L’OPLINEPRIZE : remise des prix à la Sorbonne sous le signe de l’IA et de l’amour !

Pour sa 18 ème édition, l’Opline prize, le premier prix d’art contemporain numérique offrant une participation en ligne au public s’est placé  sous le signe de l’Intelligence Artificielle lors d’une Nuit Blanche dédiée à l’amour : comment faire le grand écart ?!

Fictions spéculatives, hybridations homme-machine, œuvres génératives, danse augmentée…Et questionnements légitimes sur les perspectives invisibles de nos  interactions  personnelles et collectives  sur les réseaux connectés sont autant de regards esthétiques, poïetiques, critiques, allégoriques  ou expérimentaux à la croisée  des arts et des sciences, qui sont proposés ou mis en scène dans des œuvres, des films ou des dispositifs par 18 artistes contemporains, qui de manière singulière  abordent, utilisent, ou questionnent l’IA ou la repousse dans ses usages qui bouleversent  non seulement l’art et la création mais tout notre notre rapport  au monde.

©Alessandro BAVARI, Détail du film- portrait de l’artiste Alessandro BAVARI proposé pour le prix Oline 2026 par Majid SEDDATI.

Choisir un gagnant parmi 18 candidats en lice proposés par 18 commissaires indépendants était un défi cette année  qui relève autant d’un tirage au sort, d’une course hippique ou encore, des interactions invisibles qui se trament dans les limbes de l’Anoptikon (voir l’article consacré à Olivier Auber) quand l’artiste lui doit s’assurer du soutien d’un réseau d’internautes chevillé au corps !  L’Oplineprize  nous l’avons compris est une manière de mettre en lumière  des artistes et des postures exemplaires qui mériteraient débats et une grande exposition plutôt qu’une mise en compétition,  mais tel est le jeu !
Et  puisque la remise des prix – celui du Public, des Commissaires et du Jury New medias – a lieu  à la Sorbonne, le 6 juin, soir de La Nuit Blanche placée sous le signe de l’amour, il nous a semblé de bon augure en attendant le dénouement, de vous livrer dans un texte d’introduction écrit par Linda Rolland, (aka Kalon Glaz) curatrice et membre du jury New media, sa vision d’une Intelligence Artificielle réparatrice,  inspirée par  la pratique et philosophie japonaise du « Kintsugi ». Car nous le savons tous.tes, s’il y a bien une chose que l’IA ne peut nous offrir ou nous rendre sans simuler, c’est bien l’amour… A moins qu’elle ne concourt, c’est déjà ça, à  l’amour de soi  ?

© Olivier Auber – IA Midjourney 2022 – Prompt : quel serait le sens de unvoid ((the non-empty) le non vide en art ? image interdite par les fondateurs de Midjourney après sa création.

l’IA Kintsugi ou « Réparer l’amour avec l’Intelligence Artificielle.

« Au Japon, il existe une pratique ancienne appelée l’Art du Kintsugi, l’art de réparer la céramique brisée avec de l’or. L’or la rend plus belle, unique et plus solide. Comme une relation amoureuse comblée. Et si l’Intelligence Artificielle jouait le rôle de l’or dans nos relations amoureuses ? Le kintsugi ne répare pas la céramique à la place du potier. C’est lui qui tient le pinceau. C’est lui qui décide où passe l’or, qui accepte la fêlure comme partie intégrante de l’objet, qui choisit de ne pas cacher la blessure, mais de la magnifier. Une relation avec une IA ressemble plus à : aimer les frites – le plaisir, la satisfaction, la réponse immédiate -
 qu’à aimer quelqu’un(e), l’altérité, le conflit, l’imprévisible. Mais c’est une simulatrice, parce que dans une histoire d’amour il y a deux potiers voir plus… et l’IA kintsugi ?!
Dans le théâtre grec antique, quand l’intrigue devenait inextricable on faisait descendre un dieu sur scène Deus ex machina. L’IA devient notre dieu dans la machine. On lui confie notre créativité, notre imagination, nos diagnostics médicaux, tous nos questionnements. Il paraît naturel, presque inévitable, de lui confier aussi la réparation des amours car elle en sait plus sur nous que nous sur elle. L’IA kintsugi ne promet pas que la réparation sera 
facile. Elle dit seulement qu’elle en vaut la peine, et 
que c’est nous qui devons « prompter ». Et, je cite Marshall McLuhan (1964) dans Comprendre 
les médias : « L’homme devient, pour ainsi dire, les organes sexuels du monde des machines, comme l’abeille du monde végétal, lui permettant de féconder et de faire évoluer sans cesse de nouvelles formes. » 
L’IA ne peut pas nous apprendre à comprendre l’autre. Elle n’a pas cette capacité. « Il manque aux robots la versatilité, l’auto adaptivité et la flexibilité. » disait Philippe Coiffet, l’un des pionniers de la robotique française et ancien directeur du Laboratoire de Robotique de Paris. Et Yann Minh, artiste référent du prix opline et créateur en 2026 des trophées qui seront généreusement remis aux trois lauréats d’ajouter : « il leur manque aussi l’autoréparation et l’autoreproduction. » . L’AI voudrait être notre Dieu. Il lui manque pourtant l’essentiel : un corps ! (Quoi que Dieu précisément, n’en a pas non plus, ndlr). Que les fissures laissent passer la lumière. » Linda Rolland, lors de la présentation des artistes à l’Ecole 42 le 12 mai 2026.

Nous  aurions  bien besoin en effet de cette  IA  « Kintsugi » au moment même où les dirigeants de ce monde aveuglés par la course à l’IA semblent manquer de vision autant que d’amour, trop affairés à trouver de l’or !

