Zoltán Vancsó – La valse du temps

Si Zoltán Vancsó était musicien, il écrirait peu de morceaux en binaire parce que sa plus grande magie est de faire valser l’existence à trois temps – présent, passé et futur – sur d’uniques compositions en papier noir et blanc, poésies échevelées comme ses longs cheveux bouclés. Que ce soit à Budapest où il est né en 1972, ou à Paris où il vit aujourd’hui, le photographe hongrois à la silhouette fine pose partout où il va ses yeux en amande sur les triolets malicieux du temps qu’il capture pour mieux montrer comment vivent les hommes. Les photographies de Zoltán Vancsó ont la saveur et le goût de l’universel, la beauté évocatrice d’un Ronis ou d’un Cartier-Bresson. Sans jamais tomber dans le pathos d’une nostalgie postsoviétique, l’artiste invente des histoires actuelles au fil de ses paysages intérieurs, nous laissant aussi libres que lui d’en caresser le sens ou d’en percer les mystères. Un exemple ? Budapest 2002 : plantée devant un édifice monumental, une interminable palissade barre toute l’image derrière laquelle on voit, à mi-cuisse, une file de pantalons et de chaussures d’hommes dans laquelle viennent se glisser les jambes croisées d’une jeune femme aux longues socquettes blanches. Paris 2008 : devant un personnage lunaire poché sur un mur lépreux, un canapé en cuir noir rend l’âme sur le trottoir tandis qu’une fillette court pour échapper au cadre du photographe… Budapest-Paris : mêmes émois. Parce qu’il refuse la facilité surréaliste du télescopage rabâché entre objets et personnages, Zoltán Vancsó, en jouant dans un miroir avec les mouvements du temps, a choisi le chemin escarpé des grands créateurs.

GALERIE

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Villes en regards : Budapest-Paris jusqu’au 11 juillet et www.photovancso.com
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Budapest © Zoltan Vancso