En résonnance avec le pays de Montbéliard, l'un des creusets et fleurons du génie industriel français – qui a vu naître, notamment, l'épopée du constructeur Peugeot –, le Musée du château des ducs de Wurtemberg privilégie cette année dans sa programmation un dialogue entre art, science et technologie. Le premier invité est l'artiste israélien Ariel Schlesinger.

 

A l'image d'un Géo Trouvetou, l'artiste évoque dans son travail la poésie d'un monde trop souvent perçu comme insignifiant, celui des petits objets qui peuplent notre quotidien et qui, dans une relecture imaginée par ses soins, se dotent d'une âme en même temps que de nouvelles fonctionnalités.

De bricolages en détournements, Ariel Schlesinger, tour à tour inventeur et magicien, utilise l'effet de surprise pour capter chez le spectateur cette émotion furtive qui préside à la découverte de l'inattendu et qui, parfois, se transforme en un état de choc. Si le plasticien use de mécanismes en tout genre pour donner vie à ses objets de peu, ces derniers ne sont pas dissimulés au regard et font partie intégrante de l'œuvre. La simplicité apparente de ses interventions souligne la joyeuse énergie qu'il déploie pour révéler le potentiel caché de chacun d'eux.

L'angoisse de la page blanche Ariel Schlesinger 6langoisse_de_la_page_blanche.jpg Expositions Installation Photographie Sculpture Vidéo - Film Ariel Schlesinger à Montbéliard Untitled (paper stand), Une ramette de feuilles au@ repos jaunit tranquillement @sur un socle  untitled_paper_stand.jpg Expositions Installation Photographie Sculpture Vidéo - Film Ariel Schlesinger à Montbéliard Untitled (briquets) Ariel Schlesinger 8ariel_schlesinger_untitled__2007.jpg Expositions Installation Photographie Sculpture Vidéo - Film Ariel Schlesinger à Montbéliard

Un crayon négligemment posé sur une table se consume à petit feu, ne laissant qu'une trace de cendre ; deux feuilles de papier A4 convergent l'une vers l'autre pour entamer face contre face une ascension sensuelle, à l'image d'une danse langoureuse, puis se séparent pour reprendre leur place initiale. Un cycle permanent comme un amour sans cesse renouvelé, qui ne sera rompu que si la mécanique défaille. Plus loin, deux flammes de briquets brûlent à l'unisson comme pour exprimer une pensée intime et commune. S'il est indéniable que l'artiste est doté d’une forme de romantisme, certaines de ses installations abordent cependant – à son insu, précise t-il – des sujets plus graves, pour lesquels il privilégie l'utilisation du feu ou du gaz : des éléments évocateurs de la force de destruction, notamment celle à laquelle est confronté Israël et qui, depuis la nuit des temps, fascine les hommes. 

Crédits photos : Détail Bubble Machine - L'angoisse de la page blanche © Photo Peter Riedlinger - Untitled (paper stand), Une ramette de feuilles au repos jaunit tranquillement sur un socle © Courtesy Musée Musée du Château des Ducs de Wurtemberg - Untitled (briquets) © Ariel Schlesinger