© Sebastien Loghman  : Détail de l’œuvre, Comment peut-on être Persan ? Entre cinéma et exposition, Sebastien Loghman cherche à créer des œuvres où l’intime rencontre des questions existentielles et politiques. Archives personnelles détournées, doubles fictifs, glissements entre réel et projections technologiques, son travail ouvre des espaces de trouble perceptif, où le visible devient instable. Il s’intéresse à ce moment où une image cesse de simplement représenter le monde et commence à le transformer.

RDV dans l’amphi Richelieu de 18h à 21h, Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne à Paris pour une cérémonie en présence des artistes et des 18 curateurices, orchestrée par Michèle Robine, créatrice du prix, ORLAN sa marraine historique, Eric Scherer président du jury expert en IA pour la culture, les arts et les médias (excusé ce soir) et Maurice Levy, président d’honneur de Publicis, sous la haute bienveillance de Yann Toma en maitre de cérémonie, professeur des universités en arts à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et président du jury nouveaux medias ! Réservation gratuite mais obligatoire ici !

Voir le film de l’artiste Yann Mihn sur l’inspiration qui l’a mené à la création des trophées  offerts au Lauréats : OplinePrize #18 2026 – – CyberIdoles- Netra Anvaran Cybernetika. ©Yann Minh

… Et les Lauréats sont : Primavera De Filippi pour le prix des commissaires, Véronique Béland pour le prix du Jury Nouveaux medias et Yue Cheng pour le prix du public.

 

©Yue Cheng : image issue de Sphère 3 : L’île et l’insulation est une sculpture vivante, un écosystème en forme de sphère simulant un refuge post-apocalyptique, selon le postulat de l’artiste : Envisageons un avenir dans lequel notre milieu ne serait plus habitable. Vivrions-nous alors en harmonie avec notre environnement ?
© Véronique Beland : 
depuis plus de quinze ans, les installations interactives de l’artiste québécoise à la croisée des arts et des sciences l’ésothériques interrogent notre rapport au monde, à partir de ce qui échappe aux sens et façonne en profondeur notre manière d’habiter le réel.
© Primavera de Filippi : Plantoid 9, 2018, Sculpture cinétique en métal (acier, fer recyclé), composants électroniques, microcontrôleurs (Arduino), et système de gouvernance basé sur la blockchain Ethereum (Smart Contracts). Artiste, chercheuse et juriste Primavera de Filippi explore les intersections entre l’art, le droit et la technologie. Directrice de recherche au CNRS à Paris et Faculty Associate au Berkman Klein Center for Internet & Society de l’Université Harvard, elle consacre ses travaux aux défis juridiques et politiques soulevés par les technologies décentralisées et l’intelligence artificielle. Sa pratique artistique incarne les conclusions de ses recherches dans le monde physique, donnant vie à des créatures hybrides qui existent simultanément dans l’espace numérique et matériel.

 

  Informations complémentaires : 

Le 8 juin 2026 à 15h45 dans le cadre du festival Côté Court – Projection de “Comment peut-on être Persan ?,” de Sébastien Loghman et table ronde  organisée et modérée par la SRF, avec les cinéastes Ella Altman, Sara Creta, Sébastien Loghman et David Tomaszewski à partir de leurs expérimentations. Échange modéré par Thomas Coispel.

OplinePrize Générative génération 

Un grand remerciement à Louis GODART et Genny HUYNH pour la mise en ligne du site, le  montage vidéo des portraits des 18 candidats et toute la communication  autour du prix 2026.

©photographie Yann Minh : les commissaires et les artistes réunis autour d’ORLAN,  Michèle Robine et Yann Toma sur la scène de l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne à Paris.
©photographie Yann Minh : ORLAN et Yann Toma sur la scène de l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne à Paris en maîtres de cérémonie, énergiques et pertinents sous le regard de Michèle Robine fondatrice du prix opline Internationale

Duos commissaires artistes : Sara ANEDDA/, Frédérick DE WILDE, Nils AZIOSMANOFF/ Véronique BELAND, Maurice BENAYOUN/ Primavera DE FILIPPI, Jean-Jacques GAY/ Alizée ARMET, Alexandre GEFEN/ Aurèce VETTIER, Véronique GODE/ Olivier AUBER, Alexia GUGGÉMOS/ Jeanne MOREL et Paul MARLIER, Hafida JEMNI DI FOLCO/ Sébastien LOGHMAN, Yvannoe KRUGER/ Mathilda SOARES-PEREIRA, Eric LEVY/ Mathieu VALADE, Maria-Grazia MATTEI/ Tamiko THIEL, ORLAN/ Marie MAILLARD, Valentina PERI/ Albertine MEUNIER, Julia PETIT/ Margarita WENZEL, Pascale PRONNIER/ Yue CHENG, Dominique ROLAND/ Sarah SILVERBLATT-BUSER, Majid SEDDATI/ Alessandro BAVARI, Gabriel SOUCHEYRES/ Julie Stephen CHENG

Jury Nouveaux Médias : Ada ACKERMAN, Yacine AIT KACI, Véronique BATON, Alexandra BOUCHERIFI – Kornmann, Evelyne DERET, Alex ESTORICK, Géraldine FARAGE, Véronique GRANGE-SPAHIS, Valérie HASSON-BENILLOUCHE, Mihaela ION, Etienne MINEUR, Jeanne MARCHALOT, Alison MOSS, Linda ROLLAND, Janine SARBU, Alain THIBAULT, Yann TOMA, Mathieu VABRE