Avec Au bord du ciel, Manon Pellan fait le choix d’un dessin qui accorde une place prépondérante au contraste. Issus de son imaginaire autant que de son quotidien le plus immédiat, ses dessins flottent en surface de fonds blancs – c’est dire à quel point la lumière est cruciale pour l’artiste. Dans l’évolution de sa pratique, la jeune femme a toujours été sensible aux contrastes et aux images – qu’elles soient cinématographiques ou vécues – dans une lumière aussi esthétique que conceptuelle. De ses différentes séries – « Ghost », « Etreintes » ou « Trash » – l’artiste puise ses idées dans sa vie personnelle. Les chemises de sa mère, la vaisselle de sa grand-mère ; autant de sujets tirés de souvenirs intimes à forte charge émotionnelle. Des objets désincarnés qui évoquent les différents sens et fonctionnent comme « une expérience du lien que je crée, non sans une certaine spiritualité, une sorte de cocon » affirme Manon Pellan. Ces objets sont véritablement attachés au vécu plus qu’aux vivants et dépassent la simple idée d’une projection mortifère. Le blanc, le vide, la lumière et les souvenirs constituent des moments de « tendresse, pudeur, sensualité, peur ou espoir ; selon les variations ». Visuel > Manon Pellan, Moon Fever, 2022.
Manon Pellan | Au bord du ciel

