Mathieu Ducournau | Apparitions

Pour sa première exposition personnelle à la Galerie Chevalier, Mathieu Ducournau joue avec le figuratif et l’abstraction. Artiste atypique, il choisit le fil comme medium privilégié de son expression artistique. Que ce fil soit malmené par sa machine à coudre ou qu’il virevolte librement jusqu’à la toile, comme un dripping, le fil est conducteur, le révélateur d’une ligne, d’un regard, d’un sourire… D’une part, il y a les topographies, qui sont comme des reliefs abstraits où chacun peut apercevoir ce qu’il souhaite y voir… et d’autre part, les portraits. La thématique du portrait s’inscrit dans une tradition picturale mais petit à petit, le motif va migrer, se détacher, tel un Suaire contemporain ! Avec la série des Anonymes, l’artiste transfigure chaque détails, jusqu’à faire ressortir la personnalité du modèle. Puis l’artiste poursuit l’exploration de la représentation du portrait à travers les époques, avec quelques grandes figures de la mémoire collective. De Velázquez, à Vinci, de Rembrandt au Greco, en passant par l’icône contemporaine par excellence : l’émoticône. Les références et les hommages défilent. Tels des mirages, ces portraits nous transportent par leur présence si particulière, presque fantomatique. Portraits du souvenir, ce n’est plus nous qui regardons la Joconde ou la Ménine, mais elles qui nous regardent. Les fils utilisés comme une peinture sèche, en se mêlant, en se superposant font apparaître ces visages comme s’ils étaient en trois dimensions. D’apparence plus floue, ils n’en deviennent que plus réels, plus vivants ! Visuel : Siv Tohn ( 118 x 143 cm), 2014 (détail).