Dévaler la montagne, virevolter dans les herbes | Exposition collective

« Au début de nos échanges, Céline Vaché-Oliviéri, Charlie Jeffery, David de Tscharner et moi-même, une image s’est rapidement imposée, celle du virevoltant, communément appelé tumbleweed, cette plante nomade qui quitte sa racine une fois sèche pour se laisser porter par les vents, là où les terres sont les plus arides, particulièrement dans les déserts américains. Elle évoquait une idée de liberté, de mouvement, d’autonomie qui convenait parfaitement à la manière dont le projet progressait, empruntant des chemins de traverse plutôt que des lignes droites. Aucun de nous n’était pressé en effet de restreindre le champ des possibles, de se figer dans une position définitive. D’ailleurs la mobilité est une constante chez ces trois artistes ; leurs œuvres se fixent rarement dans des dispositifs accomplis mais rejouent au contraire leurs conditions d’apparition à l’occasion de chaque nouveau projet. (...) En cette période, où quelques interventions monumentales pimentent la scène parisienne, rivalisant de moyens spectaculaires et de prouesses techniques, Dévaler la montage, virevolter dans les herbes entend en constituer l’anti-thèse. Il y a ainsi la question du dépaysement qui fait son apparition, celle d’un territoire nouveau que l’on appréhende sans préjugés, sans formes toutes faites et pré-définies. (...) Au delà du territoire, le dépaysement, ici, se joue aussi au sein même de cette petite communauté à trois créée pour l’occasion. Céline, Charlie et David n’ont en effet jamais travaillé ensemble et pourtant ils abordent ce projet avec l’intention de réaliser une exposition véritablement collective, en échangeant les uns avec les autres, en imbriquant leurs réalisations et non en juxtaposant simplement des pièces autonomes. Chacun s’adapte à l’autre, accueille au sein de son dispositif des éléments extérieurs à lui-même et inversement, investit le dehors. » Solenn Morel, commissaire de l’exposition. Visuel : Vue de l’exposition Dévaler la montagne, virevolter dans les herbes. Photo Eric Tabuchi.