Vincent Ganivet | Pascal Navarro

Deux exposition personnelles à découvrir : la première réunit les travaux de Vincent Ganivet, des œuvres-édifices qui paraissent jaillir, pour certaines, de l’élan des premiers bâtisseurs. Sans doute, s’agit-il d’une aspiration humaine originelle de nature spirituelle, d’une propension à se dématérialiser – à l’image de la clef de voûte, qui, pour permettre aux arcs qui la soutiennent de tenir debout, se décharge sur eux de son poids et s’allège. Pourtant ces savants systèmes, faits d’empilements de parpaings ou de briques, revêtent chez Vincent Ganivet un aspect paradoxal. A la fonctionnalité potentielle de ces arcs, roues ou chenilles s’oppose leur inutilité effective : ces structures qui pourraient abriter des milliers de personnes, peut-être les élever vers Dieu, transporter tant de marchandises, sont inutilisables dans l’état où elles nous sont présentées : simples objets de monstration.

La seconde exposition est dédiée aux dessins « néguentropiques » Pascal Navarro : « Ce travail s’inscrit dans mes recherches autour de la durée et de l’action du temps sur les formes, explique l’artiste. Je me suis intéressé notamment à la manière dont la lumière naturelle altère les couleurs de surfaces pourtant considérées comme non photosensibles. La série des dessins néguentropiques est composée d’encres de différentes qualités : des encres stables qui résistent à la lumière, et des encres dites fugaces, encres d’usage courant dont la résistance dans le temps est limitée. (...) Le dessin a toujours été confronté à la question de sa conservation, et son exposition à la lumière doit être limitée. Les dessins néguentropiques sont des sortes de revanches prises sur le temps : il ne va pas altérer les dessins en les détériorant, mais au contraire les révéler lentement. »

Visuel : Pièce signée Vincent Ganivet.