Pierre-Olivier Arnaud | Un autre halo

Pierre Olivier Arnaud

« Toujours dans une esthétique volontairement économe et un mode de présentation radicalement sobre (absence d’encadrement ou de tout système d’accroche spécifique), Pierre-Olivier Arnaud poursuit sa réflexion sur la production d’images. Malgré l’omniprésence de la photographie, le travail s’apparente davantage à celui d’un plasticien, ayant pour matière première l’image qu’elle ait été prise par ses soins ou non. L’artiste y réunit des travaux réalisés depuis 2015, un corpus d’images (playstill) récoltées dans la presse quotidienne – gros plans et détails d’images publicitaires dans la plupart des cas – ou lors de flâneries urbaines. Cette déambulation hasardeuse favorise la création de photographies de vitrines et d’enseignes de magasins. Systématiquement réalisées en sérigraphie, dans un format unique (176 x 120 cm) et collées à même le mur, ces images se conforment, en apparence du moins, à leur statut d’images publiques. (...) Dans cette basse définition assumée et revendiquée, l’objet source est non identifiable, méconnaissable, perdu. L’artiste n’en préserve que le caractère abstrait pour le tirer vers le motif. Un motif qui vient parfois à se répéter. C’est le cas de sans titre (play still_14), sorte de scintillement ou de constellation en négatif qui se déploie sur tout un mur de l’exposition. Comment déterminer l’original de la copie ? Interrogation légitime mais vaine. Peu importe, l’original se perd au fil des étapes de la création. C’est l’avenir même du médium photographique qui est en jeu, la reproduction (papier ou numérique) et la déclinaison s’affirmant comme les seules possibilités de survie. L’artiste ne nous offre que des prototypes qui plongent le spectateur dans un temps suspendu, un entre deux dans lequel tout semble encore possible. » Julia Mossé, galeriste. Visuel : Sans titre (play still_14), Pierre-Olivier Arnaud, 2015. Photo Eric Tabuchi.