Philippe du Crest | Trans’Humanité

« Photographe marseillais, Philippe du Crest nous offre à regarder celles et ceux qui l’entourent, fasciné comme il le dit lui-même par le corps. Mais dans sa série photographique réalisée entre 2012 et 2019 et intitulée Trans’Humanité à quelle identité sommes-nous confrontés ? Nous nous posons la question, tout comme le photographe l’a posée face aux Trans’ qu’il est allé rencontrer, non pas pour éclaircir un soi-disant mystère mais pour mieux comprendre à travers l’image donnée, à voir ce qui fait que pendant des siècles des personnes se sont retrouvées seules, stigmatisées, incomprises, malmenées par notre société et les lois du genre binaire qui la régissent. (…) Philippe du Crest nous révèle ainsi des personnes d’un genre autre que celui imposé par la nature, mais surtout des identités qui véhiculent, comme tout un chacun, leur plénitude, leurs failles, leurs doutes. Il sait amener son modèle à se confier visuellement face à son objectif. Il entre dans une certaine intimité par la voix, le dialogue, puis si la complicité s’installe, alors la prise de vue a lieu. La rencontre se passe la plupart du temps chez le modèle, (maison, atelier, jardin), ce qui fait son moi intime à un moment donné, le temps T de la photographie et qui lui donne son sens, même s’il nous est dissimulé. Ou bien, la rencontre a lieu en extérieur mais dans un lieu dont la neutralité n’est qu’illusion. Un détail surgit en effet, qui devient évocateur, capable de recréer cette intimité. (…) A chaque photographie existe une anecdote révélatrice de l’histoire de chacun(e), mais aussi ce que le photographe a su percevoir ce qui fait que ces Trans’ sont eux ou elles-mêmes, devenant alors par leur statut de modèles des icônes modernes. Différents niveaux de lecture peuvent ainsi se croiser, enrichissant l’image. Philippe du Crest à travers ces portraits en pied lève le voile non seulement sur des êtres mais aussi sur notre société aujourd’hui. L’intemporalité surgira malgré tout car la sobriété et la sincérité de ce regard nous défient et offrent à ses modèles l’infinitude. » Nathalie Béreau, galeriste. Visuels : Extraits de la série Trans’Humanité, Philippe du Crest.