Œuvres récentes que l’artiste sétois André Cervera a ramenées de son dernier voyage en Inde ainsi qu’un ensemble d’une vingtaine de toiles réalisées pour cette exposition. Politique, religion, culture, toute l’humanité est retranscrite et passée au filtre du langage pictural de l'artiste. Cette exposition livre également pour la première fois au public les “toiles enterrées”… L’urgence de peindre le dévore. La peinture le brûle et le consume en un rituel vital, une obsession, un exutoire : peindre à l’excès pour peindre l’excès. Lorsqu’il peint il nous dit son propre rapport au monde dans ce qu’il a de démesuré. C’est à corps perdu qu’il se jette dans la peinture de la même façon qu’il raconte avec une exubérance exaltée les incidents de chaque jour. Il n’y a pas de sophistication dans le discours d’André Cervera, la parole, en cascade, est guidée par l’émotion, la vérité. Aujourd’hui, l’artiste est comblé, invité dans le monde entier. Pour l’enfant de Sète, qui, comme les artistes de la Figuration Libre, vient du peuple, c’est une sorte de revanche, un hommage obstiné à son père qui en d’autres temps s’est fait lâchement voler sa révolution en Espagne.
André Cervera | Le monde de Cervera

