Jérôme Zonder | Jusqu’ici tout va bien

Considéré comme l’un des plus grands représentants du dessin contemporain, Jérôme Zonder expose ici un ensemble de portraits, espaces de collision graphique où les différents régimes d’écriture déploient un monde psychique en pleine transformation. Ces "études" s’inscrivent dans la continuité de ses recherches autour de l’adolescence de Pierre-François, personnage fictif emprunté au film Les Enfants du Paradis de Marcel Carné (1945) et omniprésent dans son œuvre. Des petits formats faisant office "d’images sources" aux grandes compositions partagées entre ces multiples occurrences s’esquisse, au delà de l’histoire intime, un pan de l’humanité à l’ère anthropocène. Depuis près de vingt ans, Jérôme Zonder développe un système polygraphique accordant une large place au portrait, où la question de la représentation va de pair avec celle de l’identité. L’enjeu est de trouver une forme qui au-delà de figurer son sujet l’incarne. Filant l’humour noir du titre, "Jusqu’ici tout va bien", le détournement cynique des sources d’inspiration procède du même choc des contrastes. Une fois n’est pas coutume, l’univers de l’enfance y apparaît dans toute sa noirceur ambiguë : Arlequin prend des allures d’otage cagoulé tandis que les livres de jeunesse sont convoqués sous la forme d’un lapin cauchemardesque. Visuel > Pierre-François #8, 2020. (200 x 150 cm).