Ma Kelu | Le souffle et le vide

Pour sa première exposition en France, les tableaux de Ma Kelu sont présentés au sein de la galerie des peintures murales de la Cité de l’architecture et du patrimoine, dans le cadre du programme de la Cité dédié au dialogue entre l’art contemporain et les collections permanentes, sous le commissariat de Matthieu Poirier.  Né à Shanghai en 1954, Ma Kelu appartient à une génération d’artistes qui, dès les années 1970, s’inscrit en marge des cadres officiels. Membre fondateur du groupe No Name, il s’installe à New York à la fin des années 1980, où sa compréhension de l’action painting et du color field le conduit vers une abstraction gestuelle, atmosphérique et dépouillée.  Issus de sa série la plus récente intitulée Ada, ses tableaux présentent des formes déchiquetées, nerveuses et pour la plupart monochromes. Celles-ci se déploient à la surface de toiles dont l’ample réserve joue un rôle à la fois aquatique et céleste. Ada n’est rien d’autre que la transcription du cri de combat de Bruce Lee. Pour Ma Kelu, cette exclamation évoque une action immédiate, déclenchée sans réflexion préalable, un mode d’apparition de la peinture. Il résume d’ailleurs cette impulsion spontanée dans une formule : « tout y est, mais il n’y a rien », porteuse d’une tension chère à François Cheng entre plein et vide, énergie et néant. Visuel> Ma Kelu, Silver-Blue, série Ada. © Ma Kelu