Ce qui se cache sous le temps qui passe

Avec un titre qui donne envie de se lover bien au chaud au creux d’une après-midi sans fin, l’exposition proposée actuellement par le Musée Art et Marges joue la carte de la poésie. En déréglant la course effrénée du monde, Dans un pli du temps déploie des œuvres méditatives, immersives ou oniriques qui s’affranchissent de l’immédiateté et de la rentabilité. Une exposition chorale et très sensorielle pour évoquer l’impalpable. Jusqu’au 13 mars, à Bruxelles.

Dans un pli du temps est une sorte d’origami temporel. Une quarantaine d’artistes ont été rassemblés autour de cinq thématiques porteuses par Tatiana Veress, commissaire de l’exposition et directrice du Musée Art et Marges. Artistes insider et outsider se mêlent autour d’œuvres qui activent les sens (œuvres odorantes, tactiles ou sonores) pour mieux explorer la subjectivité du temps.

Temps et changements
Tout un chacun ne l’expérimente que trop bien, le temps érode la matière, creuse les vallées et redessine l’ovale des visages. Plusieurs des créations présentées saisissent les contours de cette incessante métamorphose. Le dessin imprévisible d’une plaque de cire qui fond progressivement au contact de la chaleur (Sybille Deligne, Transhumance). Ou celui de la pluie et de la lumière sur une feuille de papier, patiemment enregistré par John Ryan Brubaker dans les solitudes de l’Amérique profonde (Une minute de pluie, Neuf minutes de neige).

Dans ses délicates œuvres sur papier, Aline Forçain capte le bourdonnement de la terre. Son approche, pointilliste et pointilleuse, enregistre ces infimes variations comme autant de strates temporelles. L’envers du décor, gravure monumentale où le trait ondulant devient fourrure, dégage une aura mystérieuse qui happe l’œil autant que la main. Une vraie belle découverte que cette jeune artiste issue du monde agricole et désormais basée à Bruxelles.

Un autre petit moment de grâce s’offre au visiteur avec Rivages, installation à haute densité poétique imaginée par la plasticienne et vidéaste Ophélie Pruvost. Quelques galets, un peu d’eau et une voix au creux de nos oreilles suffisent à suspendre le cours du temps. Une expérience participative et méditative qui se vit plus qu’elle ne se raconte mais qui souligne la beauté des petits riens du quotidien.

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.
 
Contact> Dans un pli du temps, jusqu’au 13 mars, Musée Art et Marges 314 rue Haute 1000 Bruxelles. Du mardi au dimanche de 11h à 18h. www.artetmarges.be

Image d’ouverture> © George Widener, courtesy Galerie Christian Berst

©Serge Paillard