Dana Michel et Yoan Sorin | Slash Universe

«Dana Michel et Yoan Sorin se sont rencontrés il y a une dizaine d’années à Montréal—début d’une relation autant artistique qu’amicale. Ils ont chacun suivi des parcours non linéaires, pratiqué des sports de haut niveau et se retrouvent autour de nombreuses références. Ils ont trouvé dans la performance un moyen de sentir, provoquer et partager des émotions en y intégrant leurs vécus. Dans ses spectacles, la chorégraphe Dana Michel convoque sur scène de multiples identités incarnant les connexions entre fragilité et violence, vulnérabilité et autodérision, grotesque et sublime. En fonction des contextes, Yoan Sorin mixe et détourne des codes artistiques et culturels, à travers le dessin, l’installation, la peinture et la performance. Son rôle de conseiller artistique auprès de Dana Michel est une manière pour tous deux de se donner rendez-vous et de continuer leur discussion. Leurs histoires familiales les relient aux îles caribéennes, ils créent des cartographies éclectiques, polysémiques, floues, qui ne se laissent ni définir, ni situer. La présence d’éléments autobiographiques est l’occasion de déjouer les projections et de déployer des possibles. Le corps met en mouvement des récits personnels et des gestes quotidiens, pour dire les marges, les enjeux de pouvoir et les relations aux autres. En renversant les hiérarchies établies, l’étrange s’allie à l’intime. Au CAC Brétigny, Dana Michel et Yoan Sorin sont invités pour la première fois à travailler en duo leurs réflexions et leurs envies sous la forme de l’exposition, en proposant des assemblages, des déambulations et des échappées. En collaboration avec le designer Romain Guillet, l’espace du centre d’art est repensé en terrain d’expérimentation, modulable et évolutif. Au début, au milieu et à la fin du projet, des performances réactivent l’installation. Les œuvres sont à la fois des sculptures, des peintures, des accessoires, des décors, des socles, des assises. Elles se cachent derrière des masques et se découvrent pour resurgir transformées. Ces allers-retours permettent à chaque visiteur d’imaginer une narration subjective et intuitive. » Marie Bechetoille, commissaire de l’exposition. Visuel : Intervention de Yoan Sorin lors du Festival Do disturb, en 2019 au Palais de Tokyo.