Gregory Forstner | Get in, get out. No Fucking around.

Le plus souvent de grand format, les tableaux de Gregory Forstner puisent dans l’histoire de l’art, dans une culture populaire ainsi que dans sa mythologie personnelle. Empruntant ses sujets aux sources iconographiques les plus diverses, ses compositions frappent d’emblée par leur impact visuel. Son univers, où le rire n’est jamais très loin de l’effroi, où se croisent références aux grands maîtres du passé et emprunts à des illustrations en tous genres, dépeint une humanité grotesque, inquiète et cruelle. Pour ce faire, l’artiste use des subterfuges du masque, du déguisement, de la transposition, et les scènes les plus effrayantes prennent souvent des allures de fêtes, de massacres, des apparences de kermesses ou de carnavals. Peintes à larges coups de brosse, avec une fougue qui confine quelquefois à une sorte de rage destructrice, ces images n’en demeurent pas moins de « beaux morceaux de peinture ». Et c’est en définitive la maîtrise picturale qui impressionne le plus ici, tant par ses fulgurances chromatiques, que par une implacable puissance de la touche. Puissance est, au demeurant, le mot qui vient immédiatement à l’esprit pour qualifier ces tableaux dont la force expressive demeure longtemps en mémoire. Get in, get out. No Fucking around., le titre de l’exposition, fait référence à un dialogue entre l’auteur compositeur Tom Waits et son épouse Kathleen Brennan alors qu'ils travaillaient sur l’album Bad as Me : « Les gens n’ont pas beaucoup de temps, lui dit-elle. Entrez, sortez. Pas de foutaises. » Cela fait écho à Gregory Forstner et, non sans humour, souligne le fait que la peinture est une question d'espace mais encore plus de temps. Visuel : The Birthday Party – Le Cosmonaute, Gregory Forstner, 2006.