Proche du chamanisme, la peinture de John Haverty porte en elle une force introspective ultra visible. « Chaque peinture est un voyage personnel pour moi ». Attaché aux albums rétro des années 60-80, à la culture du skateboard, et à la culture Hot Rod, l’artiste mélange ses intérêts avec ses voyages, « mais je préfère que chacun regarde mon art par lui-même, développe son propre opinion et apporte son imagerie autour de mes œuvres ». Lunatiques, étranges, féériques, beaux, ou laids, tout dépend, les dessins de l’artiste le racontent, « quand je travaille, je me perds. Je suis comme un enfant curieux dans un pays des merveilles psychédéliques ». Ses stylos peuvent ainsi passer des heures sur des détails, des lignes qui l’hypnotisent. Chaque ligne ou point est important pour lui, faisant de son travail une peinture complexe. Mais rarement l’idée qui le guide est complète, « chaque jour est différent, il y a de l’inconnu dans le processus créatif. Comme chaque jour est différent, chaque humeur est différente ». Plus tard en contemplant la pièce finie il retrouve les sentiments et pensées qui l’ont parcouru durant ce voyage, « j’ai des photos qui montrent la réalité de mon passé. Mais mes tableaux montrent les sentiments de mon passé ». C’est un peu comme ça qu’est apparu son projet monumental, ce tableau géant qu’il a commencé en 2013 : Gangrene. « Mon art, comme l’infection, est un ensemble qui continue de croître organiquement. Gangrène présente un festin visuel ambigu, qui met en lumière des problèmes embarrassant la société… ». Visuel : Tortolla Cut.
John Haverty | Gangrene

