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« La vache est un animal très paradoxal, symbole de la maternité, plastiquement beau, mais aussi imposant et puissant, qui peut faire peur. » Donc Romuald Delaire peint des vaches, et ce depuis douze ans. Et si le thème n’a pas changé, le regard a évolué. L’œil du promeneur des débuts, qui embrassait un troupeau, offre aujourd’hui à chaque animal un moment d’éternité. Mais le propos n’est pas décoratif. Loin de l’anecdote, l’artiste s’intéresse à la peinture, cette recherche qu’il mène au jour le jour. Romuald Delaire vit son art comme un combat. Avec le support de ses tableaux, d’abord, qu’il crée lui-même : hier en grillage pour déformer le cadre, aujourd’hui en bois pour le sculpter. L’artiste travaille ensuite avec un matériau constitué d’herbes, de paille et de terre et coloré dans la masse. Sur la toile se dessinent reliefs et coulées qui seront ensuite repeints. « Cette manière de travailler contribue à m’apporter des difficultés. Mais je suis ainsi. Si j’ai le sentiment de maîtriser quelque chose, ça ne m’intéresse plus. » Ces portraits de vaches gardent la trace de ce corps à corps avec la matière. Loin d’évoquer des joies champêtres, ils recèlent une tranquille violence.
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