses murs n’y suffisaient pas, c’est donc la toute jeune galerie Saint Laurent qui accueille l’exposition jusqu’au 17 mars prochain.

1 Né en 1959 à Suresnes, peintre, sculpteur et vidéaste. L’espace en question a fait l’objet d’un film, Valeurs loustiques, récemment diffusé dans le cadre de la « Semaine asymétrique » organisée par le Polygone étoilé, du 30 novembre au 7 décembre à Marseille.
2 Les Ecrits de Bernard Réquichot, Lettres à un ami, 1951, p. 101.
3 Tino Sehgal, du 22 mars au 4 mai à la Pinacoteca de São Paulo.

Diana Lange et Julio Le Parc s’adonnent aux bijoux !

Diana Lange/Nubi
Substrate, Diana Lange.

Un bruit court : le père Noël n’aurait pas encore terminé ses emplettes ! Parmi la foultitude d’idées que nous aurions pu retenir pour lui donner un coup de main, il en est une qui fait mouche chez les dames : le bijou numérique de Nubi. Cette irrésistible création, carrossée or ou argent, renferme et diffuse vos images ou celles imaginées par des artistes invités. Après la broche de Miguel Chevalier, voici le sautoir de Julio Le Parc. « Plusieurs essais ont d’abord été faits à distance, notamment à l’aide de vidéos des installations de l’artiste réalisées par son fils Yamil. C’est à partir de ces tests, que Julio Le Parc a pu imaginer la version définitive et me donner ses consignes. Une première édition de Continuel-Lumière-Bijou a été finalisée pour l’exposition à la Serpentine*, à Londres, et une deuxième, inspirée de Continuel-Lumière-Cylindre, œuvre présentée au Palais de Tokyo en 2013, est en cours de réalisation », explique Aude Morandat. A noter également, la carte blanche donnée à la plasticienne allemande Diana Lange. Les bijoux Nubi seront visibles du 2 au 21 février dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris, dans le cadre de l’exposition Design & Artisanat d’art.
* Julio Le Parc jusqu’au 15 février 2015, Serpentine Sackler Gallery, Londres.

Crédits photos

Une lettre arrive toujours à destinationS © Photo MLD – Untitled © Adel Abdessemed – Atelier de Damien Cabanes © Photo Charlotte Waligòra – El sonido de un nombre © Luis Camnitzer, courtesy Alexander Gray Associates (New York) – Alifib © Denis Castellas – © Fred Forest – Lady Deauville © Kourtney Roy – Substrate © Diana Lange/Nubi – Série Sibérie © Patrick Swirc – Dreams Have a Language © Sylvie Blocher, photo Rémi Villaggi – Pinacoteca do Estado de São Paulo, Brésil © Charlotte Waligòra – Flamme Eternelle © Thomas Hirschhorn