Léa Barbazanges | Toute la beauté du monde

Pensée comme une expérience à la fois visuelle et sensorielle, cette exposition sous le commissariat d’Estelle Pietrzyk, conservatrice en chef du Patrimoine au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg (MAMCS), s’adresse autant à l’œil qu’au désir de toucher. Polymorphe, elle se lit comme un instantané du travail de Léa Barbazanges, où s’entrelacent les différents règnes du vivant. Jouant des variations entre le vide et le plein, le visible et l’imperceptible, l’artiste compose des œuvres qui invitent à ralentir le regard et à prêter attention à ce qui échappe habituellement à la perception. Les matériaux qu’elle choisit – algues, soies d’araignée, membranes organiques, minéraux – sont discrets, souvent peu visibles. C’est par le regard attentif et le travail patient de la main qu’ils sont transformés et magnifiés, révélant une beauté insoupçonnée. Certaines œuvres évoquent des tentures délicates, d’autres font surgir des motifs issus de mues animales ou de microstructures naturelles, donnant naissance à un monde fragile et poétique. Pour la première fois, l’artiste présente un ensemble de pièces consacrées aux diatomées, microalgues invisibles à l’œil nu mais essentielles à l’équilibre de la planète. Visuel> Léa Barbazanges, Terre, 2017, faïence, œuvre réalisée avec Sylvain Rieu-Piquet © Émilie Vialet